La mort de Haniyeh ressentie comme « un coup de tonnerre » dans les Territoires palestiniens
"C'est ce que tout Palestinien espère [...] être un martyr en défendant sa Terre, son peuple et ses valeurs sacrées", a dit Mohammad Farwana, 38 ans, originaire de Khan Younès

« Un coup de tonnerre, quelque chose d’incroyable », lâche Wael Qoudayh, un habitant de la bande de Gaza. L’annonce mercredi de l’assassinat ciblé à Téhéran d’Ismaïl Haniyeh, chef du groupe terroriste palestinien du Hamas au pouvoir à Gaza, a été ressentie comme « un choc » dans les Territoires palestiniens.
« La nouvelle a été un choc pour nous tous lorsque nous nous sommes réveillés », ajoute cet habitant de 35 ans, quelques heures après l’annonce tôt mercredi par le Hamas de la mort de son chef politique, tué par une frappe israélienne à Téhéran, où il était venu assister à la cérémonie d’investiture du nouveau président iranien.
« La nouvelle m’a surpris [car] Ismaïl Haniyeh est le chef des négociations », dit Ahmed Wishah, un autre habitant de la bande de Gaza, en référence aux pourparlers indirects entre le Hamas et Israël pour tenter de mettre fin à la guerre déclenchée lorsque quelque 3 000 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre, tué près de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
« En tant que chef du mouvement Hamas, c’est lui qui mène les négociations au nom du mouvement, je ne m’attendais pas à ce qu’un des membres de l’équipe de négociateurs soit assassiné par l’occupation » israélienne, ajoute Wishah.
Youssef Saeed, lui, observe que « le Qatar a pu protéger Haniyeh depuis [le début de la guerre à Gaza il y a presque] dix mois, mais l’Iran n’a pu le protéger pendant seulement quelques heures avec tous ses services de renseignement, son armée, sa force et ses armes », regrette cet habitant de la bande de Gaza.
Haniyeh vivait au Qatar, pays du Golfe qui accueille le bureau politique du Hamas avec la bénédiction des États-Unis depuis 2012, à la suite de la fermeture par le groupe terroriste palestinien de son bureau à Damas en Syrie.
Aux yeux des Palestiniens interrogés par l’AFP, Haniyeh est parti en « martyre » en raison de la manière dont il a été tué.
« Plus de protecteur »
« C’est ce que tout Palestinien espère […] être un martyr en défendant sa Terre, son peuple et ses valeurs sacrées », a dit Mohammad Farwana, 38 ans, originaire de Khan Younès, ville de sud de la bande de Gaza où les troupes israéliennes ont mis fin cette semaine à une opération au sol de grande envergure qui a permis de neutraliser plus de 150 terroristes et entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes à l’intérieur de l’enclave, selon la Défense civile de Gaza contrôlée par le Hamas.
« Haniyeh était quelqu’un qui a donné ses enfants et ses petits-enfants », a ajouté Farwana en référence aux dix membres de la famille du chef terroriste tués en juin lors d’une frappe aérienne dans le camp de réfugiés d’Al-Shati, dans le nord de la bande de Gaza.
L’annonce de la mort de Haniyeh a également provoqué de vives réactions en Cisjordanie, territoire partiellement gouverné par l’Autorité palestinienne (AP) de Mahmoud Abbas, chef du parti laïc Fatah, le rival du groupe terroriste palestinien.
Pour Hossam Abdel Razek, « l’assassinat d’Ismaïl Haniyeh en Iran prouve que nous, le peuple palestinien, n’avons plus de protecteur, que notre sang est bon marché et que la nation arabe et islamique nous a vendus aux États-Unis et à Israël », dit cet homme de 45 ans, employé dans une institution privée.
Mercredi matin, les mouvements palestiniens en Cisjordanie ont appelé à une grève générale pour protester contre « l’assassinat du grand leader national Ismaïl Haniyeh », dans une déclaration commune.
À Ramallah, des employés ont quitté les bâtiments de leurs ministères à la suite de cet appel, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des magasins étaient fermés et des employés ont quitté leur lieu de travail dans plusieurs villes de Cisjordanie. Des institutions culturelles ont indiqué dans des communiqués qu’elles resteraient fermées.







