L’Iran aurait demandé à ses alliés de se préparer à un conflit de plus grande ampleur
Cette guerre pourrait impliquer Israël ; huit morts ont été signalés lors de frappes américaines menées cette nuit contre l'Iran ; le CGRI dit avoir visé des avions américains en Jordanie et au Qatar
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L’Iran aurait demandé à ses alliés régionaux – avec parmi eux le Hezbollah – de se préparer à l’éventualité d’un conflit plus vaste dans un contexte d’escalade militaire avec les États-Unis, laissant entrevoir la possibilité d’une implication directe d’Israël dans les combats.
Les dirigeants de « l’Axe de la Résistance » régional, soutenu par l’Iran, ont expliqué à leurs alliés que la période d’attente actuelle touchait à sa fin et que les préparatifs en vue de différents scénarios militaires étaient désormais une priorité, a rapporté vendredi le journal libanais Nidaa Al Watan, qui a cité des informations obtenues lors de réunions qui ont été organisées à Téhéran en marge des récentes funérailles de l’ancien guide suprême iranien Ali Khamenei – qui avait été tué lorsque les États-Unis et Israël avaient déclenché la guerre contre l’Iran, à la fin du mois de février dernier.
Cet article qui est paru vendredi a été publié alors que les combats entre les États-Unis et l’Iran ont repris, un mois après la signature d’un accord préliminaire qui visait à mettre un terme au conflit.
Jusqu’à présent, Israël n’a pas été impliqué dans cette dernière escalade, et Téhéran n’a pas directement pris pour cible l’État juif. Les choses pourraient toutefois changer si le Hezbollah, le groupe terroriste libanais à la solde de l’Iran, devait s’en mêler et relancer ses attaques en direction du territoire israélien.
Le Hezbollah aurait reçu pour consigne de se tenir pleinement prêt à toute escalade – les responsables iraniens ayant averti que tout futur conflit pourrait être plus vaste et plus grave que les affrontements précédents.
Nidaa Al Watan a également signalé que Téhéran considérait toujours le Hezbollah comme son atout régional le plus important, aux yeux des revers qui ont été subis par les proxys de l’Iran, ces derniers mois. Le groupe terroriste avait rejoint le conflit régional plus large en date du 2 mars en attaquant Israël – et il s’est depuis opposé au travail diplomatique effectué sous l’égide des États-Unis par Jérusalem et Beyrouth, qui cherchent à résoudre les différends entre les deux pays.
En réponse aux agressions du Hezbollah, Israël a lancé des bombardements violents à l’encontre du groupe et il a pris le contrôle d’une zone tampon située dans le sud du Liban, avec pour objectif d’éloigner le Hezbollah de la frontière. Tsahal avait également décimé les dirigeants du Hezbollah lors d’une précédente vague de combats en 2024.
Une autre organisation terroriste soutenue par l’Iran, les Houthis au Yémen, a également attaqué Israël par le passé.
Les États-Unis frappent des infrastructures iraniennes ; l’Iran riposte en visant les pays de la région
Les États-Unis ont bombardé l’Iran pendant six nuits consécutives et ils ont élargi leur campagne de frappes aériennes en visant de plus en plus des ponts, dans le contexte des menaces qui avaient été proférées par le président américain Donald Trump qui avait affirmé que l’armée américaine allait commencer à s’en prendre aux infrastructures, avec pour objectif de pousser Téhéran à relâcher son emprise sur le détroit d’Ormuz – une voie navigable vitale pour les approvisionnements énergétiques mondiaux.
De son côté, la république islamique a procédé à de nouvelles attaques aux missiles contre des pays alliés des États-Unis au Moyen-Orient et elle a averti que ses attaques s’intensifieraient.
L’armée américaine a confirmé vendredi avoir détruit une tour de surveillance qui se trouvait dans le port iranien de Chabahar, dans le golfe d’Oman, lors des bombardements de la nuit précédente.
Dans un communiqué, le Commandement central américain (CENTCOM) a expliqué que ce site était « utilisé depuis des décennies par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), lui permettant de suivre et de prendre pour cible les navires commerciaux qui transitent par le détroit d’Ormuz ».
« La destruction de cette tour affaiblit directement les capacités du CGRI à coordonner des attaques contre des membres d’équipage civils innocents », a noté le CENTCOM, qui a ajouté que cette frappe « protège également la liberté de navigation dans les eaux régionales pour tous les navires, à l’exception de ceux qui tenteraient de violer le blocus naval américain actuellement en vigueur contre l’Iran ».
Le CENTCOM a également diffusé des images du bombardement.
On July 16, U.S. forces successfully destroyed the Chah Bahar Shahid Kalantari Port surveillance tower, part of a maritime surveillance network along Iran’s Gulf of Oman coastline used for decades by the Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC) to track and target commercial… pic.twitter.com/CgBNvgOFf9
— U.S. Central Command (@CENTCOM) July 17, 2026
Les médias d’État iraniens ont rapporté, dans la journée de vendredi, que les frappes américaines qui avaient pris pour cible, la nuit précédente, des infrastructures dans le sud et dans l’ouest de l’Iran ont fait, semble-t-il, huit morts. Le bilan humain s’était initialement élevé à sept.
« Certaines infrastructures dans plusieurs provinces du pays ont été la cible d’attaques militaires américaines », a fait savoir l’agence de presse IRNA, qui a précisé que six ponts de la province d’Hormozgan, dans le sud du pays, avaient été visés.
Le ministère iranien de l’Énergie a appelé les citoyens à réduire leur consommation d’électricité après que le réseau électrique a été mis à rude épreuve à la suite des bombardements lancés à l’encontre des infrastructures énergétiques, dans le sud.
Mohsen Rezaei, un conseiller du guide suprême iranien, a mis en garde vendredi contre toute escalade américaine ou contre toute tentative de s’emparer du territoire iranien.
« Si les frappes américaines se poursuivent pendant plusieurs jours encore, nous passerons à une phase d’opérations offensives à grande échelle », a déclaré Rezaei, ancien haut commandant des Gardiens de la Révolution, devant les caméras de la télévision d’État.
En réponse aux frappes américaines, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a annoncé qu’il avait pris pour cible des avions militaires américains stationnés en Jordanie à l’aide de missiles balistiques et de drones. L’Iran a tiré en direction de plusieurs pays du Moyen-Orient où des soldats américains sont présents, en riposte aux attaques américaines.
Dans un communiqué, le CGRI a affirmé qu’il a détruit « plusieurs avions de ravitaillement et avions de chasse américains » et qu’il a causé « de graves dommages à de nombreux autres ». Il a également appelé les Jordaniens à s’en prendre aux « intérêts des Américains agressifs et anti-islamiques » qui se trouvent dans leur pays.
Ni la Jordanie ni l’armée américaine n’ont commenté les affirmations qui ont été faites par le CGRI.
La Jordanie avait préalablement annoncé, dans la journée de vendredi, qu’elle avait intercepté trois missiles iraniens visant son territoire. Il n’y a pas eu de blessé et il n’y a pas eu de dégâts.
Le CGRI a également affirmé avoir pris pour cible des systèmes radar et des avions militaires américains au Qatar dans le but de « punir l’agresseur ».
Par ailleurs, l’agence de presse iranienne Tasnim a cité les propos tenus par une source bien informée qui a confié qu’un navire battant pavillon thaïlandais avait, semble-t-il, été pris pour cible dans le détroit d’Ormuz après avoir ignoré les avertissements qui lui étaient lancés, tentant de passer sans l’autorisation du CGRI. Selon cette source, le navire aurait été intercepté par la marine iranienne et pris pour cible.
Le commandant de la Force aérospatiale du CGRI a promis que Téhéran ne mettrait pas fin à ses attaques dans la région tant que les États-Unis n’auraient pas cessé de frapper la côte sud de l’Iran et le détroit d’Ormuz.
Dans un message qui a été diffusé sur les réseaux sociaux, Majid Mousavi a déclaré : « Téhéran et le sud ne font qu’un et sont indivisibles en tant qu’Iran ». Il a ajouté que « les frappes efficaces et ciblées menées depuis l’ensemble du territoire iranien contre l’ennemi se poursuivront » jusqu’à ce que cessent les agressions à l’encontre « de la côte sud et du détroit d’Ormuz ».
Par ailleurs, le Koweït a indiqué qu’une centrale électrique et une usine de traitement de l’eau avaient été endommagées par une attaque iranienne.
« L’une de nos centrales électriques a été la cible d’une attaque dans le cadre de l’agression iranienne… provoquant un incendie, des dégâts et la mise hors service de plusieurs unités de production », a déclaré le ministère de l’Électricité dans un communiqué, exhortant les usagers « à rationner leur consommation d’électricité pendant cette période exceptionnelle ».
L’armée du pays a également indiqué qu’une attaque aux drones iraniens avait blessé plusieurs militaires dans cet État du Golfe.
Le chef d’état-major de l’armée « a rendu visite à plusieurs membres blessés des forces terrestres koweïtiennes, qui ont été touchés après que des drones ennemis ont pris pour cible plusieurs installations et plusieurs camps de l’armée, dans la matinée, dans le cadre de l’agression criminelle iranienne », a expliqué l’armée dans un message publié sur les réseaux sociaux.
De surcroît, des frappes qui ont visé la région du Kurdistan irakien ont tué huit personnes qui appartenaient à un groupe d’opposition armé kurde iranien, a fait savoir le parti en exil, qui a imputé la responsabilité de l’attaque à l’Iran.
Idriss Kohlwazi, du parti Komala, a dit à l’AFP que « le régime iranien a attaqué à l’aide de drones et de roquettes un camp » qui appartenait au parti dans les toutes premières heures de la matinée, un camp situé dans la ville de Souleimaniye, entraînant « le martyre de huit de nos membres et faisant des blessés ».
Plus tôt vendredi, les forces kurdes ont indiqué qu’elles ont abattu huit drones au-dessus d’Erbil. Il n’y a eu ni victime, ni dégâts.
Ces derniers jours, Donald Trump a à nouveau menacé de cibler les centrales électriques et les ponts iraniens afin de contraindre l’Iran à relâcher son emprise sur le détroit, par lequel transitait autrefois, en temps de paix, environ un cinquième de l’ensemble du pétrole et du gaz naturel commercialisés.
Les États-Unis ont également réimposé un blocus naval sur les ports iraniens avec pour objectif de bloquer toutes ses expéditions de pétrole brut.
Les expéditions de marchandises transitant par le détroit ont chuté de près d’un quart d’une semaine sur l’autre au début du mois, selon le cabinet de données maritimes Lloyd’s List Intelligence, qui s’est appuyé sur la base de données antérieures à la récente flambée de violence.
Compte tenu des risques, certains transporteurs de pétrole traversent le détroit en désactivant leurs dispositifs de localisation, mais un grand nombre d’entre eux préfèrent simplement rester sur place, a indiqué Lloyd’s dans la journée de jeudi. Une part croissante de l’énergie de la région est acheminée par oléoducs, mais cela est loin d’être suffisant pour compenser la baisse du trafic maritime dans le détroit.
la Communauté du Times of Israël !







