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Analyse

Le rôle des Juifs dans les élections générales du 4 juillet au Royaume-Uni

Autrefois gangrené par l’antisémitisme, un Labour assaini semble prêt à détrôner les Tories ; des opposants anti-Israël pourraient siphonner les voix du modéré Keir Starmer

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak (à droite) et le chef du Parti travailliste Keir Starmer traversent le hall des pairs pour assister à l’ouverture du Parlement, au Palais de Westminster à Londres, le 7 novembre 2023. (Crédit : Alastair Grant/AP)
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak (à droite) et le chef du Parti travailliste Keir Starmer traversent le hall des pairs pour assister à l’ouverture du Parlement, au Palais de Westminster à Londres, le 7 novembre 2023. (Crédit : Alastair Grant/AP)

LONDRES – Les élections législatives britanniques ont officiellement débuté avec la dissolution du Parlement le 30 mai et le Parti travailliste de l’opposition semble en passe de décrocher la victoire avec une marge potentiellement écrasante aux élections du 4 juillet.

Dans les sondages, le Parti travailliste devance le Parti conservateur au pouvoir d’environ 20 points. Si ces écarts se réduisent parfois à l’approche des élections – en 2017, l’avance considérable de Theresa May dans les sondages a été réduite à quelques points lors du résultat final – les conservateurs ont des précédents historiques embarrassants.

Comme l’a écrit l’expert en sondages Lewis Baston dans une analyse sombre pour Rishi Sunak, l’actuel Premier ministre, il n’est arrivé que deux fois dans l’histoire moderne – en 1970 et en février 1974 – qu’un parti remporte une élection alors qu’il était en queue du classement dans les sondages au moment de l’annonce de la tenue du scrutin. L’écart n’a jamais été aussi grand que les 20 % auxquels les conservateurs, au pouvoir depuis 14 ans, sont actuellement confrontés.

Sunak semble néanmoins convaincu qu’une reprise apparente de l’économie – avec un retour de l’inflation à des niveaux proches de la normale le jour où il a donné le coup d’envoi de l’élection – pourrait contribuer à réduire l’énorme avance du parti travailliste. Il sait également que le leader travailliste Keir Starmer a un long chemin électoral à parcourir. La défaite écrasante subie par le Parti travailliste sous la direction de son prédécesseur d’extrême gauche, Jeremy Corbyn, lors des élections générales de décembre 2019, a laissé le parti dans une situation telle qu’il a désormais besoin d’un regain de soutien sans précédent pour obtenir ne serait-ce qu’une majorité d’une voix à la Chambre des communes.

En outre, comme l’a noté la semaine dernière James Johnson, ancien sondeur de Theresa May, près d’un électeur sur six se déclare indécis. Selon ses enquêtes, ces indécis sont largement plus conservateurs sur le plan social que l’ensemble des électeurs. Ils pourraient donc représenter un réservoir de voix dans lequel les conservateurs pourraient puiser, malgré la concurrence de Reform UK, un parti populiste de droite issu du Brexit Party de Nigel Farage.

Cela dit, Starmer reste le favori pour former le prochain gouvernement à Buckingham le 5 juillet. Baston écrit : « Il faudrait un retournement de l’opinion publique absolument sans précédent dans l’histoire britannique pour que les conservateurs de Sunak soient encore au gouvernement le 6 juillet. »

Quel rôle les électeurs juifs britanniques joueront-ils dans ces élections, et comment la campagne et ses résultats pourraient-ils les affecter ?

Une femme quitte un bureau de vote après avoir voté aux élections locales de Londres, le 2 mai 2024, considérées comme un indicateur avant les élections générales britanniques du 4 juillet, dont tous les indicateurs montrent que le Parti conservateur sera chassé du pouvoir après 14 ans. (Credit : Kin Cheung/AP)

Où le « vote casher » pourrait-il jouer un rôle ?

La communauté juive de Grande-Bretagne est relativement peu nombreuse, ce qui limite son pouvoir électoral. Les électeurs juifs sont toutefois regroupés dans une poignée de circonscriptions, souvent marginales. La « ceinture de bagels » du nord de Londres comprend Finchley et Golders Green – où environ un électeur sur cinq est juif, soit la plus forte concentration du pays, ainsi que les circonscriptions voisines de Hendon et Chipping Barnet. Ces trois sièges sont actuellement détenus par les Tories, et le parti travailliste les convoite tous.

Ailleurs dans la capitale, des circonscriptions comme Harrow East, Hampstead and Kilburn et Ilford North comptent un nombre significatif d’électeurs juifs. En dehors de Londres, les électeurs juifs pourraient influer sur les résultats dans des circonscriptions telles que Hertsmere, représentée par le vice-premier ministre Oliver Dowden, Bury South, dans le nord-ouest de l’Angleterre, et East Renfrewshire, une banlieue aisée de Glasgow où se trouve la plus grande communauté juive d’Écosse.

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak assiste à un événement de la campagne électorale conservatrice à Stanmore, Londres, le 26 mai 2024. (Crédit : Chris Ratcliffe/AP)

Un baromètre électoral

Autrefois solidement travailliste, notamment lors des élections générales de 1945 où les districts à forte population juive ont massivement soutenu Clement Attlee et sa première majorité travailliste, le « vote juif » est devenu moins homogène au fil du temps. D’importants changements démographiques ont entraîné un relâchement des anciennes allégeances politiques. Pendant un certain temps, les électeurs juifs ont reflété le vote national.

Dans les années 1960, Harold Wilson, Premier ministre travailliste résolument pro-Israël, a séduit de nombreux Juifs. Lorsque le pays a basculé à droite dans les années 1970, les Juifs ont soutenu les Tories de Margaret Thatcher. Cette dernière, proche alliée de la communauté et fervente partisane d’Israël, a représenté Finchley au Parlement pendant plus de 30 ans.

Mais lorsque la Grande-Bretagne est revenue aux travaillistes sous la direction de Tony Blair en 1997, les circonscriptions à forte population juive ont basculé vers le parti avec des écarts plus importants que la moyenne. Et en 2010, lorsque la Grande-Bretagne a élu son premier
« parlement sans majorité » depuis les années 1970, les électeurs juifs étaient également divisés, présentant de nombreuses caractéristiques similaires à celles du pays dans son ensemble. Les hommes juifs, les personnes mariées, les plus de 60 ans et les travailleurs indépendants étaient tous plus susceptibles de voter pour les Conservateurs.

L’ancien leader du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn (au centre) rejoignant des partisans pro-palestiniens et anti- Israël se préparant à défiler dans le centre de Londres, le 18 mai 2024. (Crédit : Benjamin Cremel/AFP)

Les années Miliband-Corbyn

Paradoxalement, les électeurs juifs se sont éloignés des travaillistes lorsque le parti a été dirigé par Ed Miliband, le premier juif à la tête du parti après la perte du pouvoir du groupe en 2010. La tendance gauchiste de Miliband s’est avérée électoralement désastreuse pour le Labour. Lors des élections générales de 2015, le Premier ministre sortant David Cameron, qui avait dû partager le pouvoir avec les libéraux-démocrates centristes, a obtenu la première majorité parlementaire des conservateurs depuis 1992 après une cuisante défaite de Miliband.

La politique de gauche modérée de Miliband s’est avérée particulièrement peu attrayante pour de nombreux électeurs juifs. Sous sa direction, le parti est devenu très critique à l’égard d’Israël pendant la guerre de 2014 contre le Hamas et, en abandonnant la position équilibrée des anciens Premiers ministres travaillistes Tony Blair et Gordon Brown, il a voté en faveur d’une reconnaissance unilatérale de la Palestine lors d’un vote parlementaire d’octobre 2014. À l’approche des élections générales de 2015, un sondage réalisé par le quotidien Jewish Chronicle a révélé que 69 % des Juifs entendaient voter pour les Tories, et que seulement 22 % d’entre eux soutenaient les travaillistes.

Après la démission de Miliband suite à sa défaite, les relations entre le parti et la communauté juive ont atteint leur point plus bas après l’élection de Jeremy Corbyn, un vétéran de la lutte anti-Israël. Au cours des quatre années suivantes, le Parti a été secoué par une série de scandales antisémites, ce qui a encore érodé le soutien des Juifs. Un sondage réalisé à la veille des élections générales de 2017 révélait que 77 % des Juifs prévoyaient de soutenir les Tories et seulement 13 % les travaillistes.

Sur cette photo d’archives du lundi 27 septembre 2010, Ed Miliband, à gauche, chef nouvellement élu du parti travailliste britannique, embrasse son frère David Miliband, à droite, après le discours de David sur la politique étrangère lors de la conférence annuelle du parti, à Manchester, en Angleterre. (Crédit : Lefteris Pitarakis/AP)

Compte tenu de la faible marge de victoire de l’ancienne Première ministre Theresa May en 2017 – son gouvernement n’est resté au pouvoir qu’avec le soutien du Parti unioniste démocratique (DUP) d’Irlande du Nord –, les électeurs juifs ont peut-être contribué à éviter aux conservateurs d’être prématurément éjectés du pouvoir. Les travaillistes ont réalisé de gros gains à Londres, où l’opposition au Brexit était forte après le référendum sur le Brexit. Mais les Tories ont réussi à s’accrocher dans trois sièges critiques de la « ceinture de bagels » – Finchley et Golders Green, Hendon et Chipping Barnet – bien qu’avec des majorités tronquées.

En 2019, le soutien des Juifs au Parti travailliste s’est encore effondré. Avant les élections, les sondages indiquaient que seuls 7 % d’entre eux prévoyaient de voter pour le parti et près de la moitié ont confié qu’ils
« envisageraient sérieusement » d’émigrer si Corbyn accédait à Downing Street. Compte tenu de l’ampleur de la défaite du parti – le Labour a obtenu son pire résultat depuis 1935 – l’antipathie des Juifs à l’égard de Corbyn a eu peu d’impact direct sur le résultat. Cependant, les relents d’antisémitisme et d’extrémisme qui planaient sur le Parti travailliste au moment des élections ont aliéné un grand nombre d’électeurs non juifs, contribuant ainsi à la défaite retentissante du parti.

Des manifestants anti-Israël agitent des drapeaux et tiennent des pancartes alors qu’ils se rassemblent à l’extérieur lors d’une visite du Premier ministre britannique et chef du Parti conservateur, Rishi Sunak, au Cannock College, à Cannock, dans le centre de l’Angleterre, le 24 mai 2024, pour un événement de campagne à l’approche des élections générales britanniques du 4 juillet. (Credit: HENRY NICHOLLS/AFP)

Un nouveau parti travailliste

Le premier geste de Starmer, lorsqu’il a pris la tête du Parti travailliste en avril 2020, a été de présenter des excuses à la communauté juive. Il a ensuite joint le geste à la parole en mettant en place des procédures disciplinaires plus strictes, en s’attaquant à l’énorme retard accumulé dans les plaintes pour antisémitisme et en opérant un net virage vers le centre. Ces actions ont conduit à l’expulsion ou au départ de nombreux antisémites et des partisans de la gauche dure de Corbyn.

Lorsque l’organisme britannique de surveillance de la lutte contre le racisme, la Commission pour l’égalité et les droits de l’homme (EHRC), a rendu un verdict accablant sur le parti en octobre 2020, Starmer, dont l’épouse est juive, a parlé d’un « jour de honte ».

Starmer a radicalement changé l’attitude du Labour à l’égard d’Israël,
« rétablissant la longue et fière tradition de soutien du Parti travailliste à l’État juif », selon le directeur de Labour Friends of Israel. Il s’est exprimé avec force contre l’antisémitisme antisioniste et la « focalisation obsessionnelle sur le seul État juif du monde. »

Le député travailliste britannique nouvellement élu Chris Webb, à droite, et le leader travailliste Sir Keir Starmer célèbrent au Blackpool Cricket Club, en Angleterre, le 3 mai 2024, après avoir été déclaré vainqueur de l’élection partielle de Blackpool South. (Crédit : Peter Byrne/PA via AP)

La position de Starmer, de tolérance zéro à l’égard de l’antisémitisme, a été saluée par les organisations communautaires juives. Dame Louise Ellman, une députée travailliste juive de longue date qui avait quitté le parti en raison de l’antisémitisme, l’a réintégré et s’est révélée être une avocate convaincue de Starmer. Le leader travailliste a profité de l’une de ses rares nominations à la Chambre des Lords pour y placer Ruth Smeeth, une ancienne jeune députée travailliste également victime d’insultes antisémites.

Une ombre plane néanmoins sur la réputation de Starmer : pourquoi a-t-il choisi de faire partie du cabinet fantôme de Corbyn ? C’est une question à laquelle certains électeurs juifs – et de nombreux électeurs indécis en dehors de la communauté – attendent toujours une réponse de la part du leader travailliste.

Corbyn laissé pour compte

La réponse de Corbyn au rapport de la Commission européenne des droits de l’homme en 2020 – il a affirmé que l’ampleur de l’antisémitisme au sein du parti avait été « dramatiquement exagérée pour des raisons politiques par nos adversaires à l’intérieur et à l’extérieur du parti, ainsi que par une grande partie des médias » – lui a valu d’être expulsé sans ménagement du parti parlementaire. Starmer ne s’est pas empressé de le réintégrer, et Corbyn n’a rien fait pour apaiser les préoccupations suscitées par ses positions d’extrême gauche.

Lors d’une interview télévisée en novembre dernier, par exemple, il a refusé à 15 reprises de qualifier le Hamas de groupe terroriste. Une fois les élections lancées, Corbyn a annoncé qu’il se présenterait en tant qu’indépendant dans sa circonscription d’Islington North. Cette circonscription du nord de Londres est fortement ancrée à gauche et, bien qu’il ne soit pas soutenu par la machine du parti, Corbyn attirera sans aucun doute de nombreux militants pro-palestiniens et d’extrême gauche qui seront ravis de battre le pavé en son nom. Le conflit à Gaza lui fournira une toile de fond idéale.

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak (au centre) et la ministre de l’Éducation Gillian Keegan (au centre à gauche) rencontrant des dirigeants d’universités et des représentants de l’Union des étudiants juifs, à Downing Street, à Londres, le 9 mai 2024. (Crédit : Carl Court/Pool via AP)

Quel sera l’impact de la guerre de Gaza ?

Après le 7 octobre, Starmer s’est résolument prononcé en faveur d’Israël et le Parti travailliste s’est largement rallié à la position du gouvernement. Politiquement, la ligne de Starmer – qui conjugue condamnation du Hamas et soutien aux otages avec des appels à renforcer l’aide humanitaire aux Palestiniens de Gaza – et sa décision de ne pas faire de cette question un enjeu politique trouvent un large écho dans l’opinion publique.

Mais cela ne veut pas dire que la question n’a pas causé à Starmer une série de maux de tête politiques. Le soutien des musulmans au Parti travailliste a fortement chuté. Cela s’est vu lors des élections locales de mai et lors de la victoire du populiste anti-Israël George Galloway dans un scrutin spécial à Rochdale, un siège où près de 27 % des électeurs sont musulmans, en février. Créée au début de l’année, l’organisation Muslim Vote, « pro-démocratie et anti-génocide », ciblera les candidats favorables à Israël.

Les élections locales ont également révélé que la position de Starmer pourrait nuire au Labour dans certaines zones urbaines libérales. Le Green Party (les Verts), qui critique vivement Israël et détient actuellement un siège au Parlement, a obtenu le soutien d’électeurs musulmans et de gauche désabusés. Il a obtenu de bons résultats dans la ville de Bristol, dans le sud-ouest de l’Angleterre, où il espère également reprendre un siège parlementaire au Labour le 4 juillet. Toutefois, l’arrivée de partisans de Corbyn dans les rangs des Verts n’est pas une bénédiction absolue, car des allégations d’antisémitisme commencent maintenant à entacher le parti.

Il est peu probable que le soutien de Starmer à Israël nuise considérablement au Parti travailliste dans son ensemble. La plupart des électeurs musulmans vivent dans des circonscriptions où le parti est déjà largement majoritaire. Les sondages suggèrent que, bien que de nombreux électeurs musulmans considèrent le conflit israélo-palestinien comme une question « très importante » pour décider de leur vote lors des prochaines élections, cette question est moins prioritaire que d’autres préoccupations, plus largement partagées par l’ensemble des Britanniques, telles que le coût de la vie, l’économie et le NHS (Caisse de Santé nationale).

En outre, le soutien à Israël reste plus fort chez de nombreux électeurs plus âgés et plus conservateurs qui ont appuyé le Brexit et vivent dans les circonscriptions du « Red Wall » – traditionnellement travaillistes, mais arrachées au parti par les Tories en 2019 – que Starmer s’efforce de reconquérir.

Un manifestant anti-Israël tient une pancarte indiquant « Sunak soutient le génocide » alors que la police monte la garde à l’extérieur lors d’une visite du Premier ministre britannique et chef du Parti conservateur Rishi Sunak au Cannock College, à Cannock, dans le centre de l’Angleterre, le 24 mai 2024, pour un événement de campagne à l’approche des élections générales britanniques du 4 juillet. (Crédit : HENRY NICHOLLS/AFP)

Les positions travaillistes sur la reconnaissance unilatérale et la CPI

Après avoir soutenu la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien sous Corbyn et Miliband, le Labour a changé de cap sous Starmer. Suite aux décisions unilatérales de l’Irlande, de la Norvège et de l’Espagne la semaine dernière, le Parti travailliste a réitéré la position de Starmer. Toutefois, le ministre des Affaires étrangères fantôme du parti, David Lammy, a suscité des interrogations lorsque – contrairement au gouvernement britannique – il a semblé soutenir la décision de la Cour pénale internationale (CPI) de lancer un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant.

Bye-bye le projet de loi BDS

Les travaillistes et les conservateurs sont tous deux opposés au mouvement BDS, mais ils ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur un projet de loi parlementaire visant à empêcher les organismes publics, tels que les autorités locales et les universités, d’instaurer leurs propres boycotts d’Israël. La décision de Sunak de convoquer les élections signifie que le projet de loi sur l’activité économique des organismes publics, qui progressait lentement au Parlement, rejoindra une série d’autres projets de loi du gouvernement sur le rebut législatif lorsque le Parlement sera dissous.

Des victimes juives de premier plan

Un certain nombre de conservateurs juifs éminents pourraient se retrouver vulnérables si les conservateurs n’arrivent pas à combler leur retard dans les sondages le jour de l’élection. Le membre juif le plus éminent du cabinet, le Secrétaire à la Défense Grant Shapps, est un militant redoutable qui a contribué à mener les Tories à la victoire en 2015 en tant que président du parti. Cependant, sa circonscription de Welwyn Hatfield – qu’il a reprise aux travaillistes en 2005 – apparaît aujourd’hui vulnérable, surtout après les bons résultats obtenus par les travaillistes lors des élections locales de mai. Une autre membre juive du cabinet qui pourrait connaître des difficultés est la secrétaire d’État à la Culture, Lucy Frazer. Elle se présente dans ce qui, selon les sondages, sera un combat à trois dans les circonscriptions d’Ely et d’East Cambridgeshire, dans l’East Anglia.

Et c’est un adieu à…

Le député britannique Mike Freer. (Crédit : Rachel Shawcross)

Certains piliers pro-Israël et/ou appartenant à la communauté juive vont quitter le Parlement à la suite de l’élection. Parmi eux, Mike Freer, ministre conservateur de la Justice, va quitter Finchley et Golders Green. Son départ fait suite à des années de menaces et d’intimidations, liées en grande partie à ses prises de position sur les questions relatives au Proche-Orient. Robert Halfon, ancien ministre juif de l’Éducation, a été directeur politique des Conservative Friends of Israel (Amis conservateurs d’Israël) avant d’entrer au Parlement. Halfon a ravi au parti travailliste le siège de Harlow, dans l’Essex, en 2010, mais il a décidé de ne pas défendre sa majorité de
14 000 voix. L’une des rares députées juives du parti travailliste, Margaret Hodge, très respectée, a décidé de mettre un terme à sa carrière, 30 ans après avoir remporté le siège de Barking, dans l’est de Londres, lors d’une élection partielle en 1994. Margaret Hodge, une modérée convaincue qui a été ministre dans le dernier gouvernement travailliste, est une candidate de choix pour entrer à la Chambre des Lords.

Les sondages indiquent que les rangs des parlementaires juifs travaillistes devraient grossir après le 4 juillet. Dans les circonscriptions de Hendon et Finchley et de Golders Green, le parti a choisi deux candidats juifs compétents et modérés. Si ces sièges marginaux deviennent rouges, il y a fort à parier que Starmer pourrait remporter une victoire très attendue, mais non moins remarquable.

Robert Philpot est écrivain et journaliste. Il est l’ancien rédacteur en chef du magazine Progress et l’auteur de « Margaret Thatcher : The Honorary Jew ».

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