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Les écoles ouvriront normalement jeudi malgré la menace de grève du syndicat

En raison de la neige, les classes à Jérusalem, dans le nord d'Israël et dans certaines parties de la Cisjordanie, n'auront pas lieu

Illustration : Des élèves de l'école Ramon à Modiin, le 12 octobre 2021 (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
Illustration : Des élèves de l'école Ramon à Modiin, le 12 octobre 2021 (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Le tribunal du travail de Tel Aviv a émis tôt jeudi une ordonnance bloquant les projets de grève du syndicat enseignant pour protester contre les nouvelles règles exemptant les écoliers de quarantaine.

La décision a été rendue après que le gouvernement a déposé une injonction d’urgence contre la grève illégale, appelée par la cheffe du Syndicat des enseignants d’Israël, Yaffa Ben David.

Mercredi soir, Mme Ben David avait appelé les enseignants à ne pas se présenter au travail le lendemain matin pour protester contre les nouvelles règles qui, selon elle, mettront en péril la santé du corps enseignant en permettant aux enfants exposés aux porteurs du coronavirus de continuer à aller à l’école.

L’annonce de Mme Ben David est intervenue peu de temps après que le Premier ministre Naftali Bennett et le ministre de la Santé Nitzan Horowitz ont décidé d’appliquer le plan de la ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton concernant les nouvelles règles de quarantaine, en dépit des appels lancés par les responsables de la santé en faveur d’un report jusqu’à ce que davantage d’informations sur les hospitalisations pédiatriques liées au virus puissent être recueillies.

La secrétaire-générale du Syndicat des enseignants, Yaffa Ben-David, lors d’une commission de l’Éducation,de la culture et des sports au parlement israélien, le 5 août 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cette décision a plongé des centaines de milliers de parents dans l’incertitude quant à la tenue des cours jeudi, la décision n’ayant été rendue que juste avant l’aube.

Les exceptions ont été Jérusalem, le nord d’Israël et certaines parties de la Cisjordanie, où l’école avait déjà été annulée en raison des chutes de neige.

La décision de Mme Ben David a suscité l’opposition, non seulement du gouvernement et des parents, mais aussi des enseignants. « Je pense, encore une fois, que ce n’est pas la bonne décision », a déclaré Smadar Morris, directrice de l’école Nofim à Tel Aviv, à la Douzième chaîne. « Au lieu de travailler ensemble dans une période difficile, au lieu de trouver conjointement des solutions, nous sommes désunis. »

« Je pense que c’est une grande honte, et la mauvaise chose à faire », a-t-elle déclaré.

La neige tombe sur la rue Jaffa à Jérusalem, alors qu’une forte tempête frappe le pays, le 26 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef de l’association nationale des parents d’élèves s’est également prononcé contre les plans de grève du syndicat des enseignants.

« En Israël, les soldats ne fuient pas la bataille, en Israël les médecins n’abandonnent pas leurs gardes à l’hôpital. En Israël, les enseignants ne laissent pas leurs enfants », a écrit Merom Shiff sur Facebook, dans une lettre ouverte à Ben David. « Vos guerres, vos jeux de pouvoir, vos problèmes d’ego et vos lamentations ne doivent pas se faire aux dépens d’enfants qui n’ont rien fait et dont le péché le plus terrible est leur désir d’apprendre après deux années horribles. »

Selon certaines informations, la Dr Sharon Alroy-Preis, responsable de la santé publique au ministère de la Santé, avait fait pression sur Mme Ben David pour qu’elle s’oppose au plan. Ces derniers jours, les responsables de la Santé sont revenus sur leur soutien initial au programme, en invoquant des signes provenant de l’étranger selon lesquels le variant Omicron, qui se propage rapidement, pourrait envoyer davantage d’enfants à l’hôpital, ainsi que des inquiétudes concernant la maladie de PIMS, une pathologie rare mais grave qui affecte les enfants des semaines après leur guérison.

Le ministère de la Santé a nié qu’Alroy-Preis a poussé Ben David à appeler à la grève, mais a confirmé que les deux femmes avaient parlé du projet de suppression des quarantaines plus tôt dans la journée.

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton rend visite aux élèves de l’école Ramon à Modiin, le 12 octobre 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Mme Shasha-Biton, qui s’est opposée à Mme Alroy-Preis dans le passé et a appelé à son licenciement, s’en est prise à Mme Ben David pour ce qu’elle a appelé des « coups politiques musclés sur le dos des enfants d’Israël. »

Mme Ben David a déclaré à la Douzième chaîne que les responsables de l’éducation n’étaient pas conscients de ce qui se passait à l’intérieur des écoles, avec 40 % du personnel enseignant déjà absent en raison des exigences de quarantaine ou de la maladie, ce qui ne ferait qu’être exacerbé par le nouveau plan.

« Les enfants viendront à l’école le jeudi et il y aura un énorme désordre parce qu’il n’y a pas assez de personnel », a-t-elle déclaré.

Le ministère de l’Education a déclaré qu’il accorderait aux écoles 60 heures supplémentaires d’enseignants remplaçants pour s’assurer que les écoles continuent de fonctionner, pour un coût de 40 millions de shekels, a rapporté la radio de l’armée tard mercredi.

Selon le plan, tous les élèves, vaccinés ou non, devront passer deux tests antigéniques à domicile par semaine, le dimanche et le mercredi, et rapporter les résultats négatifs à un portail du ministère de l’Education.

Un employé du Magen David administre un test antigénique rapide COVID-19 dans un centre de dépistage dans lequel les tests se font dans la voiture , le 17 janvier 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les enfants dont le test de dépistage du COVID-19 à la maison est positif devront subir un test antigénique dans un établissement public et rester en quarantaine pendant cinq jours si le résultat est également positif.

L’annonce ne précise pas si les élèves vaccinés qui ne font pas le test seront pénalisés, car l’obligation de quarantaine ne concerne que ceux qui ne font pas le test et ne sont pas vaccinés.

Ceux qui sont en contact étroit sont encouragés, mais pas obligés, de se faire tester quotidiennement pendant cinq jours.

Des critiques ont également été émises jeudi sur le fait que les tests promis n’avaient pas encore été livrés, le ministère de l’Education ayant déclaré qu’il y avait une pénurie de tests à l’échelle nationale.

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