Le styliste John Galliano, totalement réhabilité après ses frasques antisémites
Le Met Museum consacrera sa prochaine grande exposition de mode à l’homme, malgré son passé antisémite – mais sans le cacher ni l'omettre
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Le Metropolitan Museum of Art de New York consacrera sa prochaine grande exposition de mode au créateur britannique John Galliano, dont la carrière avait été interrompue il y a plus de quinze ans après des propos antisémites et racistes devenus viraux.
L’exposition, intitulée « John Galliano: Horizons », sera présentée au Costume Institute du Met de mai 2027 à janvier 2028. Galliano deviendra seulement le troisième créateur vivant à faire l’objet d’une exposition individuelle dans ce prestigieux département du musée new-yorkais.
Le Met a toutefois assuré que l’exposition ne chercherait pas à effacer les aspects controversés de son parcours. « Aux côtés des accomplissements créatifs extraordinaires de Galliano, l’exposition abordera les comportements offensants qui ont profondément transformé sa carrière et la perception publique de son travail », a indiqué l’institution.
John Galliano avait été directeur artistique de la maison Christian Dior pendant près de quinze ans, occupant l’un des postes les plus prestigieux de la mode mondiale. Début 2011, il avait été filmé dans un bar parisien tenant des propos antisémites et racistes, dont une phrase dans laquelle il déclarait « aimer Hitler ». La diffusion de ces images avait provoqué un scandale international.
Le créateur avait été licencié par Dior et condamné en 2011 par la justice française pour injures publiques à caractère racial, religieux, ethnique ou liées à l’origine. Il avait ensuite entamé un long processus de réhabilitation, reconnaissant ses propos et suivant notamment un traitement contre ses addictions.
Son retour dans la haute couture avait eu lieu en 2014, quand il a été nommé directeur artistique de la maison parisienne Maison Margiela, où il est resté pendant une décennie.
Selon le Met, l’exposition sera organisée en trois parties. La première, intitulée « Bearings », reviendra directement sur la rupture provoquée par ses propos antisémites, racistes et anti-asiatiques, ainsi que sur les conséquences judiciaires et professionnelles qui ont suivi. Les deux autres sections exploreront ses inspirations artistiques et son travail de création, notamment son recours à l’histoire, l’art, le spectacle et les techniques artisanales.
La préparation de l’exposition a inclus des échanges avec des représentants de la communauté juive de New York, auxquels ont participé le commissaire Andrew Bolton, John Galliano et Anna Wintour, figure centrale du Met Gala et directrice éditoriale mondiale du magazine Vogue.
L’annonce de l’exposition a également suscité des réactions d’organisations de lutte contre l’antisémitisme. Jonathan Greenblatt, directeur général de l’Anti-Defamation League (ADL), a estimé que John Galliano avait sincèrement travaillé sur les causes de ses dérapages et que ses efforts pour réparer les dommages causés par ses propos devaient être reconnus.
Le documentaire « High & Low – John Galliano », sorti en 2024, revenait notamment sur cette période, décrivant un créateur alors confronté à une forte pression professionnelle et à des problèmes d’addiction.
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