Jérusalem: les nouveaux envoyés du Caire et d’Amman veulent la paix avec Israël
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Jérusalem: les nouveaux envoyés du Caire et d’Amman veulent la paix avec Israël

Accueillis par le président Rivlin, Ghassan Majali de Jordanie et Khaled Azmi d'Égypte exhortent Israël à établir la paix avec les Palestiniens également

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Ghassan Majali, nouvel ambassadeur de Jordanie en Israël, inspecte une garde d'honneur lors d'une cérémonie pour les nouveaux ambassadeurs à la résidence du président à Jérusalem, le 8 novembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Ghassan Majali, nouvel ambassadeur de Jordanie en Israël, inspecte une garde d'honneur lors d'une cérémonie pour les nouveaux ambassadeurs à la résidence du président à Jérusalem, le 8 novembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les nouveaux ambassadeurs de la Jordanie et de l’Égypte ont réitéré jeudi leur attachement aux accords de paix de leurs pays respectifs avec Israël, tout en soulignant la nécessité de faire progresser le processus de paix israélo-palestinien.

Ghassan Majali de Jordanie et Khaled Azmi d’Egypte ont remis leurs lettres de créance au président Reuven Rivlin dans sa résidence de Jérusalem, prenant officiellement leurs fonctions.

Lors de réunions séparées avec les deux envoyés, M. Rivlin a salué l’accord de paix avec Israël comme un point d’ancrage de la stabilité régionale, mais il a exprimé le souhait de voir les relations avec les peuples jordanien et égyptien ainsi qu’avec leurs gouvernements se resserrer.

Les deux envoyés se sont félicités des accords de paix et ont déclaré qu’il était nécessaire qu’Israël parvienne également à un accord avec les Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

« Notre traité de paix est un pilier de la stabilité au Moyen-Orient », a déclaré M. Azmi dans une allocution improvisée.

M. Majali, qui était auparavant ambassadeur de Jordanie en Espagne, a déclaré que la Jordanie attendait avec impatience l’année à venir pour assister à une percée dans le processus de paix qui permettra à toutes les parties de jouir d’une paix globale, juste et durable.

Le roi Abdallah II « considère que la paix entre les Palestiniens et les Israéliens est la pierre angulaire de la paix et de la stabilité dans notre région et dans le monde entier », a déclaré M. Majali dans un discours écrit. Il a ajouté que le roi considérait la paix israélo-palestinienne comme une priorité absolue.

L’arrivée de Majali intervient plus d’un an après la fusillade d’un garde à l’ambassade d’Israël à Amman, qui a détérioré les liens entre les pays alliés et forcé Jérusalem à remplacer son ambassadeur.

Les Israéliens ont également exprimé leur inquiétude quant à l’avenir du traité de paix après que le roi Abdallah a déclaré le mois dernier qu’il mettrait fin à une annexe du traité de paix israélo-jordanien de 1994 qui permettait aux Israéliens d’avoir accès à deux petites zones agricoles.

Vue du Jourdain dans la vallée du Jourdain appelée Naharayim, ou Baqura en arabe, dans le nord d’Israël, le 22 octobre 2018. (AP Photo/Ariel Schalit)

Naharayim, situé au nord d’Israël, et Tzofar, au sud du désert de la Arava, sont en territoire jordanien. Mais comme les Israéliens y travaillent depuis des décennies, le traité de paix de 1994 stipulait qu’ils pouvaient continuer à accéder à la terre pendant 25 ans, reconnaissant la souveraineté jordanienne mais aussi « les droits de propriété et les intérêts fonciers privés israéliens ».

Jérusalem et Amman sont sur le point d’entamer des négociations sur la question, comme le stipule le traité de paix, mais la Jordanie a indiqué clairement qu’elle reprendrait les deux zones.

Ni Majali ni Rivlin n’ont pas mentionné les négociations israélo-jordaniennes à venir sur les petites parcelles de terre.

Ghassan Majali, nouvel ambassadeur de Jordanie en Israël (à gauche), s’entretient avec le président Rivlin dans sa résidence de Jérusalem, le 8 novembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

La Jordanie est l’État ayant la plus longue frontière avec Israël, a souligné M. Rivlin. Il a également mentionné des projets bilatéraux concernant la gestion de l’eau et le tourisme, appelant à une coopération accrue dans divers domaines.

Il a qualifié les relations entre les deux pays de « très fortes ».

« J’espère, a-t-il ajouté, que nous pourrons trouver un moyen de faire comprendre au peuple jordanien dans son ensemble que nous sommes voisins et que nous voudrions vivre ensemble. Parce que, comme nous le savons tous, nous ne sommes pas condamnés à vivre ensemble. C’est notre destin de vivre ensemble. »

Il a également reconnu les « divergences d’opinion entre nous » et souligné la nécessité de « mettre un terme à la tragédie entre nous et les Palestiniens ».

M. Azmi, qui était auparavant directeur de l’unité antiterroriste du ministère égyptien des Affaires étrangères, a également souligné la nécessité de parvenir à une solution « durable, juste et globale » au conflit israélo-palestinien.

Il a reconnu que les « divergences d’opinion » avec Israël faisaient partie de toute relation, mais il a souligné que « nous, en Égypte, restons attachés à la paix, restons attachés à faire progresser la paix, non seulement à nos deux pays mais aussi à toute la région, et c’est ce à quoi nous travaillons sans relâche ».

Les Égyptiens sont fiers de leur histoire, mais aussi enthousiastes quant à leur avenir, a déclaré le nouvel ambassadeur, décrivant la « nouvelle Égypte » comme un pays qui veut servir de « modèle pour les autres États du Moyen Orient, un modèle d’acceptation de l’autre, un modèle de tolérance et de coexistence ».

Ghassan Majali, (au centre), nouvel ambassadeur de Jordanie en Israël, inspecte une garde d’honneur lors d’une cérémonie pour les nouveaux ambassadeurs à la résidence du président à Jérusalem, le 8 novembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Je viens ici aujourd’hui non seulement en tant que représentant de mon État et de mon gouvernement, mais aussi en tant que représentant de ma nation qui a été le berceau de la civilisation », a-t-il déclaré.

Assis à côté d’Azmi, Rivlin a remercié l’Égypte pour son rôle dans les efforts visant à rétablir le calme dans la zone frontalière de Gaza.

Sans la « détermination » du président Abdel Fattah al-Sissi, Israël et Gaza risquaient de se retrouver dans une situation menant à la guerre, a souligné M. Rivlin.

Plus tôt jeudi, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, aurait accepté les efforts du Caire pour parvenir à une première « période de calme » entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza.

Selon le rapport, Sissi a déclaré à Abbas qu’une fois le calme revenu, l’Égypte poursuivra ses efforts pour parvenir à la réconciliation entre le Hamas et le mouvement Fatah de l’Autorité palestinienne et pour ramener la Cisjordanie et la bande de Gaza sous un régime unifié.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi se rencontrent à Sharm el-Sheikh le 3 novembre 2018 (Crédit : Wafa)

L’Égypte est « très importante pour la stabilité de la région, une région très instable », a déclaré M. Rivlin au nouvel ambassadeur.

« Je pense vraiment que nous devons trouver un moyen de faire en sorte que le peuple égyptien nous comprenne et nous connaisse, et que le peuple israélien vous comprenne et vous connaisse », a-t-il ajouté.

« Au cours des 40 dernières années, nous avons fait beaucoup pour stabiliser la région, mais nous avons le devoir de parvenir à un rapprochement entre le peuple égyptien et le peuple israélien. »

Jeudi également, Rivlin a accueilli les nouveaux ambassadeurs de Croatie, de Mongolie et de la République tchèque.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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