La création d’un panel en vue du vote du texte sur la régulation des médias envisagée
A la tête de la commission normalement compétente, le député Likud David Bitan s'est élevé contre cette procédure qui "déprécie" la démocratie ; la loi en question entend conférer aux autorités un contrôle accru sur la presse
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À la Knesset, une commission s’apprête à examiner le projet de création d’une commission ad hoc en vue du vote d’un projet de loi polémique sur la régulation des médias, un texte qui a été proposé par le ministre des Communications, Shlomo Karhi.
Prévue ce lundi, cette réunion a vocation à contourner le député du Likud David Bitan, opposé au projet de loi dans sa forme actuelle et par ailleurs président de la commission des affaires économiques, qui a autorité sur les questions relatives aux médias.
Si elle venait à être créée, cette nouvelle commission serait présidée par Galit Distel Atbaryan, provocante députée du Likud par ailleurs favorable à un autre projet de loi de refonte de l’actuel paysage médiatique.
Cette nouvelle commission aurait vocation à examiner le projet de loi — supposé conférer au gouvernement un contrôle accru sur les médias audiovisuels, les sites d’information et les autres médias — et ce, jusqu’aux dernières lectures à la Knesset avant son adoption.
Cette mesure est l’une de celles proposées par le gouvernement contre les médias traditionnels, que Karhi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres membres de la coalition accusent de parti pris de gauche.
Dans une interview accordée le week-end à la chaîne N12, Bitan a présenté la création de cette commission ad hoc comme un fait accompli, affirmant que Netanyahu avait lui-même donné son feu vert. Selon lui, cette manœuvre de Karhi est une offense au processus démocratique.
« Le président de la coalition m’a informé que le Premier ministre avait décidé de créer cette commission », a déclaré Bitan en parlant du député du Likud Ofir Katz. « Il a le droit de prendre cette décision, et moi j’ai le droit de ne pas être d’accord. Nous allons régler ce problème. »
Ce à quoi il a ajouté : « Certains ministres veulent une commission à leur convenance, ce qui déprécie la Knesset et la démocratie. »
Présenté en première lecture à la Knesset en novembre, le projet de loi de Karhi aurait pour effet de conférer au gouvernement un contrôle accru sur les médias audiovisuels, les sites d’information et les médias en général en substituant aux mécanismes de surveillance existants un Conseil de régulation dont la majorité des membres seraient choisis par le ministre des Communications.
Ce Conseil pour la régulation des contenus audiovisuels se verrait accorder d’importants pouvoirs, et notamment la possibilité de révoquer les autorisations délivrées à certains médias et de leur imposer de lourdes amendes.
La procureure générale Galit Baharav-Miara, qui s’est fréquemment opposée aux tentatives des ministres de modifier les institutions au profit du gouvernement, s’est insurgée contre ce projet de loi dont elle a refusé d’approuver la légalité.
Selon Baharav-Miara, ce projet de loi permettrait « une ingérence politique dans le travail des organismes de diffusion et mettrait en danger la liberté de la presse en Israël. » Il aurait aussi pour effet de faire sauter les barrières entre le journalisme et les intérêts commerciaux des médias.
יחד נשנה את מפת התקשורת בישראל. בקרוב בעז״ה. pic.twitter.com/RuUY7GVoeS
— ????????שלמה קרעי – Shlomo Karhi (@shlomo_karhi) November 29, 2025
Ce qui n’a aucunement dissuadé Karhi, bien décidé à faire voter un projet de loi qu’il a présenté comme faisant partie de ses nombreuses tentatives pour réformer le secteur des médias, à commencer par celle qui a été prise pour fermer la branche israélienne de chaîne qatarie Al Jazeera ou encore la radio de l’Armée et pour soutenir la Quatorzième chaîne, clairement pro-Netanyahu.
Dans une vidéo publiée samedi soir, Karhi s’est vanté de vouloir « changer les médias en Israël ».
« Dans les jours à venir, avec l’aide de Dieu, la commission ad hoc pour la réforme de la radio sera créée », annonce-t-il. « Et ensemble, avec l’aide de Dieu, nous ferons tomber le monopole de la gauche sur le débat public. »
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