Les leaders arabes s’apprêtent à manifester contre la criminalité à Tel Aviv
Après que des dizaines de milliers de manifestants ont défilé contre le crime organisé à Sakhnin, le principal groupe arabe veut rallier les Juifs israéliens samedi sur la place Habima

Les dirigeants de la communauté arabe israélienne ont lancé à la population un appel à se rassembler en masse à Tel Aviv ce week-end. Ils souhaitent ainsi dénoncer la vague de crimes violents qui sévit actuellement dans la société arabe.
Organisée par le Haut comité de suivi des intérêts des Arabes en Israël, cette marche dite « du drapeau noir » a pour objectif d’intensifier les pressions exercées sur le gouvernement et d’obliger les politiciens à se pencher sur la problématique.
Les manifestants, munis de drapeaux noirs, se retrouveront samedi à 18 heures devant le musée de Tel Aviv. Ils se dirigeront ensuite vers la place Habima, où un rassemblement aura lieu.
La manifestation, bien qu’organisée par le Haut Comité de suivi, bénéficie du soutien de mouvements de protestation dirigés par des Juifs, ainsi que d’ONG et d’organisations de la société civile.
Le Haut Comité de suivi a déclaré dans un communiqué que cette marche s’inscrivait dans un contexte « d’escalade dangereuse de la criminalité, de la violence et des actes d’extorsion au sein de la communauté arabe », après la mort violente par homicide de 25 citoyens arabes au cours du mois dernier.
La société arabe a connu en 2025 son année la plus meurtrière à ce jour, après que 252 personnes ont perdu la vie dans des homicides liés à la criminalité. La colère et les manifestations suscitées par la violence, ainsi que le sentiment de négligence de la part des forces de l’ordre, se sont intensifiés ces deux dernières semaines.
Jeudi dernier, les villes arabes de tout le pays ont participé à une grève générale, qui a culminé avec une grande marche organisée dans la ville de Sakhnin, dans le nord du pays, à laquelle ont participé entre 70 000 et 100 000 personnes.
C’est un homme d’affaires de Sakhnin, Ali Zbidat, qui est à l’origine du mouvement de grève et de la manifestation. Il avait fermé sa chaîne de supermarchés quelques jours auparavant, après avoir révélé qu’il avait été pris pour cible par des gangs qui cherchaient à lui extorquer de l’argent.
D’autres commerçants lui ont emboîté le pas. Ils ont fermé les portes de leurs établissements en solidarité avec Zdibat, entraînant ainsi une grève locale de plusieurs jours dans la ville.
Depuis lors, à l’initiative des habitants, des manifestations quotidiennes ont secoué tout le nord du pays, notamment Nazareth, Tamra et Baqa al-Gharbiyye.
Des villes arabes plus petites du nord et du centre d’Israël ont été le théâtre de rassemblements similaires, les manifestants exhortant les forces de l’ordre à vider les rues des armes à feu qui s’y trouvent et à intensifier les arrestations de criminels.
La police a largement rejeté les critiques concernant sa gestion de la criminalité dans les localités arabes et les accusations de négligence délibérée. Si elle a reconnu le fléau, elle a insisté sur le fait que les agents font tout ce qui est en leur pouvoir pour lutter contre la violence.
Le taux d’homicides dans la société arabe a doublé en 2023, année de l’entrée en poste du ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir, et a continué à augmenter rapidement depuis.







