La Maison Blanche presse les entreprises de défense d’augmenter la production
Lockheed Martin et Raytheon seraient au centre des attentions de l'administration Trump pour les convaincre de privilégier la production, et non les dividendes des actionnaires

WASHINGTON (Reuters) — Vendredi, l’administration Trump avait prévu de rencontrer à la Maison Blanche des dirigeants des plus importants fournisseurs de la défense américaine afin d’évoquer le relèvement du niveau de production des armes nécessaire à la reconstitution des stocks du pentagone mis à mal par les frappes américaines sur l’Iran et d’autres opérations militaires récentes, indiquent des sources.
Cette réunion est le signe de la volonté de l’administration Trump de reconstituer ses stocks d’armes après l’opération iranienne, grosse consommatrice de munitions.
Des entreprises telles que Lockheed Martin et Raytheon ainsi que la maison mère RTX et d’autres fournisseurs clés, ont été invités à cette réunion, précisent les sources, qui se sont exprimées sous couvert d’anonymat dans la mesure où il s’agit d’une invitation confidentielle.
Selon la confidence faite à Reuters par un membre des autorités américaines, en début de semaine, les négociateurs du Pentagone ne seraient pas parvenus à trouver rapidement un accord avec les grands sous-traitants de la Défense.
Lockheed et la Maison-Blanche n’ont pas immédiatement répondu à la demande de commentaire et RTX a refusé de s’exprimer sur la question.
L’administration Trump fait pression sur les entreprises du secteur de la Défense pour qu’elles privilégient pour l’heure la production, au détriment des dividendes à verser à leurs actionnaires. En janvier dernier, Trump a signé un décret pour que soient identifiées les entreprises les moins performantes mais qui distribuent des dividendes à leurs actionnaires.
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 et les opérations militaires israéliennes à Gaza, les États-Unis ont consommé ou mobilisé pour plusieurs milliards de dollars de matériels de guerre, dont des systèmes d’artillerie, des munitions ou des missiles antichars.
Signe des préparatifs en cours avant la réunion de vendredi, le Secrétaire adjoint à la Défense, Steve Feinberg, a contacté certains fournisseurs de la Défense mercredi soir, ce qui n’avait pas encore été rapporté, ont déclaré à Reuters des personnes proches du dossier, s’exprimant elles aussi sous couvert d’anonymat. Le Pentagone n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
Les discussions tournent autour des contrats avec de grandes entreprises comme Lockheed Martin, ont déclaré deux sources proches des autorités et un cadre du secteur.
En janvier dernier, l’entreprise a signé un contrat d’une durée de sept ans avec le Pentagone dans le but d’augmenter les capacités de production de ses intercepteurs de missiles PAC-3 de façon à les porter à 2 000 unités par an, contre 600. La société a fait savoir qu’elle allait quadrupler la production de ses intercepteurs de missiles Terminal High Altitude Area Defense, ou THAAD, pour la porter à 400 unités par an, contre 96 à ce jour.
La demande en systèmes de défense aérienne tels que le PAC3 a explosé pour les États-Unis et leurs alliés dans un contexte de tensions géopolitiques accrues et du conflit en Iran.
La réunion à la Maison-Blanche pourrait également coïncider avec la publication d’une demande de rallonge budgétaire de l’ordre de 50 milliards de dollars, ainsi que l’a annoncé Reuters mardi. Ces fonds financeraient le remplacement des armes utilisées lors des récents conflits, dont ceux du Moyen-Orient. Ce chiffre est une première estimation susceptible de varier en fonction de la durée de l’opération. Il s’ajouterait aux plus de 150 milliards de dollars de rallonge des dépenses de Défense inclus dans l’ambitieux projet de loi Républicain du nom de « One big beautiful bill [NDLT : un grand et beau projet de loi* ».







