Iran : Khamenei qualifie la situation avec les US d’insoluble, dans un contexte d’impasse sur le nucléaire
Des responsables iraniens font preuve de souplesse dans les négociations avec les puissances européennes, tandis que l'Iran tient un discours belliqueux à l'égard d'Israël

Selon le guide suprême iranien, la situation actuelle avec les États-Unis est « insoluble ». Il a affirmé que Téhéran ne céderait pas aux pressions qui visent à obtenir son obéissance face à Washington, alors que le pays est enlisé dans un bras de fer avec les puissances occidentales au sujet de son programme nucléaire, ont rapporté dimanche les médias d’État.
Ces déclarations de l’ayatollah Ali Khamenei interviennent quelques jours après que des responsables iraniens ont menacé Israël de reprendre les combats, deux mois après la guerre de 12 ayant opposé les deux pays, principalement dans les airs, et également après que l’Iran et trois puissances européennes ont convenu, vendredi, de reprendre des pourparlers visant à relancer les négociations sur la limitation du programme d’enrichissement nucléaire de Téhéran.
« Ils veulent que l’Iran obéisse aux États-Unis. La nation iranienne s’opposera de toutes ses forces à ceux qui nourrissent de telles attentes », a déclaré Khamenei selon certaines informations.
« Ceux qui nous demandent de ne pas lancer de slogans contre les États-Unis, (…) d’engager des négociations directes avec les États-Unis, ceux-là ne voient que les apparences (…) C’est une question insoluble », a-t-il ajouté.
La République islamique a suspendu les négociations sur le nucléaire avec les États-Unis après que ces derniers et Israël ont bombardé les sites atomiques iraniens pendant la guerre de 12 jours, au mois de juin. Israël a affirmé que cette attaque massive contre les principaux dirigeants militaires iraniens, les scientifiques nucléaires, les sites d’enrichissement d’uranium et le programme de missiles balistiques était indispensable pour empêcher Téhéran d’accomplir son projet avoué de détruire l’État juif.
En riposte aux frappes israéliennes, l’Iran a lancé plus de 500 missiles balistiques et environ 1 100 drones sur l’État juif. Selon les autorités de santé et les hôpitaux, ces tirs ont fait 31 morts et plus de 3 000 blessés en Israël.
À la suite de cette guerre, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont fait savoir à Téhéran que s’il ne revenait pas à la table des négociations, alors elles pourraient réactiver les sanctions des Nations unies dans le cadre du mécanisme de « snapback » convenu dans un accord conclu en 2015 entre l’Iran, les États-Unis et plusieurs autres puissances mondiales.
Pour échapper à ces sanctions, certains responsables iraniens se sont dit prêts à accepter des restrictions sur le programme nucléaire de leur pays. Le Telegraph a rapporté dimanche que les réformateurs, à Téhéran, tentaient de pousser le régime à accepter de limiter l’enrichissement d’uranium à 20 %, bien en deçà des 90 % nécessaires pour la fabrication d’armes nucléaires.
Le nouveau chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, est, selon le média britannique, à la tête de cette initiative. Le Corps des gardiens de la révolution islamique s’oppose pour sa part à cette idée, a rapporté le Telegraph, ajoutant que le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a nommé Larijani, s’est attiré les foudres des partisans de la ligne dure du régime.
« Larijani tente de convaincre le système de diminuer le taux d’enrichissement afin d’éviter une nouvelle guerre », a confié un haut responsable iranien, des propos repris par The Telegraph. « Il craint que, sans cette réduction ou sans satisfaire certaines des exigences occidentales, le système ne soit à nouveau confronté à un défi majeur. »
Le discours de l’Iran à l’égard d’Israël s’est quant à lui durci. Téhéran a menacé Jérusalem d’une nouvelle vague de conflits, arguant être prêt à riposter à toute nouvelle attaque israélienne et annonçant disposer de missiles plus puissants que ceux utilisés par le pays lors de la dernière guerre.
« Les missiles utilisés pendant la guerre de 12 jours avaient été fabriqués (…) il y a quelques années », a précisé la semaine dernière le ministre de la Défense Aziz Nasirzadeh, cité par l’agence de presse officielle IRNA.
« Nous avons fabriqué, et détenons donc aujourd’hui, des missiles dotés de capacités bien supérieures à celles des précédents. Si l’ennemi sioniste se risque à nouveau dans cette aventure, nous les utiliserons, sans l’ombre d’un doute. »
Ces commentaires de Nasirzadeh sont survenus après qu’un haut responsable du CGRI a annoncé que le pays pouvait, à tout moment, entrer à nouveau en guerre avec Israël ou les États-Unis.
« Nous ne sommes pas dans une phase de cessez-le-feu, nous sommes en guerre », a indiqué Yahya Rahim Safavi, conseiller militaire principal de Khamenei, aux médias iraniens la semaine dernière. « Une autre guerre pourrait éclater. Après cela, il pourrait aussi ne plus y avoir de guerres. »
Récemment, Nasirzadeh a également déclaré que l’Iran avait mis en place des infrastructures de fabrication d’armes dans « plusieurs pays ». Samedi, les médias d’État ont fait savoir que les forces iraniennes avaient tué six militants au cours d’un raid dans le sud-est du pays en proie aux troubles, affirmant qu’il s’agissait de membres d’un groupe « terroriste » lié à Israël.
L’Iran a toujours nié vouloir se doter de l’arme nucléaire. Le pays a toutefois enrichi de l’uranium à des niveaux n’ayant aucune application pacifique, empêché les inspecteurs internationaux de contrôler ses installations nucléaires, et renforcé ses capacités en matière de missiles balistiques. Israël a en outre souligné qu’avant la guerre, l’Iran avait pris des mesures en vue de militariser son programme nucléaire.







