L’armée emploierait à son insu des réfractaires haredim au service militaire
Un reportage de la radio militaire a laissé entendre que ces jeunes ultra-orthodoxes étaient chargés de préparer les bases militaires en vue de Pessah ; Tsahal a indiqué que des investigations allaient être lancées

L’armée israélienne a fait savoir qu’elle va ouvrir une enquête suite à la diffusion d’un reportage de la radio militaire qui a laissé entendre que des réfractaires au service militaire ultra-orthodoxes étaient employés par ses soins pour préparer les bases militaires en vue de la fête de Pessah.
Selon la station de radio, Tsahal aurait embauché cette main-d’œuvre par l’intermédiaire d’entreprises externes, et ce sans vérifier leur statut juridique. Certains de ces étudiants de yeshiva feraient l’objet de mandats d’arrêt. Dans une déclaration faite à la radio militaire, l’armée israélienne a expliqué qu’elle « considère cette affaire avec gravité », ajoutant qu’elle va « l’examiner ».
« Nous notons qu’aucun détail n’a été fourni concernant des cas spécifiques. Si l’existence de tels cas venait à être révélée, ils seraient évidemment traités », a poursuivi Tsahal, tandis que le ministère de la Défense s’est contenté, pour sa part, de déclarer que « ces affirmations seront examinées ».
Environ 80 000 jeunes haredim, selon les estimations, sont éligibles au service militaire – mais ne se sont pas enrôlés. Tsahal a affirmé avoir un besoin urgent de 12 000 recrues en raison des pressions exercées sur les forces permanentes et sur les réservistes par la guerre qui a été menée contre le Hamas à Gaza et autres défis militaires.
Jusqu’à 80 % des Israéliens classés comme réfractaires à la conscription sont issus de la communauté ultra-orthodoxe, a annoncé devant les députés, le mois dernier, le général de brigade Shay Tayeb, le chef de la division de la Planification et de la gestion du personnel au sein de l’Administration en charge des ressources humaines de Tsahal.
Selon le bureau du procureur général, 75 675 Israéliens ont été désignés comme réfractaires ou ont reçu un « Tzav 12 », un ordre qui leur interdit de quitter le pays et qui les rend susceptibles d’être arrêtés à l’occasion d’un simple contrôle de police.
Au cours des deux dernières années, les responsables haredim ont exercé des pressions en faveur de l’adoption d’une loi excluant leurs électeurs de l’armée israélienne, après que la Cour suprême a jugé illégales les exemptions dont ils ont pu bénéficier au fil des décennies.







