L’Iran peut remettre ses lanceurs en état et tirer des milliers de missiles – renseignement US
Selon le WSJ, les responsables craignent que l'Iran ne reconstitue ses capacités balistiques pendant le cessez-le-feu ; CNN rapporte que les renseignements US indiquent que la Chine se prépare à livrer des systèmes de défense aérienne à l'Iran

Les responsables américains estiment que l’Iran dispose encore de milliers de missiles qu’il peut tirer en remettant en service des lanceurs enfouis sous terre, et ils craignent que l’Iran ne s’emploie à reconstruire ses capacités balistiques pendant la trêve dans les combats avec les États-Unis et Israël, a rapporté vendredi le Wall Street Journal.
Un responsable israélien, cité par la chaîne publique Kan, a également déclaré que l’Iran déployait des bulldozers pour réparer les entrées des installations souterraines de stockage de missiles qui ont été endommagées par l’armée israélienne.
Selon ce responsable, les dégâts infligés à l’Iran par les États-Unis et Israël « ne sont pas irréparables, et en l’absence d’un accord significatif, Tsahal devra retourner [combattre] l’Iran ».
Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une campagne de bombardements contre le régime iranien dans le but de le déstabiliser et de détruire ses programmes de missiles balistiques et nucléaires. L’Iran a riposté par des frappes de missiles et de drones dans toute la région.
Cette semaine, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré aux journalistes que la campagne de bombardements avait « pratiquement détruit » le programme de missiles iranien et rendu son armée « incapable de combattre pendant des années ».
Cependant, des responsables américains cités par le Wall Street Journal ont déclaré que l’Iran pourrait déterrer ou réparer bon nombre des lanceurs qui ont été endommagés ou enfouis sous terre lors de la campagne de bombardements américano-israélienne.
Le pays dispose également de milliers de missiles balistiques à moyenne et courte portée qu’il peut récupérer dans des entrepôts souterrains ou en surface, même si environ la moitié de son stock existant a été épuisé ou détruit lors de frappes, selon des responsables américains et israéliens qui ont été cités par le Wall Street Journal.
L’Iran dispose également d’un petit stock de missiles de croisière qu’il pourrait utiliser pour attaquer des navires dans le golfe Persique ou pour s’en prendre à des troupes américaines qui tenteraient de gagner le contrôle du détroit d’Ormuz, ont déclaré des responsables américains au Wall Street Journal.
Par ailleurs, des officiels, aux États-Unis, ont déclaré au Wall Street Journal que, bien que plus de la moitié du stock de drones iraniens ait été épuisé ou détruit lors de frappes, l’Iran pourrait en acheter d’autres à la Russie.
Selon Tsahal, Israël a détruit environ 200 des quelque 470 lanceurs de missiles balistiques iraniens, et 80 autres ont été jugés hors d’état de fonctionner après que les entrées de leurs installations de stockage souterraines ont été frappées.
L’armée israélienne a déclaré que le coup le plus dur de la campagne de bombardements avait été porté à l’industrie de production d’armes iranienne, et que l’Iran n’était actuellement plus en mesure de produire de missiles.
Selon le Wall Street Journal, l’Iran devra désormais compter sur la Russie et la Chine pour reconstruire son programme de missiles.
Cette évaluation concorde avec un reportage de CNN qui a indiqué que la Chine s’efforçait d’expédier des systèmes de défense aérienne à l’Iran pendant le cessez-le-feu de deux semaines avec Israël et les États-Unis.
Citant trois sources proches des récentes évaluations des services de renseignement, CNN a rapporté samedi que ces derniers indiquaient que la Chine se préparait à livrer à l’Iran des systèmes de missiles antiaériens portatifs, connus sous le nom de MANPAD.
Deux de ces sources anonymes ont déclaré que la Chine s’efforçait d’acheminer ces livraisons via des pays tiers afin de masquer leur origine.
Interrogé par CNN, un porte-parole de l’ambassade de Chine à Washington a démenti ces allégations, déclarant : « La Chine n’a jamais fourni d’armes à aucune des parties au conflit. »
« Nous exhortons la partie américaine à s’abstenir de se livrer à des allégations sans fondement », a-t-il ajouté.
« Nous espérons que les parties concernées feront davantage pour contribuer à apaiser les tensions. »
La Chine, qui est un important importateur de pétrole iranien, aurait exercé des pressions de dernière minute pour obtenir un cessez-le-feu de deux semaines en Iran.
NYT : L’Iran ne parvient pas à localiser et à retirer ses mines dans le détroit d’Ormuz
Selon des responsables américains cités samedi par le New York Times, l’Iran ne peut pas rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation, car il n’est pas en mesure de localiser et de retirer toutes les mines qu’il a posées dans cette voie navigable tout au long de la guerre.
Mercredi, en annonçant le cessez-le-feu, le président américain Donald Trump avait déclaré que celui-ci était subordonné à la réouverture du détroit par l’Iran, dont la fermeture a bloqué près d’un cinquième des expéditions mondiales de pétrole. Des pourparlers de paix indirects entre les États-Unis et l’Iran devaient débuter samedi à Islamabad.
Selon des responsables américains, les voies apparemment sûres à travers les mines fournies par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, sont limitées en raison du minage imprudent du détroit par Téhéran.
L’article souligne que ni les États-Unis ni l’Iran ne disposent des moyens nécessaires pour retirer les mines marines. Selon le New York Times, certaines mines pourraient également dériver et il n’est pas certain que l’Iran ait répertorié chacune des mines qu’il a placées dans la voie navigable.
Les États-Unis ont affirmé que le détroit avait déjà été rouvert mercredi, démentant ainsi les informations selon lesquelles l’Iran bloquerait une grande partie du trafic et percevrait un péage.
Ces derniers jours, Trump a semblé reconnaître que l’Iran empêchait effectivement les navires d’emprunter le chenal, publiant une série de messages sur Truth Social dans lesquels il menaçait l’Iran.
Téhéran s’est engagé à continuer de bloquer le trafic jusqu’à ce qu’Israël cesse de frapper le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, ce qui, selon l’Iran et les médiateurs pakistanais, était censé faire partie du cessez-le-feu.
Les États-Unis ont déclaré qu’il y avait eu un « malentendu légitime » à ce sujet, tout en insistant sur le fait qu’ils n’avaient jamais accepté d’inclure le Liban dans le cessez-le-feu.
Jacob Magid, Emanuel Fabian et Reuters ont contribué à cet article.







