La procureure générale demande la suspension des opérations de lutte contre les incitations à la haine
Dans une lettre qui a été transmise au chef de la police, Gali Baharav Miara a affirmé être inquiète d'une "surveillance proactive des personnes sur les réseaux sociaux en l'absence de fondement probatoire suffisant"

La procureure générale Gali Baharav-Miara a exhorté lundi le commissaire de la police israélienne à mettre immédiatement un terme aux activités du service de lutte contre les incitations à la haine au sein des forces de l’ordre. Des informations ont, en effet, laissé entendre que ce tout nouveau bureau aurait surveillé, en toute illégalité, les activités des citoyens ordinaires sur les réseaux sociaux.
Dans une lettre qui a été transmise par son bureau au chef de la police Danny Levy, la procureure générale a affirmé que les opérations menées, semble-t-il, par cet organisme constituaient une « surveillance proactive des personnes sur les réseaux sociaux en l’absence de fondement probatoire suffisant ».
Cette surveillance, a ajouté la procureure-générale dans son courrier, soulève de réelles inquiétudes concernant une potentielle « atteinte injustifiée aux droits de l’Homme et à la liberté d’expression » de la part de la police.
La lettre a fait suite à un reportage qui a été diffusé par la chaîne publique Kan et qui a laissé entendre que le responsable du service aurait appelé ses agents à lui transmettre les noms des personnes qui les « gênent, » avec pour objectif de surveiller leurs réseaux sociaux et d’ouvrir de possibles enquêtes sur leurs publications.
Dans ce reportage est notamment apparue la capture d’écran d’un message WhatsApp qui avait été envoyé par le commissaire Udi Ronen, qui dirige le département, dans lequel il avait écrit : « Envoyez-moi les cibles et les noms qui vous intéressent, qui vous gênent ou que vous connaissez. Nous verrons ce que nous pouvons faire contre eux, du point de vue des réseaux sociaux ou au-delà ».
« Envoyez simplement tous les noms qui vous viennent à l’esprit, qu’est-ce que ça peut vous faire ? Peut-être que nous trouverons un moyen intéressant de les faire tomber, de vous aider », avait poursuivi le message.
Avant l’entrée en fonction du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, les enquêtes sur les incitations à la haine étaient généralement menées par la Division des enquêtes et du renseignement de la police, avec à sa tête le commissaire adjoint Boaz Blatt.
Ben Gvir a depuis créé la Division chargée des incitations à la haine, qui est placée sous l’autorité du commissaire adjoint de police, qui a pour mission d’enquêter sur ce genre de soupçons.







