La Syrie s’apprête à juger des personnalités de l’ère Assad – responsable
Selon un responsable du ministère de la Justice, le premier procès devrait s'ouvrir dimanche contre l'ancien responsable de la sécurité Atif Najib, arrêté en janvier 2025
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Damas s’apprête à juger des personnalités de premier plan de l’ère de l’ancien dictateur syrien Bashar al-Assad, a déclaré samedi à l’AFP un responsable du ministère de la Justice. Le premier procès, celui d’un ancien responsable de la sécurité, s’ouvrira dimanche.
« Les premières audiences concernant d’anciennes figures emblématiques de l’ancien régime syrien débuteront dimanche » avec Atif Najib, arrêté en janvier 2025, a déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat.
Najib est l’ancien chef de la sécurité politique de la province de Deraa, dans le sud de la Syrie, berceau du soulèvement de 2011. Il est accusé d’avoir orchestré la répression dans cette région. Il figure sur la liste des sanctions du Trésor américain aux côtés d’autres responsables syriens et il est un cousin de l’ancien dictateur.
Le responsable du ministère a indiqué que des procès suivraient pour Wassim al-Assad – un autre cousin de l’ancien dirigeant – et Amjad Youssef, principal suspect d’un massacre commis en 2013 qui a été arrêté cette semaine, ainsi que pour « les pilotes ayant pris part au bombardement de villes et de villages syriens ».
Wassim al-Assad a été arrêté en juin dernier. Le Trésor américain l’a sanctionné en 2023, affirmant qu’il avait dirigé une unité paramilitaire et qu’il était « une figure clé du réseau régional de trafic de drogue ».
Vendredi, le ministre syrien de la Justice, Mazhar al-Wais, a déclaré sur le réseau social X que le tribunal pénal de Damas était prêt « pour le moment tant attendu par les victimes : le début des procès publics », qu’il a qualifiés de « partie intégrante du processus de justice transitionnelle ».
Next Sunday marks the start of the public trial of Atef Najib, Assad’s cousin and former security chief in Daraa, who led the 2011 crackdown on peaceful protesters that catalyzed 14 years of brutal repression.
This marks a critical step towards justice and accountability for… pic.twitter.com/wZYrAAzNRo
— Syrian Emergency Task Force (@syrianetf) April 24, 2026
Les organisations de défense des droits de l’Homme, les militants et la communauté internationale ont maintes fois souligné l’importance de la justice transitionnelle dans ce pays ravagé par la guerre.
Fin décembre 2024, Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), indiquait que près de 300 personnes avaient été arrêtées en quelques jours en Syrie par les forces de sécurité du nouveau pouvoir installé par une coalition rebelle menée par le groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS), ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie, dans le cadre d’opérations de sécurité contre les « milices » d’Assad.
Sans donner de chiffres, l’agence de presse officielle Sana avait rapporté des « arrestations » visant « des membres des milices d’Assad » dans les provinces de Hama et de Lattaquié, sur la côte ouest, où une opération a permis la saisie « d’armes et de munitions ».
Parmi les personnes interpellées figurent « des informateurs des anciens services de sécurité du régime, des hommes armés fidèles au régime et à la République islamique d’Iran, ainsi que des militaires et des officiers de grade inférieur, dont il est avéré qu’ils ont commis des meurtres et des actes de torture », avait assuré Abdel Rahmane, dont l’organisation dispose d’un vaste réseau de sources à travers la Syrie.
Selon Abdel Rahmane, les arrestations ont été menées « avec la coopération des populations » locales.
Au terme d’une offensive fulgurante, une coalition de rebelles armés dominée par HTS est entrée le 8 décembre dans Damas, poussant l’ancien dictateur à la fuite, marquant la fin de plus de 50 ans de règne sans partage du clan Assad.
Fin décembre 2024, le nouveau chef des renseignements généraux, Anas Khattab, avait promis un plan de restructuration de tout l’appareil sécuritaire, dénonçant « l’injustice et la tyrannie de l’ancien régime, dont les agences sécuritaires ont semé la corruption et infligé des supplices » au peuple.
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