Jonathan Pollard annonce son entrée en politique
Selon la Treizième chaîne, l'ex-espion, qui appelle à l'expulsion des Gazaouis, fustige Benjamin Netanyahu et Naftali Bennett, est en train de former un parti avec le père de Shani Louk
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L’ancien espion Jonathan Pollard, qui a passé des décennies dans une prison américaine avant d’être libéré puis autorisé à s’installer en Israël, a annoncé lundi son intention de se lancer en politique à l’approche des prochaines élections à la Knesset.
Selon la Treizième chaîne, Pollard est en train de former un nouveau parti avec Nissim Louk, le père de Shani Louk, assassinée lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, dont le corps a été enlevé sur le site du Festival Nova et emmené à Gaza, avant d’être retrouvé par l’armée israélienne sept mois plus tard.
Lors de l’annonce faite lundi soir sur la Treizième chaîne, Pollard a été interrogé sur ce qui l’avait poussé à changer d’avis après avoir évité la mêlée politique pendant des années.
« Le 7-Octobre », a-t-il répondu.
« Jusqu’à ce moment-là, je pensais que mon abandon et la trahison du gouvernement constituaient une exception à la règle. Mais après le 7-Octobre, j’ai réalisé que je n’étais pas une exception, que le gouvernement et Tsahal avaient trahi et abandonné tout le pays. »
S’exprimant en anglais, Pollard a déclaré que sa valeur politique la plus importante était l’autonomie militaire.
בלעדי: הראיון המלא עם המרגל ג׳ונתן פולארד שמצטרף לפוליטיקה. בעד טרנספר בעזה, בעד גיוס ערבים ומה הוא חושב על נתניהו ובנט? pic.twitter.com/9pI5v3aYDr
— בר שם-אור Bar Shem-Ur (@Bar_ShemUr) May 4, 2026
« Je crois fermement que tout le monde dans ce pays – Arabes, Juifs, peu importe, de droite comme de gauche – doit effectuer son service national obligatoire, quel que soit le choix de chacun », a-t-il déclaré.
Interrogé sur ses propos passés prônant l’expulsion des Gazaouis de l’enclave, Pollard a répondu : « Je suis personnellement favorable au transfert forcé de tous les résidents actuels hors de Gaza, ainsi qu’à l’annexion de Gaza et à son repeuplement par nos soins. »
Il a ajouté qu’il estimait que, dans l’état actuel des choses, Israël n’était pas en train de gagner la guerre qu’il mène depuis fin 2023.
Il a critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui « se frappe la poitrine et affirme que nous n’avons jamais connu autant de succès dans la lutte contre nos ennemis. Je suis désolé, mais c’est un mensonge de sang-froid ». Selon lui, même les partisans du Premier ministre admettent qu’aucun ennemi n’a été « vaincu de manière décisive » pendant la guerre.
Interrogé sur le fait de savoir s’il ne soutenait plus Netanyahu, Pollard a répondu que si les résultats des élections de cette année indiquaient un maintien de ce dernier à la tête du gouvernement, « je crois au processus démocratique et nous devrons le soutenir ».
Il a toutefois ajouté que son objectif principal était « d’unifier la droite », précisant que le gouvernement actuel était composé de « béni-oui-oui » qui ne remettaient pas suffisamment en question Netanyahu.
Pollard a indiqué qu’il n’avait aucun problème à siéger au sein d’un gouvernement aux côtés du chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, un partisan de la ligne dure de longue date et ancien allié de Netanyahu qui s’était brouillé avec le Premier ministre en 2019 – en raison du refus de Netanyahu de lancer une guerre à Gaza visant à renverser le Hamas – et qui est depuis lors dans l’opposition.
Il a toutefois précisé qu’il avait un problème à siéger aux côtés de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, actuel chef du parti « BeYahad » (« Ensemble » en hébreu), car « c’est un menteur ».
« C’est hutzpadik [effronté] de sa part de pointer du doigt Netanyahu pour le 7-Octobre, sans reconnaître sa propre responsabilité dans le déclenchement de cette catastrophe », a-t-il souligné.
« C’est lui qui a pratiquement doublé le nombre de travailleurs de Gaza entrant dans les communautés situées le long de la frontière. »
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