L’ex-otage Avinatan Or raconte sa tentative d’évasion ratée et les passages à tabac
« Une nuit, j'ai atteint l'extérieur. J'ai vu des étoiles pour la première fois depuis des années », raconte Or à DC, ajoutant qu'il avait écrit « otage » sur un sac de sable dans l'espoir que quelqu'un le trouverait

Dimanche soir, l’ex-otage Avinatan Or a donné des détails poignants sur ses conditions de captivité aux mains du Hamas en évoquant notamment sa tentative d’évasion ratée, les rudes passages à tabac et ce qui lui avait permis de garder la raison dans les tunnels de Gaza pendant plus de deux ans.
Relâché le mois dernier, Or a été enlevé par des terroristes du Hamas au festival Nova, le 7 octobre 2023, et détenu seul durant tout le temps de sa captivité. Sa petite amie, Noa Argamani, a elle aussi été kidnappée lors du festival et libérée par l’armée israélienne lors d’une opération de sauvetage menée en juin 2024.
S’exprimant aux côtés d’Argamani et des ex-otages récemment libérés -Evyatar David et Guy Gilboa-Dalal -, Or a déclaré devant le public de l’Assemblée générale des Fédérations juives d’Amérique du Nord (JFNA), à Washington, DC, qu’il lui était arrivé, lors de sa captivité, de ne voir personne pendant des jours.
Il a par ailleurs évoqué sa tentative d’évasion, dont il avait parlé peu de temps après sa libération.
« J’ai essayé de m’échapper », a-t-il déclaré. « J’ai creusé pendant des semaines avec des sacs de sable, dans un tunnel qui s’était effondré, pour rejoindre la surface. Je me suis donné énormément de mal pour reprendre en main mon destin. »
« Un jour, alors que je creusais, j’ai touché la racine d’un arbre. Je l’ai sentie. C’était comme de toucher la vie et non la mort. Et une nuit, je suis parvenu à la surface. J’ai vu les étoiles pour la première fois depuis des années. »
אבינתן אור חשף הלילה פרטים על ניסיון הבריחה שלו משהי חמאס: "חפרתי במשך שבועות. לילה אחד יצאתי החוצה, כתבתי 'חטוף' על שק חול. אבל הם גילו והכו אותי במשך ימים כשאני קשור לכסא״ pic.twitter.com/kIptSTfY6P
— זמן אמת (@zmanemet308) November 17, 2025
« J’ai écrit ‘otage’ sur un sac de sable blanc, en préparation de la prochaine étape, mais j’ai été découvert. On m’a frappé pendant des jours et attaché à une chaise pendant une semaine. »
« J’étais certain que je mourrais là, mais malgré cela, j’ai écrit trois choses à côté de mon lit : ‘Ça aussi, ça passera,’ ‘Patience’, et ‘Laisse faire’. Ces mots m’ont permis de conserver mon humanité », a-t-il ajouté.
« Je suis resté sous terre, à Gaza, pendant 738 jours, seul, enchaîné, sans lumière et sans nourriture », a-t-il poursuivi. « J’ai été l’un des derniers otages libérés. Je suis resté seul dans les tunnels pendant toute ma captivité. Pendant plus de deux ans, je n’ai pas vu la lumière du jour, passé des journées entières sans parler à personne, sans entendre ma langue natale, sans que personne ne m’appelle par mon nom. Le plus difficile, c’est de ne rien savoir, ni la date, ni ce qui s’est passé dans le monde, ni même si les gens que j’aimais étaient encore en vie. »
« Pour survivre, je me suis donné des règles – la première : la patience. Chaque jour je me disais ‘C’est juste un jour de plus’, ‘N’anticipe rien’ ». C’est ma patience qui m’a sauvé », a-t-il confié.
« Règle numéro deux : trouver un terrain d’entente », a-t-il indiqué. Avec mes ravisseurs, je parlais de foi, de la Torah et du Coran, de Joseph et Yusuf, d’Abraham et Ibrahim, des noms différents mais une histoire universelle. »
« Règle numéro trois : la colère est destructrice », a-t-il poursuivi. Il est impossible de survivre avec la colère. Je me suis parfois laissé gagner par elle mais au final, je lâchais prise. »
« Règle numéro quatre : faire travailler son cerveau », a-t-il ajouté. « Ma formation d’ingénieur m’a sauvé, je comptais mes pas, collectais des données. J’ai construit une petite lampe avec des bouts de câbles, imaginé des issues dans ma tête et me suis dit ‘Hors de question de laisser les autres décider de ton destin’ ».
Lors de cette même conférence, Guy Gilboa-Dalal, un autre ex-otage récemment libéré, a pris la parole pour expliquer que pendant sa captivité, il avait connaissance du soutien apporté aux otages par les communautés juives du monde entier, ce qui lui avait donné de l’espoir.
« Avant que l’on m’emmène dans les tunnels, j’ai pu écouter un peu la radio », a-t-il dit. « J’ai entendu parler de ce qui se passait en Israël et ailleurs dans le monde, de tout l’amour et du soutien des communautés juives d’Amérique et d’ailleurs. Vous avez prié pour moi et tous les autres otages afin qu’ils rentrent chez eux en vie le plus vite possible. C’est vous qui m’avez donné de l’espoir et des forces. »
« Ce nouveau chapitre de notre vie ne fait que commencer », a déclaré Evyatar David, libéré le mois dernier. « Un chapitre qui passe par le rétablissement et la reprise du contact avec nos proches et toutes ces personnes extraordinaires qui, comme vous, nous soutiennent. Nous allons nous en remettre, nous reconstruire et en sortir plus forts que jamais. »
Ce jeudi, les quatre ex-otages sont attendus à la Maison Blanche par le président américain Donald Trump, qui a invité les 20 ex-otages libérés le mois dernier à la faveur du cessez-le-feu négocié entre Israël et le Hamas.
On ignore dans quelle mesure tous les ex-otages seront présents, plusieurs d’entre eux ayant reproché dimanche au cabinet du Premier ministre d’avoir repris les rênes de ce déplacement et considérablement dégradé les conditions de voyage.







