Hausse des cas de dépression et de stress 12 mois après le 7-Octobre – CBS
Les statistiques officielles soulignent la dégradation de la santé mentale, la baisse de confiance et la forte émigration de la population dans les mois suivant l'attaque du Hamas
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Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Selon les derniers chiffres publiés lundi, en 2024, les Israéliens – surtout les habitants des communautés proches de la frontière de Gaza – ont été plus nombreux que jamais à déclarer des cas de dépression ou de stress, contrecoups du pogrom commis par le Hamas le 7 octobre 2023 et de la guerre qui s’en est suivie.
Le résumé socio-économique publié par le Bureau central des statistiques (CBS) montre par ailleurs que l’espérance de vie a légèrement diminué en 2024, et bien que les naissances aient globalement augmenté, une forte baisse des naissances a été enregistrée neuf mois après le pogrom.
Si le degré global de satisfaction des personnes âgées de 20 ans et plus est resté élevé et pour l’essentiel inchangé en 2024, comparé à celui de 2023, les Israéliens ont été moins enclins à penser que leurs conditions de vie allaient s’améliorer. La part de la population estimant que ses conditions de vie ne s’amélioreraient pas voire se détérioreraient est passée de 30,7 % en 2023 à 33,8 % en 2024.
D’autres indicateurs de santé mentale se sont également aggravés. La part des Israéliens déclarant souffrir ou avoir souffert de dépression est passée de 25,5 % en 2023 à 33,9 % en 2024, et de 58,2 % à 67,9 % en ce qui concerne le stress.
L’impact a été particulièrement important dans les communautés proches de la frontière de Gaza. Dans les localités situées le long de la clôture frontalière, le nombre de personnes en situation de détresse psychologique est passé de 1 600 en 2023 à près de 8 600 en 2024. Si l’on compte les communautés frontalières de Gaza mais un peu plus éloignées, le chiffre passe de 9 500 à 21 300.
Les pathologies mentales des anciens combattants de Tsahal ont également augmenté de 18,1 % en 2024. Par ailleurs, 52 % des conjoints de réservistes ont signalé une détérioration de l’état mental de leurs enfants après le service de leur partenaire.
Le registre israélien des invalidités, qui décompte à la fois les handicaps mentaux et physiques, a vu le nombre de cas augmenter de 13,5 % entre 2023 et 2024, en plus d’une augmentation importante du nombre de personnes bénéficiaires d’allocations invalidité de la part de l’Institut national d’assurance (Bituah leumi), qui est passé de 4 200 à près de 30 000.
Le CBS fait en outre état d’une légère baisse de l’espérance de vie, passée de 83,8 ans en 2023 à 83,4 en 2024, sans compter les décès liés à la guerre.
Les naissances, en revanche, sont passées de 178 700 en 2023 à 180 800 en 2024, bien que le CBS ait enregistré une baisse significative en juin et juillet 2024 — soit neuf mois environ après octobre 2023 — par rapport à la même période en 2023. À partir du mois d’août, les naissances ont repris et même culminé en septembre, avec une hausse de 7,2 % par rapport au même mois de 2023.
La confiance dans les institutions a elle aussi reculé : la confiance dans le système judiciaire est passée de 43,5 % en 2023 à 42,2 % en 2024, et celle envers le gouvernement est passée de 26,9 % à 24,6 % — les plus bas niveaux depuis 2015.
La part des Israéliens s’estiment en sécurité, personnellement, dans leur quartier, est passée de 82 % en 2023 à 80,2 % en 2024. Dans les communautés situées jusqu’à 15 kilomètres de la frontière libanaise, les chiffres étaient similaires à la moyenne nationale — 82,3 % en 2023 et 81,6 % en 2024 — alors que les communautés frontalières de Gaza enregistraient une forte chute, de 84,6 % à 65,2 %.
Les conséquences économiques et sociales de la guerre se sont également reflétées dans les chiffres du tourisme et de l’activité commerciale. Au dernier trimestre 2023, seuls un demi-million de séjours touristiques ont été enregistrés, contre 2,4 millions sur la même période de 2022. Les nuitées en Israël, en revanche, ont augmenté sous l’effet du relogement des populations évacuées à l’hôtel, sauf en 2024, avec une baisse de 13,6 % par rapport à 2023.
Selon le CBS, en octobre 2023, 36,7 % des entreprises israéliennes ont temporairement fermé leurs portes ou fonctionné au ralenti. Les conséquences les plus sévères ont été enregistrées dans le sud du pays, où le pourcentage a atteint 59,4 %. La reprise s’est manifestée dès novembre-décembre, surtout dans le sud, avec un pourcentage d’entreprises fermées qui a brutalement chuté à 10,3 % en décembre.
La détérioration de plusieurs éléments de la vie des Israéliens semble avoir eu un impact sur l’émigration car 79 900 Israéliens ont quitté le pays entre octobre 2023 et septembre 2024, contre 74 600 entre octobre 2022 et septembre 2023. Par ailleurs, le nombre d’Israéliens de la diaspora à revenir en Israël a diminué de 19,9 % sur la même période.
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