L’Allemagne cherche à poursuivre plus d’une dizaine de criminels de guerre nazis
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L’Allemagne cherche à poursuivre plus d’une dizaine de criminels de guerre nazis

Les procès d'une femme de 96 ans et d'un homme de 100 ans doivent commencer cet automne ; neuf autres enquêtes sont en cours, ainsi que six autres enquêtes préliminaires

Le procureur général Thomas Will, chef de l'Office central des administrations judiciaires de l'État pour l'enquête sur les crimes nationaux-socialistes, se tient parmi les dossiers utilisés pour le travail de l'Office central à l'antenne des Archives fédérales de Ludwigsburg. (Crédit : Sebastian Gollnow/picture alliance via Getty Images via JTA)
Le procureur général Thomas Will, chef de l'Office central des administrations judiciaires de l'État pour l'enquête sur les crimes nationaux-socialistes, se tient parmi les dossiers utilisés pour le travail de l'Office central à l'antenne des Archives fédérales de Ludwigsburg. (Crédit : Sebastian Gollnow/picture alliance via Getty Images via JTA)

BERLIN (JTA) – Alors que l’Allemagne s’apprête à juger un homme de 100 ans pour crimes de guerre nazis, les procureurs de plusieurs États allemands ont annoncé qu’ils enquêtaient sur plus d’une dizaine d’autres suspects.

La plupart des cas concernent des gardiens de camps de concentration qui pourraient être accusés de complicité de meurtre à la suite de la condamnation sans précédent d’Ivan Demjanjuk à Munich en 2011. Demjanjuk a été reconnu coupable de complicité dans les meurtres de près de 30 000 Juifs dans le camp de la mort de Sobibor, dans la Pologne occupée par les nazis.

Selon les médias allemands, les procès doivent déjà commencer cet automne dans deux affaires : une femme de 96 ans comparaîtra devant le tribunal régional d’Itzehoe, dans le Schleswig-Holstein, et un homme de 100 ans sera jugé par le tribunal régional de Neuruppin, dans l’ancien État est-allemand du Brandebourg.

Parallèlement, neuf enquêtes sont en cours et il y a six autres enquêtes préliminaires, a déclaré au magazine Der Spiegel, Thomas Will, chef de l’Office central d’enquête sur les crimes nationaux-socialistes, basé à Ludwigsburg. Il n’y a pas de délai de prescription pour le meurtre et la complicité de meurtre.

Thomas Walther, un avocat qui a représenté les co-plaignants dans le procès Demjanjuk et qui ferait de même dans ce procès, a déclaré dans une récente interview au journal Tagesspiegel que ses clients, des survivants de la Shoah, sont aussi âgés que les accusés et n’ont jamais abandonné l’espoir d’obtenir justice.

Après l’inculpation de l’homme de 100 ans au début de l’année, le vice-président du Comité international d’Auschwitz, Christoph Heubner, a déclaré au journal télévisé de RBB que « pour les survivants âgés… ce procès est aussi un exemple important qui prouve que la justice ne connaît pas de date d’expiration et que la poursuite judiciaire des criminels SS ne doit pas s’arrêter malgré leur âge avancé. »

John Demjanjuk crie son innocence alors qu’il est conduit devant le banc du juge d’un tribunal de Jérusalem, le 18 avril 1988. (Crédit : AP Photo/Max Nash)

L’accusé, dont le nom n’a pas été rendu public, a été jugé médicalement apte à subir son procès jusqu’à 2,5 heures par jour, selon le journal Welt am Sonntag.

Il est accusé d’avoir été complice, en toute connaissance de cause, de 3 518 meurtres commis dans l’ancien camp de concentration de Sachsenhausen, à l’extérieur de Berlin, où il aurait été gardien de 1942 à 1945. Il aurait participé à la fusillade de prisonniers de guerre soviétiques en 1942 et aurait aidé à l’assassinat d’autres prisonniers avec le gaz toxique Zyklon B.

Au moins un autre cas implique un ancien gardien du même camp. Les enquêteurs n’ont pas encore déterminé s’il est en assez bonne santé pour être jugé.

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