L’ancien grand-rabbin séfarade israélien en visite au Venezuela
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L’ancien grand-rabbin séfarade israélien en visite au Venezuela

Après les guerres contre le Hezbollah et le Hamas, la nation sud-américaine a revu à la baisse des liens diplomatiques avec l'Etat juif

Le président vénézuélien Nicolas Maduro le jour des élections au Venezuela, le 20 mai 2018 (Crédit : AFP Photo/Juan Barreto)
Le président vénézuélien Nicolas Maduro le jour des élections au Venezuela, le 20 mai 2018 (Crédit : AFP Photo/Juan Barreto)

JTA — Le président vénézuélien Nicolas Maduro, leader d’extrême-gauche qui a comparé le harcèlement subi par les responsables du gouvernement de son pays et leurs familles qui vivent à l’étranger au traitement des Juifs sous les nazis, a accueilli un éminent rabbin israélien à Caracas, dans un espoir visant à « renforcer la diplomatie de la paix ».

Maduro a rencontré dimanche le rabbin Shlomo Amar, grand-rabbin séfarade d’Israël de 2003 à 2013 et actuel grand-rabbin de Jérusalem.

En 2017, le ministre des Affaires étrangères du Venezuela avait fait part au grand rabbin de son pays de son « désir d’établir de pleines relations avec l’Etat d’Israël », huit ans après que la nation sud-américaine eut expulsé l’envoyé de l’État hébreu.

« J’ai eu une rencontre plaisante et cordiale avec Shlomo Moshe Amar Shlita, grand rabbin séfarade d’Israël, qui m’a apporté sa bénédiction et m’a exprimé ses voeux en faveur de la population du Venezuela », a écrit Maduro sur Twitter.

Plusieurs autres responsables du pays sud-américain ont assisté à la rencontre organisée au palais de Miraflores, parmi lesquels le vice-président Delcy Rodriguez et le ministre des Communications, Jorge Rodríguez. Maduro a remis au rabbin Isaac Cohen, chef spirituel de l’Association israélite du Venezuela et qui vit dans le pays depuis 40 ans, la médaille Libertadoras y Libertadores.

Le grand rabbin sépharade de Jérusalem Shlomo Amar lors de la 15ème conférence annuelle de Jérusalem du groupe ‘Besheva’ , le 12 février 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

En 2017, Cohen avait dit au site d’information AJN en évoquant une éventuelle reprise des liens entre Israël et le Venezuela que « nous avons suggéré de commencer par une période de fréquentation, ce qui signifie par le biais de relations consulaires, avant que nous puissions évoluer vers un mariage – ce qui se traduirait par une nouvelle ambassade israélienne au Venezuela, comme nous l’avons toujours eue ici dans le passé ».

« Je suis un rabbin orthodoxe et sioniste, et c’est pour moi une fierté juive d’avoir le drapeau d’Israël hissé ici, au Venezuela, comme dans n’importe quel autre pays dans lequel il y a une communauté juive. Cela nous apporte la paix et la tranquillité et c’est fondamental ».

En 2006, le gouvernement du Venezuela avait revu ses relations avec l’Etat juif à la baisse après la guerre israélienne contre le Hezbollah. Feu le président Hugo Chavez avait rappelé son ambassadeur après avoir critiqué Israël, affirmant que le pays avait utilisé les « méthodes d’Hitler » contre les civils libanais.

Chavez, le parrain politique de Maduro, employait souvent une rhétorique antisémite pour rejeter les critiques faites sur la profonde crise financière traversée par son pays et les accusations de corruption.

Maduro a expliqué, au début de l’année, que les rassemblements de l’opposition à Caracas rappelaient ceux qui avaient marqué l’ascension du nazisme et du fascisme dans l’Europe qui avait précédé la Seconde Guerre mondiale.

« Nous sommes les nouveaux Juifs du 21e siècle qu’Hitler avait poursuivis », avait-il dit. « Nous ne portons pas l’étoile jaune, nous avons des coeurs rouges remplis du désir de combattre au nom de la dignité humaine. Et nous allons les vaincre, ces nazis du 21e siècle ».

A young Jewish boy reads from the Torah during his Bar Mitzvah in Magen David synagogue in Caracas, Venezuela, in 2005. (photo credit: Serge Attal/Flash90)
Un jeune garçon juif lit la Torah lors de sa Bar Mitzvah dans la synagogue Magen David de Caracas, au Venezuela, en 2005. Illustration. (Crédit : Serge Attal/Flash90)

Le Venezuela compte environ 9 000 Juifs, contre 25 000 en 2009. De nombreux Juifs sont partis, principalement pour la Floride et pour Israël, en raison d’un climat social et financier qui n’a cessé de se détériorer et d’un environnement antisémite croissant établi sous les régimes de Chavez et de Maduro.

Amar, ultra-orthodoxe, a suscité la controverse en Israël après avoir déclaré l’an dernier que les Juifs réformés étaient pires que les négationnistes parce qu’ils désobéissaient à la loi juive sur la séparation des sexes et qu’ils insistaient sur leur droit à un site de prière mixte au mur Occidental. Il avait également qualifié « d’abomination » l’homosexualité en 2016.

Il y a dix ans, Amar avait prôné avec force la suppression de la clause de conversion de la Loi du retour israélienne, une démarche qui aurait empêché tous les Juifs convertis de bénéficier de tous les droits à la citoyenneté en Israël.

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