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Hommage aux victimes de l’attentat contre l’Hyper Cacher, cinq ans après

Quatre bougies ont été allumées en hommage à François-Michel Saada, Philippe Braham, Yohan Cohen et Yoav Hattab ; 8 autres bougies ont été allumées, notamment pour Sarah Halimi

Une femme se tient devant le supermarché casher Hyper Cacher dans le sud-ouest de Paris le 9 janvier 2020 lors d'une cérémonie commémorative cinq ans après une prise d'otage mortelle par un homme armé djihadiste. (Crédit : Thomas SAMSON / AFP)
Une femme se tient devant le supermarché casher Hyper Cacher dans le sud-ouest de Paris le 9 janvier 2020 lors d'une cérémonie commémorative cinq ans après une prise d'otage mortelle par un homme armé djihadiste. (Crédit : Thomas SAMSON / AFP)

Familles, autorités et responsables du culte ont rendu hommage jeudi aux quatre victimes juives de l’attentat contre l’Hyper Cacher à Paris il y a 5 ans, cérémonie qui a pris la forme d’une protestation contre la décision de justice rendue au sujet du meurtrier présumé de Sarah Halimi.

Quatre bougies ont été allumées devant la plaque commémorative en hommage à François-Michel Saada, Philippe Braham, Yohan Cohen et Yoav Hattab, tués par Amédy Coulibaly le 9 janvier 2015 dans le supermarché.

La cérémonie a réuni, devant le commerce de la porte de Vincennes dans l’est parisien, les ministres Christophe Castaner, Nicole Belloubet, Laurent Nunez, mais aussi Anne Hidalgo, maire de Paris, les candidats à la mairie de Paris Benjamin Griveaux et Cédric Villani.

Etaient aussi présents plusieurs représentants des institutions juives – Francis Kalifat, président du Crif, Joël Mergui, président du Consistoire, et Haïm Korsia, grand rabbin de France, aux côtés de proches des défunts. Le dessinateur Riss était également sur place.

Le ministre français de l’Intérieur Christophe Castaner devant le supermarché casher Hyper Cacher dans le sud-ouest de Paris le 9 janvier 2020 lors d’une cérémonie commémorative cinq ans après une prise d’otage mortelle par un djihadiste. (Crédit : Thomas SAMSON / AFP)

Huit autres bougies ont été allumées, notamment pour les victimes de l’attaque de Charlie Hebdo menée par les frères Kouachi, pour Mireille Knoll, tuée en mars 2018 dans son appartement parisien, pour les victimes de l’attentat de Halle en Allemagne en octobre dernier, ou encore les victimes des attentats terroristes islamistes en France.

Avant que soit allumée la bougie pour Sarah Halimi, sexagénaire juive défenestrée en 2017 et dont le meurtrier présumé a été déclaré pénalement irresponsable, le président du Crif Francis Kalifat a déploré que la famille de Mme Halimi soit « privée d’un procès indispensable pour son travail de deuil ».

Le ministre français de l’Intérieur Christophe Castaner et la ministre française de la Justice Nicole Beloubet allument une bougie à côté du président du Crif, Francis Kalifat, le 9 janvier 2020, devant le supermarché casher Hyper Cacher dans le sud-ouest de Paris, lors d’une cérémonie commémorative cinq ans après une prise d’otages mortelle par un djihadiste. (Crédit : Thomas SAMSON / AFP)

Le 19 décembre, les juges de la cour d’appel de Paris ont estimé que Kobili Traoré, mis en examen pour le meurtre, par ailleurs consommateur de cannabis, était au moment des faits en proie à une « bouffée délirante ». Il ne pourra donc pas être jugé aux assises.

Sarah Halimi. (Crédit : autorisation de la Confédération des Juifs de France et des amis d’Israël)

Cette décision « prive aussi la France toute entière d’un procès de l’antisémitisme islamiste », a estimé M. Kalifat. « Justice doit être rendue pour Sarah Halimi », a-t-il réclamé, disant « attendre avec angoisse » mais aussi « confiance, l’examen du pourvoi formé devant la Cour de cassation ».

« Justice pour Sarah », ont lancé un peu plus tard des personnes assistant à la cérémonie, mais non invitées par les organisateurs.

Puis le kaddish, la prière des morts, a été récitée. Une minute de silence a été observée, et la Marseillaise diffusée.

Les quatorze suspects soupçonnés d’avoir fourni un soutien logistique aux frères Kouachi et à Amédy Coulibaly seront jugés à Paris du 4 mai au 10 juillet devant une cour d’assises spéciale.

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