Le directeur d’Apple parle hébreu lors d’une conférence sur l’antisémitisme
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Le directeur d’Apple parle hébreu lors d’une conférence sur l’antisémitisme

Le géant des technologies a cité un passage du Lévitique pour expliquer pourquoi son entreprise a voulu s'exprimer au nom des groupes pris pour cible

Le directeur-général d'Apple Tim Cook lors du sommet 'Never is Now' de l'ADL à New York City, le 3 décembre 2018 (Crédit : ADL)
Le directeur-général d'Apple Tim Cook lors du sommet 'Never is Now' de l'ADL à New York City, le 3 décembre 2018 (Crédit : ADL)

NEW YORK (JTA) — Le directeur d’Apple, Tim Cook, a répété l’engagement de sa compagnie en faveur du combat contre les haines et il a recouru à une phrase en hébreu pour cela.

Cook a invoqué une phrase extraite du Lévitique (19:16) dans sa langue originale, lors d’un sommet consacré à l’antisémitisme et à la haine organisé lundi par l’ADL (Anti-Defamation League), intitulé « Never Is Now ».

« Lo taamod al dam reeikha » : « Tu ne seras pas indifférent au sang de ton prochain », a dit Cook après avoir reçu le prix du Courage contre la haine remis par l’ADL.

Cook, qui n’est pas juif, a déclaré dans son discours que cette obligation biblique amenait Apple à prendre position au nom des groupes ciblés par les haines, notamment les immigrants et la communauté LGBT.

« Cela nous amène à ne pas rester spectateurs alors que la haine tente de s’implanter dans le monde numérique », a-t-il expliqué.

Cook a fustigé les politiques d’immigration de tolérance zéro mises en place par Donald Trump, les qualifiant « d’inhumaines » et s’est exprimé publiquement sur sa fierté d’être homosexuel.

Le leader d’Apple a pris la parole lors de la 3ème édition du sommet annuel « Never Is Now », consacré aux sujets de l’antisémitisme et de la haine dans le monde contemporain. Cette conférence qui a duré une journée a attiré environ 1 300 personnes qui ont assisté à des allocutions sur les sujets de l’antisémitisme sur les campus américains, les politiques d’immigration, la diversité au sein de la communauté juive et les forces qui sont aujourd’hui le moteur de l’antisémitisme.

Deborah Lipstadt (Crédit : Autorisation de l’Université Emory)

Lors d’une session de travail, dans la matinée, il a été demandé à l’historienne Deborah Lipstadt si les Juives devaient prendre part à la Women’s March — dont certaines dirigeantes ont été fustigées pour leur proximité avec le chef du mouvement Nation of Islam Louis Farrakhan, ou pour ne pas être parvenues à prendre leurs distances face à lui en dépit de ses messages sectaires.

« Non », a répondu Lipstadt, qui est professeure d’histoire juive moderne et d’études de la Shoah à la Emory University. Farrakhan, a-t-elle rappelé, a assimilé les Juifs à des termites.

« Et que fait-on avec les termites ? », a-t-elle demandé. « On les extermine. Si je me trouve aux côtés de quelqu’un qui m’appelle un ‘termite’, je ne défile pas avec lui ».

Cook a évoqué également la fusillade de Pittsburgh, au mois d’octobre, au cours de laquelle un homme armé a tué 11 fidèles dans la synagogue Tree of Life.

« Nous avons observé cette année les maux obstinés et constants de l’antisémitisme, de la violence et de la haine obscurcir les rues de Pittsburgh et de tant d’autres endroits », a-t-il dit. « Et pourtant, en même temps, nous voyons de plus en plus de gens ouvrir les yeux et se lever, et parler pour défendre une société dans laquelle nous sommes tous liés par les valeurs que nous avons en commun ».

Cook a cité les politiques mises en oeuvre par son magasin de musique en ligne, iTunes, qui interdit les contenus à thème suprématiste blanc ou les théories du complot violentes comme exemple de son engagement à lutter contre la haine.

« Au sein d’Apple, nous n’avons pas peur de dire que nos valeurs sont à l’origine de nos décisions de conservation. Et pourquoi devrions-nous être effrayés ? », a-t-il continué.

Des sites de réseaux sociaux, et notamment Twitter et Facebook, ont été fustigés pour leur manque d’initiatives pour lutter contre les contenus haineux sur leurs plateformes. Sous l’impulsion de Cook, Apple, ces derniers mois, s’est efforcé de prendre ses distances face aux géants des réseaux sociaux, disant que l’entreprise gère du matériel informatique et ne dépend pas des revenus de la publicité issus de ses usagers.

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