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Juan Bradman, exilé juif cubain dont la vie a inspiré un roman, meurt à 90 ans

Fils de réfugiés, il était juge non loin de Cuba lorsqu'il a fui Castro pour les États-Unis et commencer une nouvelle vie en tant qu’assistant social, avant d’enseigner la Shoah

Juan Bradman, au centre, avec son frère Saloman et leur père Julio, dans le magasin de chaussures de leur famille, à Matanzas, à Cuba, en 1949. (Crédit : Miriam Bradman Abrahams via JTA)
Juan Bradman, au centre, avec son frère Saloman et leur père Julio, dans le magasin de chaussures de leur famille, à Matanzas, à Cuba, en 1949. (Crédit : Miriam Bradman Abrahams via JTA)

JTA – Juan Bradman n’avait qu’une vingtaine d’années lorsqu’il est devenu juge de circuit dans la campagne cubaine, voyageant de province en province.

Mais en 1962, après la prise de pouvoir par Fidel Castro, lui et son épouse Pola ont fui Cuba pour les États-Unis avec leur fille Miriam, qui venait de fêter son premier anniversaire.

Des années plus tard, Miriam Bradman Abrahams se souviendra de l’histoire de l’exode et de l’exil de ses parents dans la préface d’un roman inspiré de leur vie. The Incident at San Miguel (« L’incident de San Miguel »), écrit par A.J. Sidransky, a été publié en mars.

« Ils allaient laisser derrière eux tout ce qu’ils connaissaient pour un autre climat, une autre langue et une autre culture », écrit-elle à propos de ses parents. « Ils pouvaient à peine imaginer l’énormité de ce qui les attendait. Ce départ et cette arrivée, le fait de s’enraciner puis de devoir soudainement se relever pour survivre, font partie de l’ADN juif depuis des millénaires. C’est l’histoire biblique d’Abraham, de Noé, de Joseph et de Moïse. »

Juan Bradman, qui vivait à Brooklyn, est décédé le 23 septembre à l’âge de 90 ans.

À bien des égards, l’histoire de Bradman était l’archétype des plus de 90 % de Juifs qui, après avoir trouvé refuge à Cuba pour échapper à la misère en Europe, ont fui à nouveau après la révolution de Castro. Après avoir quitté Cuba et s’être installé d’abord à Yonkers, New York, puis à Brooklyn, Bradman a refusé de retourner à Cuba, craignant pour sa sécurité et celle de sa famille dans le pays qu’il avait fui. Pourtant, il est resté lié au pays par son frère, Salomon, qui a soutenu la révolution et a choisi de rester après la prise de pouvoir par les communistes.

Malgré leurs divergences politiques et des années d’éloignement, lorsque le gouvernement cubain a autorisé les citoyens cubains à se rendre aux États-Unis en 2001, Juan a parrainé Salomon et sa femme pour une visite d’un mois à Brooklyn (Salomon est décédé en 2012).

Une version fictive de leurs retrouvailles, ainsi que la brève rencontre de Juan avec le révolutionnaire cubain Che Guevara, sont présentées dans The Incident at San Miguel.

Le dirigeant cubain Fidel Castro en train de parler, en 1969. (Crédit : AP)

Bradman n’a jamais perdu son sentiment d’amertume suite à la prise de contrôle du pays par Castro, qui avait conduit à remplacer la dictature de Fulgencio Batista par des années de répression accrue et de malaise économique.

« Fidel était un dictateur stalinien impitoyable doté d’une personnalité charismatique », avait déclaré Bradman à sa fille après la mort de Castro en 2016. « Il a détruit l’île, la gérant comme son propre domaine. Je remercie Castro d’être la raison pour laquelle nous sommes venus ici. Nous n’aurions pas eu la même qualité de vie si nous étions restés là-bas. L’histoire devrait se souvenir de lui comme d’un tyran plutôt que comme d’un héros ou d’un sauveur. Il y a une fin à tout, et j’espère que c’est le début de la fin du communisme à Cuba. »

Juan Bradman est né le 24 juin 1933, fils de Rifka et Yechezkiel Bradman. Ses parents et ceux de sa femme Pola étaient des réfugiés de Pologne et de Biélorussie. Bradman a étudié le droit à l’Université de La Havane avant que celle-ci ne soit fermée par le gouvernement ; il a ensuite obtenu son diplôme de droit par la « porte de derrière », selon sa famille. Un poste d’avocat à la Banque nationale de Cuba a été interrompu par les bouleversements politiques à Cuba et, en 1959, il a été nommé juge itinérant pour les électeurs de la campagne cubaine.

En 1962, il a fui Cuba avec son épouse et sa fille « sans rien d’autre que six cigares dans sa poche, une valise de vêtements et un diplôme de droit passé en contrebande », selon une notice nécrologique de la famille. « À son arrivée à Miami, Juan a été interrogé par les services de l’immigration pour élucider un cas d’erreur d’identité d’un cousin portant le même nom. »

La famille a poursuivi son chemin jusqu’à la maison d’une tante de Yonkers, qui leur a servi de marraine, avant de s’installer à Midwood, dans le quartier de Brooklyn. Ne pouvant pratiquer le droit aux États-Unis, il obtient un diplôme de l’Université de Columbia, puis une maîtrise en travail social. Après avoir pris sa retraite en tant qu’assistant social, il a suivi une formation de guide au Musée de l’héritage juif de New York, où il a enseigné la Shoah et partagé son passé d’immigré avec les visiteurs.

Bradman était un membre actif du club des hommes de sa synagogue et a siégé au conseil d’administration de l’école de ses enfants, la yeshiva Rambam.

Il laisse derrière lui, son épouse et ses filles, Sheila Feirstein et Miriam Bradman Abrahams.

Dans sa préface du roman inspiré par la vie de ses parents, Miriam Bradman Abrahams évoque la manière dont les identités cubaine, américaine et juive de leurs parents ont façonné la vie de leurs filles.

« Mes parents accordaient une importance primordiale à l’éducation », se souvient-elle. « À l’époque, les écoles publiques de Brooklyn n’étaient pas les meilleures. Nos parents ont choisi de nous inscrire, ma sœur et moi, dans une école juive. La façon dont je pense, parle et réagis aujourd’hui, ce que je cuisine et mange, la façon dont je communique avec mes parents, mon mari, mes grands enfants et ma communauté sont le résultat direct du fait que je suis trilingue et triculturelle. »

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