La famille du suspect de l’attaque à la voiture-bélier parle d’un accident
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La famille du suspect de l’attaque à la voiture-bélier parle d’un accident

Les responsables de la sécurité réfutent cette thèse, affirmant que l'attaque était délibérée ; le frère dit que le suspect a eu peur après l'incident et s'est enfui

Sanad Al-Turman, suspect de l'attaque à la voiture-bélier commise à Jérusalem le 6 février 2020, est transféré de la prison au tribunal de Jérusalem, le 7 février 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Sanad Al-Turman, suspect de l'attaque à la voiture-bélier commise à Jérusalem le 6 février 2020, est transféré de la prison au tribunal de Jérusalem, le 7 février 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le tribunal de première instance de Jérusalem a prolongé vendredi de 10 jours la détention provisoire du terroriste présumé qui aurait perpétré un attentat à la voiture-bélier et blessé une dizaine de soldats dans la capitale un jour plus tôt.

Sanad al-Turman a été arrêté jeudi soir à l’intersection du Gush Etzion, dans le centre de la Cisjordanie. Le Shin Bet a indiqué que l’assaillant, âgé de 25 ans, était résident du quartier d’A-Tur à Jérusalem-Est et n’avait aucun antécédent d’activité terroriste.

Il a été remis au service de sécurité du Shin Bet pour être interrogé, selon l’armée israélienne.

Son frère a soutenu au tribunal que l’incident survenu aux premières heures du jeudi matin n’était pas une attaque terroriste, mais un accident de la route après que le conducteur a accidentellement heurté le trottoir avec son véhicule.

Des secouristes sur la scène de l’attaque à la voiture bélier à Jérusalem le 6 février 2020. (Crédit : MDA)

« Il a causé un accident, a pris peur et s’est enfui. Il n’a pas voulu que cela arrive », a assuré le frère.

« C’est un homme intelligent et bon, qui va à l’université », a-t-il ajouté. « Je suis sûr qu’il ne s’agit pas d’une attaque terroriste. C’est moi qui ai remis mon frère aux forces de sécurité, il n’a pas été appréhendé ».

Les responsables de la sécurité ont fermement démenti les affirmations du frère du suspect, affirmant que Sanad Al-Turman avait franchi un barrage routier alors qu’il fuyait et que les soldats présents sur les lieux de l’attaque n’avaient pas sorti leurs armes afin qu’il ne se sente pas en danger.

En outre, les autorités ont déclaré à la chaîne publique Kan que Turman ne semblait pas en passe de se rendre au moment de son arrestation.

D’après les responsables de la sécurité, ces derniers jours, ce dernier avait publié plusieurs messages sur Facebook signalant ses intentions, écrivant dans l’un d’entre eux : « J’ai trouvé mes réponses », et dans un autre : « Celui qui cherche la paix avec l’ennemi vit dans l’illusion. Ne jamais se rendre ».

Jeudi matin, à l’aube, l’agresseur a percuté avec sa voiture un groupe de soldats de la brigade Golani qui se tenaient dans la rue David Remez à Jérusalem, devant l’Ancienne Gare, un centre de divertissement populaire de la capitale, blessant 12 d’entre eux, dont un grièvement.

Les troupes se rendaient à Jérusalem en vue de la cérémonie d’assermentation prévue le matin au mur Occidental, qui a été retardée en raison de l’attaque mais qui a finalement eu lieu avec certains des 12 soldats blessés. Une deuxième cérémonie d’intronisation, qui ne s’est pas déroulée au mur Occidental, s’est tenue plus tard dans la journée pour les troupes impliquées dans l’attaque.

Les soldats de la brigade Golani lors d’une cérémonie d’intronisation au mur Occidental à Jérusalem, le 6 février 2020. (Crédit : armée israélienne)

Après l’attaque, l’agresseur a rapidement fui les lieux, abandonnant sa voiture dans la ville de Beit Jala en Cisjordanie, au sud de Jérusalem.

Selon le porte-parole de l’armée israélienne, Hidai Zilberman, une première enquête sur l’attaque a révélé que les soldats se tenaient sur le trottoir à côté de la gare lorsque la voiture les a soudainement percutés à grande vitesse.

Les troupes israéliennes arrêtent un homme à l’intersection du Gush Etzion en Cisjordanie, soupçonné d’une attaque à la voiture-bélier contre des soldats israéliens, blessant 12 d’entre eux, à Jérusalem, le 6 février 2020. (Crédit : armée israélienne)

Le véhicule a ensuite fait demi-tour et pris la fuite. Il ne semble pas que les soldats aient pu tirer sur le conducteur pendant ou après l’attaque, a ajouté Hidai Zilberman.

« Cela s’est passé en quelques secondes. Nous savons que certains soldats ont essayé de mettre des chargeurs dans leurs armes et ont tenté de poursuivre la voiture, mais cela s’est passé rapidement, » a-t-il rapporté aux journalistes.

Dans les heures qui ont suivi l’attaque, neuf des militaires ont été libérés de l’hôpital. Le soldat gravement blessé souffre de blessures sur tout le corps et a été opéré, selon les responsables du centre médical Shaare Zedek de Jérusalem, où il a été emmené.

« Le soldat blessé est toujours dans un état grave mais stable. Il est inconscient et relié à un respirateur dans l’unité de soins intensifs », ont fait savoir jeudi les responsables de l’hôpital.

La voiture, immatriculée en Israël, a été retrouvée à Beit Jala, près de Bethléem, quelques heures plus tard. Des affrontements mineurs ont éclaté dans le village et les environs tout au long de la journée, alors que les troupes israéliennes recherchaient le conducteur.

Les médias palestiniens ont rapporté que les troupes israéliennes avaient saisi des caméras de sécurité autour de Bethléem, apparemment dans le cadre des recherches.

L’incident s’est produit dans un contexte de montée des tensions suite à la publication du plan du président américain Donald Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien. L’armée est en état d’alerte renforcée et a envoyé trois vagues de renforts en Cisjordanie, dont un bataillon supplémentaire de troupes de combattants jeudi.

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