L’administration Trump lève les sanctions contre des dirigeants liés à des logiciels espions
Selon le département du Trésor américain, les trois dirigeants "ont pris des mesures pour se dissocier d'Intellexa", société connue pour son logiciel de piratage "Predator"

WASHINGTON (Reuters) — L’administration du président des États-Unis Donald Trump a levé les sanctions qui visaient trois dirigeants liés au consortium de logiciels espions Intellexa, selon une note publiée sur le site web du Trésor américain.
Cette décision annule en partie les sanctions prononcées l’an dernier à l’encontre de sept personnes liées à Intellexa par l’administration de l’ancien président Joe Biden. À l’époque, le département du Trésor avait décrit ce consortium, créé par l’ancien responsable des services de renseignement israéliens Tal Dilian, comme « un réseau international complexe d’entreprises décentralisées ayant conçu et commercialisé une suite complète de logiciels espions hautement invasifs ».
Dans un courriel, le Trésor a fait savoir que cette suppression « s’inscrivait dans le cadre du processus administratif normal en réponse à une demande de réexamen », ajoutant que chacune des personnes concernées avait « mis en oeuvre des mesures pour se dissocier du consortium Intellexa ».
Les représentants d’Intellexa n’ont pas répondu aux demandes de commentaires envoyées par e-mail au sujet de cette information.
D’après la note, les sanctions ont été levées pour Sara Hamou, accusée par le gouvernement américain d’avoir fourni des services de gestion à Intellexa, Andrea Gambazzi, dont la société, selon Washington, aurait détenu les droits de distribution du logiciel espion Predator, et Merom Harpaz, présenté par les autorités américaines comme l’un des principaux dirigeants du consortium.
Gambazzi, Hamou et Harpaz n’ont pas immédiatement répondu aux messages qui leur ont été envoyés, directement ou à leurs représentants. Dilian, qui figure toujours sur la liste des sanctions, n’a pas répondu aux messages lui demandant de commenter cette information.
Le logiciel phare du consortium Intellexa, « Predator », est au cœur d’un scandale concernant la surveillance présumée d’un journaliste, d’une grande figure de l’opposition et de dizaines d’autres personnes en Grèce. En 2023, un collectif de médias d’investigation a révélé que le gouvernement vietnamien avait tenté de pirater des membres du Congrès américain à l’aide des outils d’Intellexa.
Dilian, qui a déjà nié toute implication ou faute dans l’affaire grecque, n’a pas commenté publiquement les tentatives de piratage visant des élus américains.
Dans sa vague initiale de sanctions, en mars de l’an dernier, le gouvernement américain avait accusé Intellexa de favoriser « la prolifération des logiciels espions commerciaux et des technologies de surveillance » auprès de régimes autoritaires, affirmant que son logiciel avait également été utilisé « pour surveiller secrètement des responsables gouvernementaux américains, des journalistes et des experts en politique ».







