Liberman avance la planification de 400 logements à Adam
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Liberman avance la planification de 400 logements à Adam

Le ministre de la Défense a tweeté que "la meilleure réponse au terrorisme est l'élargissement des implantations" après un attentat qui a fait un mort et deux blessés

Une vue de l'implantation d' Adam (Geva Binyamin), en Cisjordanie, depuis le quartier juif de Neve Yaakov à Jérusalem, le 1er janvier 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Une vue de l'implantation d' Adam (Geva Binyamin), en Cisjordanie, depuis le quartier juif de Neve Yaakov à Jérusalem, le 1er janvier 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Défense a annoncé vendredi qu’il avait demandé à son ministère de faire avancer des plans prévoyant la construction de 400 nouvelles habitations dans l’implantation d’Adam, en Cisjordanie, en réponse à l’attentat terroriste meurtrier qui a été commis là-bas hier soir.

« La meilleure réponse à apporter au terrorisme, c’est une augmentation des implantations en Judée et Samarie », a-t-il écrit sur Twitter, se référant à la Cisjordanie par son nom biblique.

« J’ai donc donné pour instruction ce matin de faire avancer les plans prévoyant la construction de 400 unités de logement au sein de l’implantation d’Adam et de les faire approuver par les autorités de planification au cours des prochaines semaines ».

Les 400 constructions feront partie d’un plan déjà existant qui permettra d’ajouter 1 000 habitations dans cette implantation, dont 150 sont d’ores et déjà en cours de travaux.

La directive donnée par Liberman signifie probablement que le plan sera considéré comme prioritaire par l’Administration civile, l’instance du ministère de la Défense qui se réunit une fois par trimestre pour approuver les constructions en Cisjordanie.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman, à droite, et le commandant du front intérieur Tamir Yedi lors d’une conférence de presse, le 19 juillet 2018 (Crédit : Flash90)

Le plan nécessite encore plusieurs approbations de la part des autorités de planification avant que les travaux ne débutent – un processus qui peut prendre des années.

L’annonce de Liberman survient après un attentat terroriste au cours duquel Yotam Ovadia, 31 ans, a été mortellement poignardé. Deux autres personnes ont été blessées dans l’attaque.

Selon les autorités israéliennes, le suspect, Mohammad Tareq Yousef, a franchi la clôture de sécurité de l’implantation de Cisjordanie d’Adam peu avant 21 heures en grimpant. Il est ensuite entré dans l’implantation, il a traversé une aire de jeu où il a croisé Yotam Ovadia un résident de 31 ans, le poignardant à plusieurs reprises à la poitrine.

Ovadia était père d’un enfant de deux ans et d’un bébé de sept mois. La compagnie de sécurité de la Brinks a annoncé sur sa page Facebook qu’il travaillait pour son entreprise où il occupait un poste de technicien.

Yotam Ovadia, qui a été tué dans un attentat terroriste en Cisjordanie, dans l’implantation d’Adam, le 26 juillet 2018 (Autorisation)

Un second habitant, âgé pour sa part de 58 ans, a été poignardé après être arrivé sur les lieux. Il a été évacué vers l’hôpital dans un état grave mais stable. Il se trouve dorénavant dans un état modéré.

Un troisième résident, Assaf Raviv, 41 ans, est sorti pour voir ce qu’il se passait, réalisant qu’une attaque était en cours. Il a ouvert le feu sur le terroriste palestinien à trois reprises, le tuant.

Il a été légèrement blessé par un coup de couteau durant l’incident et, vendredi matin, il est sorti de l’hôpital.

Dans la nuit, les forces de sécurité israéliennes sont entrées dans le village de Kobar, dont était originaire le suspect Mohammad Tareq Yousef. Lors des contrôles de sécurité menés par les soldats à l’entrée et à la sortie du village, environ 150 Palestiniens ont lancé des pierres, des bombes incendiaires et des pneus enflammés vers les soldats qui ont répondu avec des moyens de dispersion anti-émeutes, a indiqué l’armée dans un communiqué. Aucun blessé ne serait à déplorer.

Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, trois Palestiniens ont été arrêtés dans ces affrontements.

Les véhicules des forces de sécurité israéliennes se déploient dans le village de Kobar, à l’ouest de Ramallah en Cisjordanie, le 27 juillet 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

L’attaque de jeudi a rompu des mois de calme relatif en Cisjordanie. La région n’a connu ces derniers temps que des affrontements sporadiques entre les soldats soldats israéliens et les Palestiniens et une baisse marquée des attentats terroristes.

Le mouvement terroriste islamiste du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a qualifié vendredi l’attaque « d’opération courageuse résultant des crimes quotidiens de l’occupation israélienne. »

La dernière attaque palestinienne au couteau dans une colonie de Cisjordanie remonte au mois d’avril, quand un Palestinien avait tenté de poignarder un Israélien avec un tournevis près d’une station-service proche de la colonie de Maalé Adoumim, à l’est de Jérusalem. L’assaillant, atteint par balles, avait succombé le lendemain.

Vengeance

Ces dernières années, de nombreuses attaques au couteau contre des Israéliens ont été menées par des Palestiniens que les autorités israéliennes qualifient de « loups solitaires ».

L’attaque de jeudi est intervenue sur fond de violences récurrentes entre l’armée israélienne et les groupes palestiniens dans la bande de Gaza.

Jeudi, la branche armée du Hamas a promis de venger la mort de trois de ses membres, tués la veille dans des raids israéliens menés en représailles à des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, qui ont blessé un soldat israélien.

« L’ennemi paiera un prix élevé pour le crime qu’il commet quotidiennement contre les droits de notre peuple et de nos combattants », ont averti les brigades Ezzedine al-Qassam, l’aile armée du Hamas.

Samedi, le Hamas a annoncé un cessez-le-feu au lendemain d’une escalade de violences ayant coûté la vie à quatre Palestiniens et à un soldat israélien – premier militaire israélien tué dans le secteur depuis la guerre de Gaza en 2014.

Depuis l’annonce du cessez-le-feu, la région a connu une accalmie avec notamment une diminution du nombre de cerf-volants ou de ballons incendiaires lancés de la bande de Gaza vers le sud d’Israël.

Ces dernières semaines, les autorités israéliennes ont fait état d’une vingtaine d’incendies par jour et de près 3 000 hectares brûlés depuis le 30 mars par des engins incendiaires artisanaux lancés de la bande de Gaza.

Mardi, Israël a rouvert partiellement le terminal de Kerem Shalom, par où transitent les marchandises destinées à la bande de Gaza, qu’il avait fermé le 9 juillet en réaction aux incendies.

Au moins 153 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis le début, le 30 mars, de manifestations contre le blocus israélien qui dure depuis plus de 10 ans et pour réclamer le droit au retour des Palestiniens qui ont fui ou ont été chassés de leurs terres à la création d’Israël en 1948.

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