Cinq Arabes israéliens tués par balle en 24 heures
Réagissant à cette nouvelle vague de violences, le commissaire général de la police israélienne, Dani Levy, a indiqué que "nous sommes en état d'urgence nationale"

Cinq Arabes israéliens ont été tués par balle en moins de 24 heures dans plusieurs localités du pays, a annoncé jeudi la police, dans un contexte d’explosion de la criminalité dans la communauté arabe d’Israël.
Au total, 44 citoyens arabes d’Israël – aussi appelés Arabes israéliens ou Palestiniens d’Israël – ont été tués depuis janvier, selon des organisations représentant cette communauté.
La criminalité et la violence sont en forte hausse au sein de cette minorité, où opèrent des organisations liées au crime organisé.
Jeudi matin, Farid Abu Mubarak, 20 ans, a été abattu dans la localité bédouine de Segev Shalom, dans le Néguev, ont rapporté les médias.
Quelques heures plus tôt, à Lod, dans le centre du pays, Hussein Abu Raqiq, 60 ans, a succombé à ses blessures après avoir été pris pour cible.
Durant la même nuit à Rahat, dans le sud d’Israël, Mokhtar Ata Abu Madighem, 22 ans, fils de l’ancien maire de la ville, a été mortellement blessé par balles alors qu’il se trouvait dans son véhicule.
A l’autre bout du pays, dans le village druze de Yarka, Najib Abu Rish, un religieux de 42 ans, a été tué par des tirs devant son domicile.
Mercredi soir, les autorités avaient annoncé la mort de Mohammad Kassem, 47 ans, dans le village d’al-Fureidis près de Haïfa, dans le nord.
La police a annoncé mener « de vastes opérations de ratissage pour retrouver les criminels ».
La mobilisation au sein de la communauté arabe s’est intensifiée contre ces violences: le 31 janvier, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Tel Aviv dénonçant l’inaction de l’Etat, avant une journée nationale de mobilisation le 8 février.
L’année 2025 avait déjà été marquée par un bilan record d’au moins 252 Arabes israéliens tués.
Les Arabes israéliens représentent environ 21% de la population. Un grand nombre d’entre eux accusent la police israélienne d’incurie dans la lutte contre ces phénomènes.
Réagissant à cette nouvele vague de violences, le commissaire général de la police israélienne, Dani Levy, a indiqué que « nous sommes en état d’urgence nationale », relevant que « la multiplication des homicides depuis le début de l’année, particulièrement au sein de la société arabe (…) constitue une situation intolérable qui doit cesser ».
« La guerre contre les organisations criminelles nécessite un traitement de fond impliquant l’ensemble des ministères (…) et des collectivités locales », a-t-il ajouté.
Il a affirmé que les agents n’étaient pas suffisamment équipés sur le plan technologique pour lutter contre la vague de criminalité qui balaye la société arabe. Les forces de l’ordre ne peuvent pas faire leur travail lorsque « nos mains sont liées, nos oreilles bouchées et nos yeux bandés », a-t-il déclaré.
Il a également critiqué le système judiciaire et le bureau de la procureure générale. Selon lui, les tribunaux devraient prononcer des peines plus sévères et autoriser la police à prendre des mesures administratives à l’encontre des suspects, comme restreindre leur liberté de mouvement et d’expression sur la base de preuves confidentielles. Il a également appelé les procureurs à accélérer le processus de mise en accusation.
Il a aussi appelé les responsables politiques et les personnalités religieuses de la société arabe à dénoncer sans équivoque la violence, soulignant que de nombreuses victimes sont des passants innocents pris entre deux feux lors de règlements de comptes entre gangs et familles rivales.
« Pour gagner ce combat, nous avons besoin d’un front uni, d’un effort national synchronisé de la part de tous », a déclaré Levy.







