La rénovation d’une statue d’un ancien maire antisémite de Vienne soulève les critiques
Cette figure controversée de l'histoire autrichienne a usé d'une rhétorique et d'une politique antisémite pour conquérir le pouvoir et le conserver, selon les historiens

L’association de défense des droits civiques autrichienne Aufstehn a dénoncé vendredi la décision de la ville de Vienne de réinstaller dans quelques mois une statue en bronze de l’ancien maire antisémite Karl Lueger de 1897 à 1910.
Trônant sur la prestigieuse Ringstrasse de la ville, la statue de quatre mètres de haut a été démontée de son piédestal jeudi, dans l’objectif qu’elle retrouve sa place d’ici l’été inclinée de 3,5 degrés, avec l’idée de cette inclinaison va contribuer à lui ôter son aura « héroïque ».
Le projet, confié à l’artiste viennois Klemens Wihlidal, avait été sélectionné en mai 2023 et participe de la volonté de la municipalité viennoise de « contextualiser » le passé nazi du pays.
Or souligne Aufstehn, « des survivant·e·s de la Shoah et des Juif·ve·s se sont prononcé·e·s pour le retrait du monument » et la statue devrait donc disparaître du paysage viennois, dans une réaction postée sur Bluesky.
Dans un post sur Facebook jeudi, les Étudiants juifs autrichiens (JÖH) ont qualifié le projet, auquel la mairie consacre 500 000 euros, de « gifle » contre la communauté juive, estimant qu’une légère inclinaison ne constitue en rien une réévaluation de l’histoire du pays.
La coprésidente du JÖH, Lia Guttmann, a jugé incompréhensible la volonté de la ville de « polir » l’image d’un « antisémite déclaré » qui a servi de « modèle » à Adolf Hitler.
La statue du maire chrétien-social, érigée en 1926, soit 16 ans après sa mort, fait l’objet d’un débat public de longue date et a été régulièrement vandalisée.
Cette figure controversée de l’histoire autrichienne a usé d’une rhétorique et d’une politique antisémite pour conquérir le pouvoir et le conserver, selon les historiens.







