La Norvège arrête un suspect de l’attentat de la rue des Rosiers à Paris
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La Norvège arrête un suspect de l’attentat de la rue des Rosiers à Paris

La France demande depuis plusieurs années l'extradition de l'homme qui a nié toute implication dans l'attaque attribuée au groupe palestinien Abou Nidal

Des pompiers et des infirmières s'occupent d'un blessé derrière le comptoir d'un restaurant juif Jo Goldenberg, situé dans la rue des Rosiers à Paris, après l'attaque terroriste perpétrée par des hommes armés dans le restaurant, le 9 août 1982. L'attaque a fait six morts et de nombreux blessés. (AP Photo/ Aulnay)
Des pompiers et des infirmières s'occupent d'un blessé derrière le comptoir d'un restaurant juif Jo Goldenberg, situé dans la rue des Rosiers à Paris, après l'attaque terroriste perpétrée par des hommes armés dans le restaurant, le 9 août 1982. L'attaque a fait six morts et de nombreux blessés. (AP Photo/ Aulnay)

La police norvégienne a annoncé mercredi l’arrestation d’un homme soupçonné d’être l’un des auteurs de l’attentat de la rue des Rosiers qui avait fait six morts et 22 blessés en 1982 dans le quartier juif historique de Paris.

La France demande depuis plusieurs années l’extradition de Walid Abdulrahman Abou Zayed, établi en Norvège depuis 1991, qui a dans le passé nié toute implication dans l’attaque attribuée au groupe terroriste palestinien Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) « Abou Nidal ».

L’homme avait été retrouvé et photographié dans la ville de Skien (sud de la Norvège) par le magazine Paris Match en 2015.

Sans fournir l’identité du suspect, la police antiterroriste norvégienne (PST) a seulement indiqué avoir procédé mercredi à une arrestation en lien avec cette affaire.

« Nous pouvons confirmer que la PST a arrêté un homme à Skien aujourd’hui (…) sur un mandat d’arrêt européen émis par les autorités françaises », a déclaré à l’AFP une porte-parole de PST, Annett Aamodt.

« Une demande d’extradition a été émise par les autorités françaises, elle va être examinée soigneusement pour voir si les conditions sont réunies », a-t-elle ajouté.

L’homme d’une soixantaine d’années, aujourd’hui naturalisé norvégien, nie son implication, affirmant « qu’il y a erreur sur la personne ».

« Mon mari n’a jamais tué personne. Il n’a jamais été en France », avait déclaré son épouse à l’AFP en 2015 en réaction à un mandat d’arrêt international délivré par la France auquel la Norvège n’avait alors pas donné suite.

En France, un avocat des proches des victimes, Romain Boulet, a évoqué « un vrai soulagement » pour ses clientes.

« Il ne s’agit toutefois que d’une première étape. Nous espérons que la Norvège procédera à une extradition rapide et qu’elle n’aura pas à cœur de protéger un terroriste », a-t-il dit à l’AFP.

« Trois autres restent à interpeller, c’est un procès que nous voulons, pas de simples auditions », a-t-il ajouté.

Lundi, le quotidien français Le Parisien avait indiqué que des documents provenant d’archives des services du Premier ministre et liés à l’attentat de la rue des Rosiers de 1982 accréditaient l’idée d’un accord secret entre les renseignements français et le groupe terroriste palestinien auteur de l’attaque, selon des avocats de victimes. Des documents en provenance du cabinet du Premier ministre Michel Rocard, et versés au dossier d’instruction, sont venus accréditer l’existence d’un tel accord.

Parmi ces documents, un compte-rendu d’un « entretien avec le Fatah Conseil révolutionnaire », l’autre nom du groupe Abou Nidal, datant d’octobre 1985 et qui évoque, selon Le Parisien, « noir sur blanc un accord passé avec le groupe terroriste et qui s’insurge du ‘non-respect des engagements antérieurs’ de la France ».

Alors que la justice française a délivré des mandats d’arrêt internationaux contre quatre suspects, dont deux sont réfugiés en Jordanie et un en Norvège, « on peut craindre que ces demandes d’extradition (…) soient de pure forme mais que le gouvernement n’exerce pas la pression diplomatique nécessaire », s’inquiétait l’avocat Avi Bitton, qui défend trois anciennes employées du restaurant Jo Goldenberg, visé par cette attaque à la grenade et aux pistolets-mitrailleurs.

Face à ces « preuves de l’accord », « le citoyen est choqué », a tranché Me Romain Boulet, avocat de la sœur d’une victime, estimant que la priorité c’est « l’exécution des mandats d’arrêt et la tenue d’un procès ». « On a des noms, des adresses, il faut aller les chercher », avait-il demandé.

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