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Nucléaire: L’Iran « ne veut pas ou ne peut pas » finaliser les négociations – Blinken

Le secrétaire d'État américain accuse Téhéran d'introduire des questions sans rapport avec les négociations ce qui rend la conclusion prochaine d'un accord "improbable"

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken et le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg, à droite, quittent une conférence de presse conjointe à Bruxelles, le 9 septembre 2022, au lendemain de la visite inopinée du secrétaire d'État américain en Ukraine. (Crédit : JONATHAN ERNST / POOL / AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken et le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg, à droite, quittent une conférence de presse conjointe à Bruxelles, le 9 septembre 2022, au lendemain de la visite inopinée du secrétaire d'État américain en Ukraine. (Crédit : JONATHAN ERNST / POOL / AFP)

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré lundi soir qu’à la lumière de la dernière réponse de l’Iran à un projet de proposition de l’Union européenne, les perspectives de relance de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 dans un avenir proche ne semblent pas bonnes.

« L’Iran semble soit ne pas vouloir, soit ne pas pouvoir faire ce qui est nécessaire pour parvenir à un accord et ils continuent à essayer d’introduire des questions étrangères aux négociations qui rendent un accord moins probable », a déclaré Blinken lors d’une conférence de presse à Mexico.

Le haut diplomate américain était au Mexique pour faire avancer les discussions sur la coopération en matière d’approvisionnement en semi-conducteurs et la production de véhicules électriques. S’adressant aux journalistes, Blinken a répondu à des questions sur le soutien américain à l’Ukraine et sur les efforts en cours pour parvenir à un accord nucléaire avec l’Iran.

« Les réactions de l’Iran à la proposition avancée par l’Union européenne, auxquelles nous avons assisté au cours de la semaine dernière, constituent clairement un pas en arrière et rendent les perspectives d’un accord à court terme, je dirais, peu probables », a-t-il ajouté, dans des propos rapportés par Bloomberg.

Samedi, Blinken a prévenu que Washington n’était « pas sur le point d’accepter un accord qui ne répond pas à nos exigences fondamentales ».

Les États-Unis se sont retirés du plan d’action global conjoint (JCPOA) en mai 2018 et ont réimposé des sanctions, incitant l’Iran à abandonner nombre de ses propres engagements, en augmentant ses stocks d’uranium enrichi au-delà des limites fixées dans le pacte.

Si l’optimisme initial concernant les perspectives de relance de l’accord nucléaire avait été de mise ces dernières semaines, il s’est progressivement dissipé, les puissances mondiales affirmant que l’Iran a formulé des exigences déraisonnables à la dernière minute.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken s’exprime lors d’une conférence de presse après la deuxième réunion annuelle du Dialogue économique de haut niveau à Mexico, le 12 septembre 2022. (Crédit : Raquel Cunha/Pool via AP)

Dimanche, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont publié une déclaration ferme exprimant des « doutes sérieux » sur la sincérité de l’Iran dans la recherche d’un accord nucléaire.

Plus tôt lundi, un porte-parole du département d’État a démenti les affirmations d’un haut responsable israélien selon lesquelles les États-Unis abandonnaient les pourparlers.

Le Premier ministre Yair Lapid a appelé lundi les États-Unis et l’Europe à cesser de poursuivre les « négociations ratées avec l’Iran ». Le haut fonctionnaire, qui voyageait avec la délégation du Premier ministre Yair Lapid à Berlin, a déclaré lors d’un briefing avec les journalistes que les « Américains ont décidé de durcir le ton après avoir discuté avec les Israéliens. »

S’exprimant sous couvert d’anonymat, il a ajouté que « nous avons donné des informations aux Européens qui prouvent que les Iraniens mentent alors que les pourparlers sont toujours en cours. »

Démentant ces commentaires, un communiqué du département d’État a souligné que les États-Unis restaient déterminés à « continuer à chercher un retour mutuel à la mise en œuvre complète du JCPOA [Joint Comprehensive Plan of Action] parce que le président Biden est convaincu que c’est le meilleur moyen de tenir son engagement de ne pas permettre à l’Iran de posséder une arme nucléaire ».

Le chancelier allemand Olaf Scholz, à gauche, et le Premier ministre Yair Lapid lors d’une visite de la Maison du mémorial de la Conférence de Wannsee à Berlin, en Allemagne, le 12 septembre 2022. (Crédit : ANNEGRET HILSE / POOL / AFP)

Israël s’oppose depuis longtemps à une relance de l’accord de 2015, qui est moribond depuis que le président américain de l’époque, Donald Trump, s’en est retiré unilatéralement en 2018 et a réimposé des sanctions musclées à Téhéran. L’administration avait affirmé à l’époque qu’elle négocierait un meilleur accord avec l’Iran, mais cette initiative n’a jamais abouti.

Bon nombre des exigences américaines, telles que la répression des activités iraniennes malveillantes à l’étranger, s’accordaient avec les plaintes israéliennes concernant les lacunes du JCPOA de 2015, mais sortaient de ce que l’Iran et une grande partie de la communauté internationale considéraient comme la portée d’un accord possible.

L’un des principaux points de friction a été l’insistance de Téhéran pour que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de l’ONU abandonne une enquête sur des traces non comptabilisées d’uranium enrichi sur trois sites en Iran, ce que l’agence et l’Occident ont rejeté d’emblée.

Biden a également reconnu que l’accord initial n’abordait pas le programme de missiles balistiques de l’Iran, ni ses activités malveillantes à l’étranger. Toutefois, il maintient que le JCPOA maintient au moins le programme nucléaire de Téhéran « dans une boîte » et que d’autres problèmes ne font que s’aggraver lorsque le programme reste incontrôlé.

Jacob Magid et Lazar Berman ont contribué à cet article.

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