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Horowitz interdit les « thérapies de conversion » par les professionnels de santé

Le ministre souligne que l’interdiction, y compris les mesures punitives contre les contrevenants, est nécessaire pour mettre fin à la pratique "destructrice des âmes"

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz, à droite, le directeur général du ministère Nachman Ash, au centre, et le Dr Zvi Fishel, président du Conseil national de la santé mentale, tiennent une conférence de presse sur l'interdiction de la thérapie de conversion, à Tel Aviv, le 14 février 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz, à droite, le directeur général du ministère Nachman Ash, au centre, et le Dr Zvi Fishel, président du Conseil national de la santé mentale, tiennent une conférence de presse sur l'interdiction de la thérapie de conversion, à Tel Aviv, le 14 février 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le ministre de la Santé, Nitzan Horowitz, a annoncé lundi l’interdiction pour les professionnels de la santé de se livrer à la pratique de la dite « thérapie de conversion », affirmant que cette mesure était vitale afin de mettre fin à un processus qui « tue l’âme ».

Une directive du Directeur général du Ministère de la Santé, Nachman Ash, interdit aux professionnels de la santé de proposer ou de tenter la thérapie controversée, qui prétend réorienter les patients LGTBQ vers l’hétérosexualité, et permet des mesures punitives contre ceux qui violent l’ordre.

« Un traitement est censé aider une personne, alors que la ‘thérapie de conversion’ n’est pas vraiment un ‘traitement’, mais un ensemble d’actions cruelles, » a déclaré Horowitz lors d’une conférence de presse avec Nachman Ash et Zvi Fishel, président du Conseil national de la santé mentale.

La directive précise que la préférence sexuelle n’est pas un problème psychologique médical nécessitant un traitement et qu’il n’y a « aucun moyen clinique de la changer ».

Il a fait remarquer qu’il n’existe aucune preuve de recherche scientifiquement acceptée qui démontrerait que la thérapie de conversion soit une réussite.

Une personne parle sur son téléphone pendant la parade annuelle de la Gay Pride à Jérusalem, le 3 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/ Flash90)

« Le ministère de la Santé interdit à tous les organismes professionnels d’offrir ou d’administrer un tel traitement », précise la directive.

Horowitz a déclaré que tout professionnel qui viole l’ordre ferait face à des mesures punitives qui pourraient comprendre la révocation de leur autorisation d’exercer.

Il a qualifié la directive de « victoire » et de « révolution ».

Une telle thérapie, dit-il, « tue l’âme et parfois aussi le corps ».

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz donne son sang dans un centre de don du sang Magen David Adom à Jérusalem, le 25 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Cela mène à l’automutilation, au suicide et à la mort de plus en plus de membres de la communauté gay, dont le seul péché est simplement d’être ce qu’ils sont », a déclaré Horowitz.

Les « charlatans » qui prodiguent des traitements de conversion , des « lavages de cerveaux », sont en train de « détruire des vies », a déclaré Horowitz, lui-même homosexuel.

Il a déclaré que le système de santé deviendrait « un emblème de l’égalité des droits de la personne en Israël ».

Dans une déclaration, l’organisation Israel Gay Youth a qualifié le développement de « percée qui sauvera des vies, des familles et l’avenir de centaines d’adolescents et d’adolescentes en Israël ».

Les thérapies de conversion des homosexuels, aussi appelées thérapies réparatrices, ont été fortement montrées du doigt en Israël, aux États-Unis et ailleurs, les principales organisations de santé critiquant les méthodes pseudo-scientifiques et la qualification de l’homosexualité comme une maladie mentale.

La pratique reste populaire dans certains milieux conservateurs et religieux.

En juin 2020, une proposition de loi parrainée par le député de l’opposition de l’époque, Horowitz, interdisant la thérapie de conversion en vertu de la loi, était passée en première lecture à la Knesset, ce qui avait rendu les législateurs orthodoxes furieux. Cette loi visait seulement à interdire aux psychothérapeutes d’effectuer une thérapie de conversion, et n’interdisait pas aux rabbins de continuer à l’exécuter. Elle n’a pas encore été adoptée.

A LIRE – Homosexualité : La « thérapie de conversion » est loin d’avoir disparu en Israël

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