La pandémie accélère une révolution technologique dans le domaine de la santé
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La pandémie accélère une révolution technologique dans le domaine de la santé

Les "vannes sont désormais ouvertes" et les régulateurs, les patients et les prestataires de soins de santé suivent tous le mouvement, selon Yair Schindel du fonds aMoon VC

Une infirmière portant un équipement de protection et une paire de lunettes Microsoft HoloLens 2 utilise la fonctionnalité de réalité augmentée pour effectuer des tâches de maintenance dans la "chambre d'hôpital du futur" du centre médical Sheba. (Crédit : centre médical Sheba)
Une infirmière portant un équipement de protection et une paire de lunettes Microsoft HoloLens 2 utilise la fonctionnalité de réalité augmentée pour effectuer des tâches de maintenance dans la "chambre d'hôpital du futur" du centre médical Sheba. (Crédit : centre médical Sheba)

La pandémie de coronavirus a accéléré la fusion de la haute technologie avec le secteur de la santé, conduisant à une révolution des technologies de la santé qui se produira beaucoup plus rapidement que cela n’aurait été le cas autrement, a commenté un expert en fonds de capital-risque.

« Nous avons une nouvelle normalité », a commenté Yair Schindel, associé gérant et co-fondateur de aMoon, un fonds mondial de capital-risque dans le domaine de la santé basé en Israël, dans une interview au Times of Israel. « Le monde a changé de façon spectaculaire ».

M. Schindel faisait partie d’une équipe d’experts mise en place par le ministère de la santé pour élaborer des lignes directrices visant à minimiser l’impact de la pandémie de coronavirus, qui a tué plus de 377 000 personnes et en a contaminé plus de 6,3 millions dans le monde. En Israël, le nombre de décès causés par le virus a atteint 289, avec plus de 17 000 personnes infectées.

Grâce au virus, le calendrier de la révolution technologique en cours dans le domaine de la santé s’est maintenant « considérablement raccourci », a-t-il déclaré. « Nous verrons les changements se produire beaucoup plus rapidement que nous ne l’avions initialement prévu ».

Le docteur Yair Schindel, cofondateur et partenaires d’aMoon Partners au Sommet aMoon, le 13 mai 2019 (Crédit : Fabian Koldorff)

Cette révolution se produit maintenant sur plusieurs fronts, a-t-il expliqué, le premier étant celui des patients eux-mêmes.

Pendant de nombreuses années, tout ce qui avait trait aux soins de santé à distance et à la télémédecine était difficile à accepter pour de nombreux patients, a-t-il dit. Ils avaient besoin que les médecins les voient, examinent leurs poumons, leur cœur, leur gorge.

« Toutes ces choses aujourd’hui, dans l’esprit du patient, ne sont plus une nécessité », selon lui. Non seulement les patients d’aujourd’hui acceptent d’être traités à distance, mais ils le préfèrent même afin d’éviter le risque d’attraper quelque chose au cabinet du médecin.

Les technologies qui facilitent le traitement à distance ont contribué à combler ce fossé psychologique pour les patients en général. « C’est un grand pas en avant », a commenté M. Schindel.

La « chambre d’hôpital du futur », construite au Centre israélien de simulation médicale du Centre médical de Sheba (Crédit : Centre médical de Sheba)

Au début du mois de mai, le centre médical Sheba, à l’avant-garde de la lutte d’Israël contre la COVID-19, a dévoilé ce qu’il a appelé « l’hôpital du futur » – dans lequel des robots, l’IA et la réalité augmentée font une grande partie du travail tandis que les médecins et les infirmières restent à distance. Sheba a également utilisé le système de télémédecine Vici, un dispositif de type robot qui surveille les signes vitaux des patients.

D’autres systèmes sont utilisés, notamment Tytocare, qui permet aux médecins d’examiner les patients à distance à l’aide de stéthoscopes, de thermomètres et de surveillance pulmonaire, et EarlySense, qui fournit en temps réel des données exploitables ainsi que des outils de gestion des données sur les patients qui permettent aux médecins de repérer et de prévenir les situations médicales potentiellement graves avant qu’elles ne dégénèrent.

Les patients ne sont pas les seuls à avoir changé leur état d’esprit, a déclaré M. Schindel. Les régulateurs, tant aux États-Unis qu’en Europe, « comprennent qu’ils doivent aller beaucoup plus vite », a-t-il déclaré.

« Il est évident que nous ne voulons pas faire courir de risques aux patients, mais si nous pouvons accélérer le processus d’approbation de choses qui sont sûres et efficaces, nous devrions le faire le plus rapidement possible », a-t-il déclaré. C’est particulièrement vrai pour les thérapies numériques, lorsque des logiciels sont utilisés pour prévenir, gérer ou traiter des troubles médicaux, ou lorsque des plateformes sont créées pour aider à analyser des données médicales et fournir des informations aux médecins.

« Pendant un certain temps, nous ne savions pas à quelle vitesse cela se ferait. Maintenant, c’est une véritable marée, et les vannes sont ouvertes », a-t-il déclaré, faisant référence à la fois aux technologies qui sont développées plus rapidement et aux autorisations réglementaires.

Tyto Care, a développé un appareil pour mener des examens médicaux à distance et à la demande. Tenu dans la main, l’appareil d’examen dispose d’embouts qui permettent d’ausculter le cœur, les poumons, la peau, les oreilles, la gorge et l’abdomen, mais aussi mesure la température corporelle. (Capture d’écran : YouTube)

Les prestataires de soins de santé ont eux aussi réalisé qu’ils devaient utiliser davantage les appareils et la technologie pour traiter les patients à domicile, plutôt que de les envoyer inutilement dans des hôpitaux déjà bondés.

Enfin, a déclaré M. Schindel, la révolution génomique en cours – ce qu’il appelle l’étude du « code-barres avec lequel nous sommes venus au monde » – sera encore renforcée par la pandémie de coronavirus.

« Toutes les grandes entreprises pharmaceutiques et les institutions universitaires essaient de déterminer qui est influencé par la COVID-19 et qui ne l’est pas », a-t-il déclaré. « Qui sera atteint d’une maladie légère ou plus grave ? Est-elle liée à certains types de gènes, ou en fait à certains types de protéines que certains d’entre nous ont ou n’ont pas ? Toutes ces questions contribueront à faire avancer la recherche génomique, a-t-il dit.

Le personnel médical du Magen David Adom sur un site de drive-in pour collecter des échantillons en vue de tests de coronavirus à Jérusalem, le 30 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Schindel, qui a été recruté par le directeur général du ministère de la Santé pour rejoindre le groupe de travail au début de la crise, a déclaré qu’il pense qu’Israël mérite une « très haute note » dans son effort pour garder le virus à distance parce qu’il a rapidement pris des mesures strictes, et parce que les citoyens sont bien habitués à entrer et sortir du mode d’urgence.

La capacité à « s’adapter rapidement et à passer de la routine quotidienne au mode d’urgence est un énorme avantage pour le peuple israélien », a-t-il déclaré.

« Supposons que nous n’ayons pas été aussi réactifs que nous l’avons été ; nous aurions fini par avoir des chiffres comme certains de ces pays européens », a-t-il déclaré. Selon Statista, Israël a enregistré 31,97 décès par million d’habitants, contre 821,92 en Belgique, 580,41 en Espagne, 569,07 au Royaume-Uni et 548,42 en Italie.

Israël a assoupli les mesures de restriction à mesure que la propagation du virus ralentissait, mais une résurgence des contaminations a fait naître le spectre de nouvelles restrictions.

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