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Hanegbi : Netanyahu pourrait frapper l’Iran si Washington n’agit pas

Tzahi Hanegbi a déclaré à la Douzième chaîne que la menace nucléaire iranienne est l'une des principales préoccupations du nouveau Premier ministre

Tzachi Hanegbi, député du Likud, aux informations de la Douzième chaîne, le 4 novembre 2022. (Crédit : La Douzième chaîne)
Tzachi Hanegbi, député du Likud, aux informations de la Douzième chaîne, le 4 novembre 2022. (Crédit : La Douzième chaîne)

Un allié de longue date du leader du Likud, Benjamin Netanyahu, a déclaré qu’il pensait que le futur Premier ministre ordonnerait une frappe sur les installations nucléaires de l’Iran si les États-Unis ne parvenaient pas à conclure un nouvel accord nucléaire avec Téhéran ou ne prenaient pas eux-mêmes des mesures à leur encontre.

S’adressant à la Douzième chaîne vendredi, Tzahi Hanegbi a partagé son point de vue. « Netanyahu prendra des mesures pour détruire les installations nucléaires en Iran. »

Tzahi Hanegbi, un député et ancien ministre du Likud mais qui ne devrait pas être élu à la prochaine Knesset (après avoir été classé 46e sur la liste du parti lors des primaires), a déjà menacé par le passé de lancer une attaque israélienne pour empêcher l’Iran de développer une arme nucléaire.

Hanegbi a déclaré vendredi que la menace nucléaire iranienne est « un feu qui brûle en lui [Netanyahu] depuis plus de 25 ans ». Il a estimé que si aucune mesure n’est prise, « Israël devra, pour la première fois, faire face à un régime doté d’armes nucléaires », et a déclaré que Netanyahu « ne se réconciliera pas avec un Iran doté de l’arme nucléaire ».

« Selon moi, il n’aura pas d’autre choix [que de frapper les installations nucléaires iraniennes]. C’est l’histoire de 1981 avec Begin, Olmert en 2007 et 2022… »

Le Premier ministre Menachem Begin avait approuvé la frappe de 1981 qui avait détruit le réacteur nucléaire de Saddam Hussein à Osiraq ; le Premier ministre Ehud Olmert avait supervisé la frappe de 2007 sur le réacteur de la Syrie à al-Kibar.

A la question de savoir si Netanyahu lui avait effectivement fait part d’un tel projet, Hanegbi a répondu : « Ce n’est que ma théorie, basée sur plus de 35 ans passés aux côtés de Netanyahu… Quand il n’y a pas d’autre choix, quelqu’un doit prendre le commandement – ce sera Netanyahu ».

En janvier 2021, Hanegbi avait averti qu’Israël pourrait attaquer le programme nucléaire iranien si les États-Unis rejoignaient l’accord nucléaire, connu sous le nom de Plan d’action global conjoint, ou JCPOA.

« Il en résultera qu’Israël sera de nouveau seul contre l’Iran, qui, à la fin de l’accord, aura reçu le feu vert du monde entier, y compris des États-Unis, pour poursuivre son programme d’armes nucléaires », avait alors déclaré Hanegbi dans une interview accordée à la chaîne publique israélienne Kan. « Cela, bien sûr, nous ne le permettrons pas. »

En février de la même année, Hanegbi avait déclaré que les États-Unis n’attaqueraient jamais le programme nucléaire iranien et qu’Israël devrait peut-être agir seul.

Hanegbi, qui a débuté sa carrière à la Knesset en 1988, a été ministre des Affaires des implantations et a précédemment été ministre de la Justice, de la Sécurité intérieure, du Renseignement et des Affaires nucléaires, de la Santé, de l’Environnement et des Transports, ainsi que ministre du Bureau du Premier ministre chargé de superviser les services de renseignement israéliens. Il n’a pas encore indiqué quels sont ses projets d’avenir après son départ prévu de la Knesset.

L’armée de l’Air israélienne se prépare depuis longtemps à une frappe potentielle sur les sites nucléaires de l’Iran pour l’empêcher de développer une arme nucléaire, bien qu’il ne soit pas certain qu’elle ait la capacité de paralyser à elle seule les installations bien protégées de la République islamique. Elle a pratiqué des frappes en Iran afin de préparer une menace militaire crédible contre les installations nucléaires de Téhéran.

Un jet F-35 manœuvrant lors d’une cérémonie de remise de diplômes aux pilotes ayant suivi le cours de pilotage de l’armée de l’Air israélienne, à la base aérienne de Hatzerim, dans le désert du Néguev, le 26 décembre 2018. (Crédit : Aharon Krohn/Flash90)

Après la signature de l’accord nucléaire américano-iranien en 2015, Israël a mis en attente la question d’une frappe militaire sur le programme nucléaire iranien, permettant à Tsahal d’investir ses ressources dans d’autres domaines. Mais après l’abrogation de l’accord nucléaire par les États-Unis en 2018 et les violations de l’accord par l’Iran depuis lors, la question a repris de l’importance pour Israël, qui considère une bombe nucléaire iranienne comme une menace quasi-existentielle.

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, avait déclaré plus tôt cette année que l’armée « continue à se préparer avec fermeté à une attaque contre l’Iran et doit se préparer à chaque développement et à chaque scénario ».

En plus de devoir trouver des moyens de frapper les installations iraniennes qui sont profondément enfouies sous terre, ce qui nécessite des munitions et des tactiques spécialisées, l’armée de l’Air israélienne devrait faire face à des défenses aériennes iraniennes de plus en plus sophistiquées afin de mener une telle frappe. L’armée devrait également se préparer à des représailles contre Israël de la part de l’Iran et de ses alliés dans la région.

Bien que le président américain Joe Biden ait fait du retour à l’accord nucléaire une priorité dès son entrée en fonction et que les parties aient semblé à un moment donné sur le point de parvenir à un accord, les négociations sont au point mort en raison des nouvelles exigences iraniennes, et les responsables américains ont récemment indiqué qu’un accord était peu probable dans un avenir proche.

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