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Les visiteurs russes offrent à Monaco le plus grand rassemblement juif de son histoire

Plus de 1000 Juifs se sont rendus dans la principauté dans le cadre d'un programme organisé par le Grand rabbin russe Berel Lazar

Les participants au programme Eurostars  (Autorisation : Fédération des communautés juives des CIS)
Les participants au programme Eurostars (Autorisation : Fédération des communautés juives des CIS)

JTA — La ville-état de Monaco, coincée entre la France et l’Italie, a connu le plus grand rassemblement juif de son histoire durant une visite de la principauté de plus de 1 000 Juifs russes.

Cet événement exceptionnel survenu jeudi, accueilli par la petite communauté juive de Monaco, a été organisé par son président, Aaron Frenkel, et le grand rabbin russe Berel Lazar dans le cadre du programme Eurostars de la Fédération des communautés juives de Russie de Lazar.

Lancé en 2012 par les rabbins du mouvement Chabad en Russie, le programme rassemble annuellement des centaines de jeunes Juifs russes à l’occasion de voyages subventionnés en Europe occidentale et centrale pour renforcer les liens interculturels entre les communautés juives.

Tous les voyages incluent une visite de l’ancien camp de la mort nazi d’Auschwitz-Birkenau en Pologne.

Une vue de la principauté de Monaco. (Crédit : CC BY-SA 3.0, Hampus Cullin, Wikipedia)
Une vue de la principauté de Monaco. (Crédit : CC BY-SA 3.0, Hampus Cullin, Wikipedia)

Monaco, qui ne compte que quelques centaines de Juifs, avait été choisi comme destination cette année pour la première fois, pour que les participants « puissent voir comment, même dans une petite communauté, il est possible de célébrer l’identité juive ouvertement », a expliqué Lazar.

Les incidents antisémites sont rares en Russie, selon Lazar, un rabbin du Chabad né à Milan qui s’est installé à Moscou il y a plus de 25 ans. « Il n’y a pas d’antisémitisme institutionnel, les Juifs sont en sécurité pour pratiquer, pour être Juifs ouvertement », a-t-il dit. Et pourtant, malgré la renaissance culturelle et spirituelle de la communauté juive de Russie depuis la chute du communisme, « il y a encore un gros problème de mentalité. Les Juifs en Russie ne se sentent pas à l’aise lorsqu’ils portent la kippa dans leur quotidien, lors d’une visite inopinée à la banque », a ajouté Lazar.

Eurostars est venu à Monaco montrer « comment une communauté qui a confiance en elle – même si elle est très réduite – peut projeter son identité juive ouvertement et avec fierté », a-t-il estimé.

Durant la visite, Lazar a aussi emmené pour la première fois une délégation d’Eurostars à Barcelone et dans sa ville natale de Milan, où il a dit que les participants avaient eu un choc en voyant des soldats munis d’un fusil d’assaut garder une école juive.

Le président russe Vladimir Poutine (au centre) visite le Jewish Museum and Tolerance Center avec le grand-rabbin russe Berel Lazar ( à droite) et le rabbin Alexander Boroda, président de la Fédération des Communautés juives de Russie, et directeur général du musée (à gauche). (Crédit : autorisation)
Le président russe Vladimir Poutine (au centre) visite le Jewish Museum and Tolerance Center avec le grand-rabbin russe Berel Lazar ( à droite) et le rabbin Alexander Boroda, président de la Fédération des Communautés juives de Russie, et directeur général du musée (à gauche). (Crédit : autorisation)

« Nous rendons visite à la communauté juive et nous rencontrons de nombreux amis mais je dois tristement admettre que l’Europe ne ressemble plus à ce dont je me souvenais », a confié Lazar à JTA lors d’un entretien téléphonique accordé depuis Milan. Je n’aurai même pas pu imaginer entrer dans une école gardée par des soldats, avec des camions de l’armée stationnés devant. Cela envoie un message certain, celui que vous êtes une cible. Cela veut dire que nous sommes en guerre. Nous devons changer cette situation. »

La visite d’Eurostars a coïncidé cette année avec les élections présidentielles de dimanche en France, où le candidat centriste Emmanuel Macron l’a emporté contre la candidate d’extrême droite Marine Le Pen. L’arrivée de Le Pen au second tour avait alarmé les Juifs français. Fille d’un négationniste, elle avait promis d’interdire les symboles religieux juifs et musulmans en public ainsi que l’abattage rituel dans le pays.

Les discussions avec les chefs des communautés juives d’Europe occidentale « soulignent le confort relatif, malgré les questions économiques et politiques, ressenti par les Juifs russes », a expliqué Lazar. « Pour les participants, ça a permis d’ouvrir les yeux. »

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