Israël en guerre - Jour 148

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Le premier voyage Taglit-Birthright depuis le 7 octobre réunit 17 participants

Il y a des changements dans l'itinéraire de 10 jours, avec des projets de bénévolat et des rencontres avec les survivants de l'assaut barbare

Le premier groupe de Birthright Israel à venir en Israël depuis le 7 octobre en présence du guide Duby Langberg, au sommet du mont Tabor, au mois de janvier 2024. (Autorisation)
Le premier groupe de Birthright Israel à venir en Israël depuis le 7 octobre en présence du guide Duby Langberg, au sommet du mont Tabor, au mois de janvier 2024. (Autorisation)

Dans un hôtel de Tibériade, au deuxième jour de l’année 2024, le tout premier groupe amené au sein de l’État juif par Taglit-Birthright Israel depuis le massacre du 7 octobre a été accueilli par des familles déplacées originaires du nord du pays.

Alors qu’ils se faisaient enregistrer à la réception de l’hôtel avec l’organisateur du voyage, Tailor Made, ce sont 17 jeunes Américains qui ont été salués avec un enthousiasme certain par les Israéliens qui ont été évacués de leurs habitations suite au massacre commis par les terroristes du Hamas et leurs complices et suite aux tensions avec le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, dans les villes et communautés situées à la frontière avec le pays du Cèdre. Certains participants ont passé plusieurs heures à discuter avec les familles, explique Jared Waters, agent de voyage.

« Voir les Israéliens déplacés dialoguer avec les participants et les accueillir avec chaleur est quelque chose que je n’oublierai jamais », confie Waters au Times of Israel.

« Les participants voient les choses de leurs propres yeux, pas par le biais des journaux d’information », ajoute Waters, qui est chargé de recruter les jeunes qui participeront aux voyages organisés par Hillel International Birthright.

« C’est un séjour Birthright classique mais nous sommes aussi en période de guerre et nous nous trouvons donc dans un hôtel avec des réfugiés », continue Waters, qui retournera aux États-Unis avec le reste du groupe le 12 janvier prochain.

Le groupe a passé trois nuits dans un hôtel de Tibériade. Il passera Shabbat au kibboutz Degania Bet, à proximité du lac de Tibériade. L’itinéraire prévoit aussi une visite de Masada et un déplacement à la mer Morte. Au menu aussi des visites au mur Occidental et dans d’autres sites de Jérusalem et de Tel Aviv.

Les participants au voyage Birthright Israel trip organisé par Tailor Made au mois de janvier 2024. (Autorisation)

Treize semaines après que 3 000 terroristes du Hamas ont franchi la frontière avec Gaza, tuant 1 200 personnes dans les communautés du sud d’Israël, les bus portant la marque familière de Birthright ont refait leur apparition sur les routes de tout le territoire.

Malgré les tensions entraînées par la guerre, les participants et les responsables qui ont été interrogés par le Times of Israel affirment que cette expérience les aide à mieux intégrer ce qui s’est passé le 7 octobre – et la guerre qui a suivi.

« Aux États-Unis, les étudiants n’ont pas l’opportunité d’être aussi ouverts avec leurs interlocuteurs ou de s’exprimer comme ils voudraient le faire », commente Duby Landberg, guide touristique âgé de 46 ans.

Également au programme de ce séjour, les participants devraient rencontrer un survivant du carnage qui avait eu lieu au festival Supernova, le jour de l’assaut meurtrier lancé par le Hamas. Toutefois, les atrocités perpétrées le 7 octobre et la guerre qui oppose actuellement Israël et le Hamas sont d’ores et déjà des sujets de conversation quotidiens, reconnaissent les jeunes et leurs accompagnants.

« Il faut avoir du courage pour faire ça, pour venir ici en période de guerre et c’est quelque chose qui est étonnant à mes yeux », s’exclame Langberg.

Le voyage Birthright de Langberg, qui avait commencé en 2005, est unique. Après avoir servi de médecin pendant 15 voyages, il a obtenu son accréditation en tant que guide touristique et c’est à ce titre qu’il a participé à cinq séjours avant la guerre.

« C’est un groupe qui veut comprendre, apprendre, créer des liens comme aucun autre », note Langberg, connu pour ses airs joués à la flûte et pour les séances de méditation qu’il organise pendant ses séjours.

Depuis 1999, ce sont plus de 850 000 Juifs venus de l’étranger qui ont pu découvrir Israël lors de voyages éducatifs gratuits.

Le groupe Birthright Israel au mois de janvier 2024. (Autorisation)

Chaque année, plusieurs milliers d’Israéliens d’un âge similaire à celui des participants venus de la Diaspora rejoignent les déplacements en bus des groupes Taglit-Birthright pendant plusieurs jours. Souvent, il s’agit de soldats israéliens qui sont issus de la même unité militaire.

Waters et le groupe ont atterri en Israël et ils ont rencontré Langberg mardi. Le groupe est le premier à arriver au sein de l’État juif et d’autres devraient suivre son exemple dans les semaines à venir, commente Noa Bauer, vice-présidente du marketing de Taglit-Birthright.

« La décision de reprendre les voyages Taglit-Birthright a été prise après une minutieuse réflexion. La sécurité de nos participants est la priorité absolue », explique Bauer au Times of Israel.

L’organisation s’attend à accueillir plusieurs centaines de participants, cet hiver, et elle commence aussi à faire la publicité de ses séjours estivaux, qui suscitent généralement des milliers d’inscriptions, dit Bauer.

« Rencontrer les participants qui viennent tout juste d’arriver a été la preuve de la force et de la résilience des jeunes Juifs de la Diaspora ainsi que la confiance portée dans la marque Birthright Israel, une confiance que nous ne tenons jamais pour acquise », indique-t-elle.

À cause de la guerre, les voyages ne passeront pas par la région qui entoure la bande de Gaza. Les années précédentes, certains groupes s’étaient rendus dans des fermes expérimentales ainsi que sur des sites du Fonds national juif (KKL/JNF) dans la région. Ils avaient notamment découvert une aire de jeux souterraine qui fait aussi office d’abri antiaérien à Sderot. La ville est située à seulement 2,5 kilomètres de Gaza.

« J’ai ressenti un ancrage »

Être physiquement en Israël en cette période de guerre est une expérience indescriptible, affirment plusieurs participants.

« Je ne pourrais pas être plus heureux de participer à un séjour Birthright. En particulier en ce moment. Je vois les regards s’éclairer quand les gens nous rencontrent. C’est presque comme si nous leur donnions de l’espoir et c’est véritablement quelque chose de très beau à vivre », s’exclame Noah Isaac Solomon.

Noah Isaac Solomon et ses frères lors de leur voyage Birthright, au mois de janvier 2024. (Autorisation)

« C’est aussi un sentiment incroyable de voir enfin cette Terre que mes deux frères ont voulu défendre quand ils ont pris la décision de servir dans l’armée », ajoute Solomon, qui est âgé de 24 ans.

« Aujourd’hui, nous avons aidé un cultivateur à récolter ses fruits », raconte le jeune homme au Times of Israel. « Et soudainement, je me suis senti bien. Je regardais les montagnes, je respirais l’air frais, j’étais là, en train d’aider un agriculteur… J’ai ressenti un ancrage », dit Solomon, qui est étudiant à l’Atlanta Technical College.

Les parents juifs des jeunes adultes en âge de participer à un voyage Birthright ont exprimé toute une gamme d’émotions à l’idée d’envoyer leurs enfants en Israël en cette période de guerre, selon une participante.

« J’étais inquiète d’une possible annulation du séjour mais quand nous avons découvert que le voyage était maintenu, mes parents ont soutenu avec beaucoup d’enthousiasme la perspective de mon départ », dit Sarah Kitchner, étudiante à la Suffolk University de Boston, au Times of Israel.

« Mes parents ont clairement établi que c’était mon devoir de partir pour Israël et de montrer mon soutien », ajoute-t-elle.

« L’excitation immédiate que nous avons suscitée lorsque nous sommes d’abord descendus de l’avion, à l’aéroport, m’a donné le sentiment que j’étais réellement accueillie avec joie dans ce pays. Tout le monde a commencé à applaudir, à chanter et le stress et la peur que je pouvais ressentir ont immédiatement disparu », poursuit Kitchner.

Sarah Kitchner, participante au voyage Birthright du mois de janvier 2024. (Autorisation)

Pour Landberg, le guide touristique, les trois premiers jours du voyage ont été « une étincelle de lumière dans une période obscure ».

« Être avec les miens »

Pour Max Leibowitz, 23 ans, ce séjour en Israël dépasse toutes les espérances.

« C’est la première fois que je viens ici et c’est très exactement ce que j’espérais au plus profond de moi-même », confie Leibowitz au Times of Israel.

« Un grand nombre des membres de ma famille et de mes amis ressentaient beaucoup d’anxiété à l’idée que je vienne en ce moment, mais je ne me suis pas laisser dissuader. Je voulais venir ici, pour être avec les miens, depuis quelques années maintenant – depuis que j’ai commencé à me rapprocher réellement de mes origines juives et de ma religion », explique Leibowitz, qui est étudiant à la Rutgers University.

Au troisième jour de son séjour, Leibowitz a aidé à récolter des pamplemousses et il s’est improvisé livreur de commissions dans le cadre de l’engagement pris par Birthright de proposer des projets de bénévolat de premier plan aux jeunes participants.

« Les activités auxquelles nous avons pris part m’ont permis de m’ancrer dans le pays et elles m’ont donné un aperçu réel du style de vie étonnant qu’il y a ici, en Israël, et dont il est impossible de prendre conscience sans être là », raconte Leibowitz.

Max Leibowitz, participant au voyage Birthright du mois de janvier 2024. (Autorisation)

« Nous tous qui participons aujourd’hui à ce voyage, nous soutenons Israël et nous avons tous eu le sentiment qu’il était nécessaire de venir à ce moment charnière pour montrer aux nôtres qu’ils ne seront jamais seuls ; que peu importe notre éloignement aux quatre coins du monde, nous sommes conscients de ce qui est en train d’arriver », continue Leibowitz.

Citoyen israélien en charge du recrutement pour les voyages Birthright en Nouvelle-Angleterre, Waters veut que les participants puissent partager ce qu’ils ont vécu dans les meilleurs délais, dit-il.

« Je veux vraiment qu’ils emportent avec eux cette expérience, ce morceau de vie passé en Israël pendant cette période particulièrement difficile », explique-t-il. « Je veux que quand ils raconteront ce qu’ils ont vécu sur leur campus, ils puissent raconter l’histoire d’Israël à des millions de personnes ».

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