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Les manuels scolaires ultra-orthodoxes encouragent l’isolationnisme – étude

Un nouveau rapport indique que les écoles haredi enseignent la coexistence pacifique mais véhiculent un message d'opposition à la modernité

Des jeunes filles ultra-orthodoxes entrent dans leur école à Beit Shemesh, le 8 septembre 2014. (Flash90)
Des jeunes filles ultra-orthodoxes entrent dans leur école à Beit Shemesh, le 8 septembre 2014. (Flash90)

Les manuels scolaires utilisés dans les écoles ultra-orthodoxes en Israël encouragent l’isolement de la communauté ainsi que la conduite pacifique et la coexistence, selon une étude réalisée par un organisme de contrôle de l’éducation.

L’Institut de surveillance de la paix et de la tolérance culturelle dans l’enseignement scolaire, (IMPACT-se), a étudié 93 manuels utilisés dès la première année de primaire jusqu’en terminale dans les deux principaux réseaux pédagogiques pour les écoles Haredi.

Les programmes des écoles haredi s’opposent à la modernité et favorisent l’acceptation limitée et inégale des autres, selon l’étude.

La haine du peuple juif par le reste du monde est enseignée comme une réalité historique permanente, spécifiquement en ce qui concerne la Shoah. En outre, le conflit israélo-palestinien, qui tend à être inclus dans les leçons sur la manière dont les Juifs sont détestés par le monde entier, n’est quasiment pas traité. D’autre part, « l’engagement envers la conduite pacifique qui constitue le fondement du judaïsme rabbinique est évident tout au long des programmes ».

Les manuels scolaires font très peu référence à la culture juive ultra-orthodoxe du Moyen-Orient ou d’Afrique du Nord (origine séfarade) et se focalisent plutôt sur l’expérience ashkénaze Haredi associée à l’Europe de l’Est.

« Les manuels génèrent une conscience nostalgique qui cherche à préserver et à recréer le judaïsme traditionnel d’Europe de l’Est – à définir l’identité Haredi, à façonner ses objectifs et ses limites et à se distinguer des autres groupes de la population israélienne », a analysé l’étude.

Les manuels montrent également que les femmes restent en arrière-plan et ne sont pas en position d’autorité, tout en étant également obligées de subvenir aux besoins de la famille.

Ils nient ou méprisent la société laïque moderne, tout comme les Juifs réformistes, insinuant que le mouvement tente de créer une religion alternative.

Les manuels favorisent également ce que les auteurs de l’étude appellent la « coexistence pragmatique », encourageant les étudiants à travailler au sein de la société israélienne tant qu’elle ne s’oppose pas aux normes communautaires.

IMPACT-se est une organisation basée à Jérusalem qui surveille et analyse les manuels scolaires et les programmes d’études à travers le Moyen-Orient selon les normes de paix et de tolérance inspirées de l’UNESCO, l’organisation culturelle des Nations unies.

Selon l’étude, les « manuels scolaires eux-mêmes, traités ici comme le corpus recherché, ne répondent pas de manière satisfaisante à toutes les normes de l’UNESCO et demandent une réévaluation sérieuse ».

Les écoles Haredi en Israël comprennent des établissements « dispensés » et des écoles « reconnues mais non officielles ».

Les écoles reconnues mais non officielles perçoivent 75 % de leur budget de la part de l’État et font l’objet d’une surveillance partielle par le Département Haredi du ministère de l’Éducation.

Les institutions « dispensées » ne sont font l’objet d’aucune surveillance. Il existe un petit nombre d’écoles Haredi d’État qui sont complètement financées par l’État et font l’objet d’une surveillance complète par le Département Haredi.

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