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Les écoles juives françaises sous haute surveillance pour la rentrée

Plus de 3 000 réservistes de la gendarmerie ont été mobilisés autour des quelque 64 000 établissements scolaires dans tout le pays

Des soldats français armés devant l'entrée de l'école juive  'La Source' à Marseille, le 12 janvier 2016. (Crédit : Boris Horvat/AFP)
Des soldats français armés devant l'entrée de l'école juive 'La Source' à Marseille, le 12 janvier 2016. (Crédit : Boris Horvat/AFP)

Plus de douze millions d’élèves français ont effectué jeudi leur rentrée sous haute surveillance, en raison d’un niveau de menace jihadiste jugé « extrêmement élevé » par le gouvernement.

Plus de 3 000 réservistes de la gendarmerie ont été mobilisés autour des quelque 64 000 établissements scolaires du pays, où les élèves faisaient leur retour après deux mois de vacances.

« Toutes les mesures sont mises en oeuvre pour protéger et se donner les moyens d’éviter ce qui pourrait être des attentats », avait déclaré la veille le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, évoquant « un niveau de menaces extrêmement élevé », qui appelle « une vigilance totale et extrême ».

De leur côté, les écoles juives font figure de modèle pour leur niveau de protection et de résilience, rapporte le site de France Inter.

Stéphane Iglesis, correspondant de France Inter, s’est rendu devant les écoles d’Ozar HaTorah devenu Ohr Torah, l’école primaire Gan Rachi et le lycée de l’Ort à Toulouse.

Sur place, il a témoigné du haut degré de protection de ces établissements qui, de l’extérieur apparaissent comme barricadés. « On a un peu l’impression de se retrouver face à des casernes, avec des murs très hauts et des barbelés, » indique le correspondant.

Jonathan Raynaud, directeur des études de l’école Orh Torah a déclaré que des travaux de sécurité ont été réalisés depuis les attentats de Toulouse où Mohammed Merah a tué le rabbin Jonathan Sandler et deux de ses enfants, Gabriel, 3 ans, et Aryeh, 6 ans ainsi qu’une autre petite fille de 8 ans, Myriam Monsonégo en mars 2012.

L’objectif est de « rendre hermétique à toute entrée extérieure », rapporte-t-il. Jonathan Raynaud témoigne également de l’existence d’exercices de sécurité tels que les alertes incendies, comme dans les établissements classiques, mais également des « exercices de mise en sécurité dans un lieu clos ».

De son côté, l’ORT témoigne également d’une sécurité accrue mise en place depuis une quinzaine d’année, au début contre la délinquance, mais aujourd’hui contre les risques d’attentats. Cette sécurité se traduit par la présence d’agents de sécurité, de caméras et d’élévations des mur d’enceinte de l’établissement.

Le parents sont également investis dans la sécurité de l’école à Ohr Torah. Les parents assurent ainsi des permanences volontaires le matin qui sont vigilants à toutes attitudes suspectes.

La France vit depuis plus d’un an et demi sous une menace terroriste d’un niveau inédit, après une série d’attentats revendiqués par l’organisation jihadiste Etat islamique (EI).

Les enseignants font partie des nombreuses cibles de l’EI, notamment en France où le voile est interdit à l’école depuis 2004. En novembre 2015, Dar-al-Islam, sa revue francophone de propagande, appelait à « combattre » et « tuer » les fonctionnaires de l’Education nationale, « des ennemis d’Allah » qui « enseignent la laïcité » et sont « en guerre ouverte contre la famille musulmane ».

Dans ce contexte, des militaires de l’opération « Sentinelle », lancée après les attentats de janvier 2015, patrouillaient jeudi aux abords des écoles des grandes villes et continueront de le faire pendant l’année scolaire.

« Je ne sais pas pourquoi ils sont là », a confié à l’AFP Loubna, 10 ans, en entrant dans son école à Strasbourg (est). « Ça fait peur, ça donne une image terrible aux enfants », ajoutait sa mère Rachida. Une telle présence militaire, le jour de la rentrée, est-elle utile? « Je ne sais pas, je suis mitigée », avouait la mère de famille.

Sur sa page Facebook, le président François Hollande a estimé que « les circonstances » « justifiaient les mesures de sécurité qui ont été prises. »

A Nice (sud-est), où un attentat a fait 86 morts le 14 juillet, les directeurs des écoles ont été dotés par la mairie d’un « bouton d’alerte », un petit boîtier noir permettant d’appeler la police en cas de problème.

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