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L’ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, demande une enquête nationale sur le 7-Octobre

Cette commission, a-t-il dit, devra être dirigée par des professionnels et "offrir une vue d'ensemble ; elle doit pouvoir raconter toute l'histoire et décider des mesures à prendre pour que cela ne se reproduise plus"

L'ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, s'exprime lors de la conférence Cyber Week 2025 de l'université de Tel Aviv, le 9 décembre 2025. (Crédit : Dror Sithakol)
L'ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, s'exprime lors de la conférence Cyber Week 2025 de l'université de Tel Aviv, le 9 décembre 2025. (Crédit : Dror Sithakol)

L’ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, a appelé le gouvernement à établir une commission d’enquête nationale sur les défaillances qui ont entouré le pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, dans ce qui a été son tout premier discours public depuis qu’il a quitté ses fonctions, au mois de juin dernier.

S’exprimant lors de la conférence Cyber Week 2025 de l’université de Tel Aviv, il s’est focalisé sur deux thèmes : la responsabilité et l’importance d’assumer ses erreurs.

Il a commencé son discours en évoquant deux victimes du 7 octobre : la sergente Ofir Shoshani, qui était commandante dans le corps des renseignements de Tsahal et qui avait été assassinée chez elle au kibboutz Kfar Aza, et Hersh Goldberg-Polin, qui avait été enlevé lors du festival de musique Nova et qui avait été assassiné pendant sa captivité.

Il a expliqué qu’il cherchait à rappeler à son auditoire les êtres humains qui finissaient par disparaître derrière les statistiques dans la mesure où « ce n’est qu’en les regardant qu’on comprend le sens de ce qu’est la responsabilité, et qu’on comprend ce qui est le prix à payer quand on commet des erreurs, qu’il y a des échecs ».

« Lorsque nous déjouons une attaque, nous ne pouvons qu’imaginer ceux que nous avons potentiellement sauvés – mais lorsque nous ne parvenons pas à empêcher un massacre, nous voyons de nos propres yeux le visage de ceux qui ont été tués », a-t-il dit.

« Le sens de la responsabilité est infinie : on ne peut pas la dissoudre, on ne peut que l’assumer. Et dans le leadership, il vaut mieux assumer la responsabilité des échecs que s’attribuer le mérite des réussites, » a noté Bar, qui avait reconnu sa propre responsabilité dans l’incapacité du Shin Bet à prévenir l’attaque sanglante, et ce dès les premières semaines de la guerre contre le Hamas.

Il a affirmé que le véritable leadership « ne se limite pas à assumer la responsabilité de l’échec. Il consiste à assumer la responsabilité des réparations nécessaires », et il a souligné que les mesures qui avaient été prises par le Shin Bet, le 7 octobre même, avaient constitué la première étape vers la rectification des erreurs qui avaient été commises.

L’étape suivante, a-t-il expliqué, avait été l’enquête interne qui avait été lancée par l’agence de sécurité sur les échecs du 7 octobre – des investigations qui avaient permis au Shin Bet « d’apprendre à s’améliorer », a-t-il continué.

« Mais la seule façon de mener une enquête approfondie sur cet échec, la seule manière de savoir ce qui s’est réellement passé, de dissiper les complots qui mettent en danger notre existence, d’apprendre ce qu’il faut corriger et de veiller à ce que cela ne se reproduise plus, c’est de mettre en place une commission d’enquête nationale », a-t-il continué.

Il a ajouté que cette commission devait être dirigée par des professionnels et « offrir une vue d’ensemble ; elle doit pouvoir raconter toute l’histoire et décider des mesures à prendre pour que cela ne se reproduise plus ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a refusé la création d’une commission d’enquête nationale, et son gouvernement veut mettre en place ses propres investigations, affirmant qu’une partie importante de la population n’accepterait pas les conclusions d’une enquête nationale traditionnelle.

Revenant au thème d’ouverture de son discours, Bar a noté qu’Ofir et Hersh auraient souhaité une commission d’enquête nationale, que leurs familles en désirent une et que « c’est ce que nos enfants attendent de nous ».

« Parce que », a-t-il dit, « dès l’instant où nous avons décidé de ne pas enquêter sur l’ensemble du système, nous les condamnons en quelque sorte condamnés à revivre le 7 octobre ».

Bar avait quitté son poste en juin après que le cabinet de Netanyahu a voté sa destitution, déclenchant une bataille juridique devant la Haute Cour de justice.

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