Khaled Meshaal : 51 % des jeunes Américains soutiennent la cause palestinienne et le Hamas
L'un des dirigeants du groupe terroriste a salué le "nouveau souffle" à la cause palestinienne auprès de la jeunesse américaine et européenne rendu possible par le pogrom du 7-Octobre

Un dirigeant du Hamas a proposé mercredi de geler l’armement du groupe terroriste, en échange d’une trêve durable à Gaza et s’est dit ouvert à la présence d’une force internationale de maintien de la paix à la frontière du territoire palestinien avec Israël.
« L’idée d’un désarmement total est inacceptable pour la résistance (le Hamas, NDLR). Ce qui est proposé, c’est un gel, ou un stockage (des armes) (…) afin de fournir des garanties contre toute escalade militaire depuis Gaza avec l’occupation israélienne », a déclaré Khaled Meshaal ancien numéro un du groupe terroriste islamiste palestinien, dans un entretien à la chaîne qatarie Al Jazeera.
« C’est l’idée dont nous discutons avec les médiateurs, et je pense qu’avec une approche américaine pragmatique (…) une telle vision pourrait être acceptée par l’administration américaine », a-t-il dit.
La première phase du plan du président américain Donald Trump pour mettre fin à la guerre, déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, prévoyait, avec l’entrée en vigueur d’une trêve le 10 octobre, la restitution des otages vivants et morts retenus à Gaza, en échange de centaines de prisonniers palestiniens incarcérés en Israël pour atteinte à la sécurité nationale ou faits de terrorisme.
Il ne reste depuis mercredi plus qu’un seul corps d’otage à Gaza, Ran Gvili.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a espéré dimanche passer « très bientôt » à la deuxième phase, et annoncé une nouvelle rencontre avec Donald Trump le 29 décembre.
Cette deuxième phase, en trois étapes prévoit notamment le retrait des troupes israéliennes du territoire palestinien et le déploiement rapide d’une force internationale de stabilisation, tandis que le Hamas déposerait les armes.
L’expérience des Palestiniens montre que « lorsque les Palestiniens sont désarmés… des massacres s’ensuivent », a déclaré Meshaal, citant le massacre de 1982 dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila au Liban, qui a eu lieu à la suite de l’expulsion de l’OLP du pays.
« Le désarmement, pour un Palestinien, revient à lui arracher son âme même », a insisté M. Meshaal.
Meshaal a également rejeté toute « occupation » par la Force internationale de stabilisation qui prendrait le contrôle de Gaza à la place du Hamas et de l’armée israélienne, dans le cadre de la proposition de Trump.
Le Hamas, a-t-il précisé, « n’a aucune objection à ce que des forces internationales, ou des forces internationales de stabilisation, soient déployées le long de la frontière, comme la Finul », la force de maintien de la paix de l’ONU déployée dans le sud du Liban, près de la frontière israélienne.
Ces forces « sépareraient Gaza de l’occupation (Israël, NDLR) », a-t-il ajouté, précisant refuser qu’elle opère à l’intérieur du territoire palestinien, comme prévu par l’accord de cessez-le-feu, car selon lui, cela « s’apparenterait à une occupation ».
Les médiateurs ainsi que les pays arabes et islamiques, a-t-il dit, peuvent agir comme des « garants » pour éviter une escalade au départ du territoire palestinien.
« Le danger vient de l’entité sioniste, pas de Gaza », a-t-il ajouté, en référence à Israël.
Meshaal a également salué l’attaque du sud d’Israël par le Hamas le 7 octobre 2023, affirmant que si Gaza et la Cisjordanie ont payé un lourd tribut, la guerre qui s’en est suivie avec Israël a révélé le « visage hideux » du pays et donné un nouveau souffle à la cause palestinienne auprès de la jeunesse américaine et européenne.
« Cinquante et un pour cent des jeunes Américains soutiennent non seulement la cause palestinienne, mais aussi le Hamas », a fait valoir Meshaal.







