Israël va assouplir certaines restrictions à Gaza
Rechercher

Israël va assouplir certaines restrictions à Gaza

Israël autorise l'exportation de produits agricoles et textiles par le point de passage de Kerem Shalom ; un responsable palestinien affirme que le courrier sera autorisé

Un camion entre à Gaza par le terminal de Kerem Shalom, principal point de passage des marchandises entrant dans la zone en provenance d'Israël, le 18 mai 2021. (Crédit : Said Khatib/AFP)
Un camion entre à Gaza par le terminal de Kerem Shalom, principal point de passage des marchandises entrant dans la zone en provenance d'Israël, le 18 mai 2021. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Le gouvernement israélien va assouplir certaines restrictions sur les marchandises et le courrier entrant et sortant de la bande de Gaza, après une interdiction stricte qui durait depuis la série de combats du mois dernier, ont déclaré des responsables israéliens et palestiniens dimanche soir.

Après une réunion de sécurité dimanche, les dirigeants politiques ont décidé d’autoriser les exportations de produits agricoles et textiles de la bande de Gaza à partir de lundi matin, ont déclaré les responsables de la Défense.

Les produits agricoles pourront être exportés vers l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et à l’étranger, mais pas vers Israël. Toutefois, les produits textiles seront autorisés en Israël à la suite d’une demande spécifique, de la part d’une entreprise textile israélienne qui travaille avec des fournisseurs de Gaza, ont indiqué les responsables.

Les marchandises seraient autorisées à passer par le point de passage de Kerem Shalom.

Les Palestiniens ont déclaré avoir été informés de la levée d’autres restrictions.

« La partie israélienne a informé la Commission des affaires civiles, il y a peu, que le courrier était autorisé à entrer et sortir de la bande de Gaza… après une interdiction qui a duré plus d’un mois et demi », a déclaré dans un communiqué Saleh al-Ziq, un haut fonctionnaire de la Commission des affaires civiles de l’Autorité palestinienne basé à Gaza.

Saleh al-Ziq a ajouté que les Gazaouis bloqués à l’étranger depuis l’escalade de violence de 11 jours entre Israël et le groupe terroriste du Hamas, qui a débuté le 10 mai, seraient désormais autorisés à rentrer dans l’enclave via le passage d’Erez depuis Israël.

Les exportations de vêtements et de nourriture vers Israël et la Cisjordanie vont également reprendre, a-t-il ajouté.

Le responsable palestinien a déclaré que les passeports toujours en transit avec la poste israélienne seront envoyés. Environ 5 000 documents de voyage autorisés sont actuellement bloqués à Ramallah, en attendant d’être envoyés à leurs propriétaires, a rapporté le quotidien Haaretz la semaine dernière.

Selon al-Ziq, l’organe de coordination palestinien a été informé que le changement de politique entrerait en vigueur lundi matin.

Un camion chargé d’aide humanitaire entre à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, par le terminal de Kerem Shalom, le principal point de passage des marchandises entrantes à Gaza en provenance d’Israël, le 21 mai 2021, après un cessez-le-feu négocié par l’Égypte entre Israël et le groupe terroriste du Hamas. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Cet assouplissement intervient alors qu’Israël et la bande de Gaza ont connu des tensions persistantes. Des groupes terroristes basés à Gaza ont lancé des ballons incendiaires sur le territoire israélien, allumant des feux de forêt dans les zones proches de la bande, et Israël a répondu par des frappes aériennes contre des cibles du Hamas.

Si un cessez-le-feu entre les deux parties a mis fin aux combats fin mai, les médiateurs internationaux ont prévenu qu’il restait fragile et ont déclaré qu’ils cherchaient à le renforcer.

L’envoyé des Nations unies pour le processus de paix, Tor Wennesland, « poursuit ses engagements diplomatiques avec toutes les parties dans ce but », a déclaré un porte-parole des Nations unies la semaine dernière.

Israël et l’Égypte ont mis en place un blocus de l’enclave côtière depuis 2006, imposant des restrictions strictes à la circulation des personnes et des biens. Les deux pays affirment que le blocus empêche les terroristes du Hamas de constituer une menace encore plus grave pour la sécurité.

Mais les groupes de défense des droits déplorent l’impact des restrictions sur la population civile de Gaza. Les sanctions sévères ont entraîné un taux de chômage élevé et l’effritement des infrastructures, et les enchevêtrements bureaucratiques peuvent rendre très difficile la sortie de la bande de Gaza par les points de passage israéliens et égyptiens.

Lors de la récente série de combats entre Israël et le Hamas en mai, Israël a fermé tous les points de passage vers la bande de Gaza. Seules quelques exceptions ont été faites pour permettre à certains convois d’aide d’entrer dans l’enclave côtière pendant les combats. Des groupes terroristes basés à Gaza ont bombardé certains de ces convois, blessant un soldat israélien, selon l’armée israélienne.

Des camions israéliens transportant du diesel traversent le point de passage de Kerem Shalom à la frontière entre Israël et Gaza, le 11 octobre 2018. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)

Depuis le conflit de 11 jours, quelques restrictions ont été assouplies. Les habitants de Gaza en quête de soins médicaux ont été autorisés à quitter l’enclave pour se faire soigner dans des hôpitaux en Israël et en Cisjordanie.

Mais Israël maintient toujours un contrôle strict sur les marchandises, y compris le courrier, qui entrent et sortent de la bande de Gaza. Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a déclaré qu’Israël n’autoriserait pas une reconstruction complète de Gaza – avec l’afflux de matériaux que cela impliquerait – sans le retour de deux civils israéliens captifs et des corps de deux soldats israéliens actuellement détenus par le Hamas.

Le Hamas a pour sa part rejeté tout lien entre la reconstruction de Gaza et un éventuel échange de prisonniers avec Israël.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...