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L’Iran promet que toute réponse à Israël « ne se fera pas dans un pays tiers »

Suite aux informations concernant un attaque déjouée d’agents iraniens visant des Israéliens en Turquie, le ministère des Affaires étrangères de Téhéran menace l'État juif

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Saeed Khatibzadeh pendant une conférence de presse à Téhéran, le 22 février 2021. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Saeed Khatibzadeh pendant une conférence de presse à Téhéran, le 22 février 2021. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)

Au lendemain de la découverte, par les agences de sécurité israéliennes et turques, d’un complot iranien visant à enlever des touristes israéliens en Turquie, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré lundi que toute « réponse » de la République islamique contre Israël se ferait sur le sol israélien.

« Si nous décidions de riposter aux activités d’Israël, notre réponse se ferait sur place et non dans un pays tiers », a déclaré Saeed Khatibzadeh.

Selon les informations publiées dimanche par la presse israélienne, les responsables de la sécurité israéliens avaient informé leurs homologues turcs du complot et leur avaient demandé de prendre des mesures pour déjouer l’attaque.

Les informations, qui citent des sources israéliennes anonymes, ne précisent pas la nationalité des agents iraniens présumés, ni leur nombre, ni si des arrestations ont eu lieu.

Après que le kidnapping a été déjoué, Israël avait demandé à la Turquie de prendre des mesures contre le réseau iranien qui l’a planifie, selon la chaîne publique Kan.

Le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Bahadori Jahromi, a déclaré lundi à l’agence de presse semi-officielle iranienne Tasnim que l’Iran « prendrait toute mesure de représailles nécessaire en réponse à toute action extérieure du régime [israélien].  »

Le commandant des forces terrestres de l’armée iranienne, Kiumars Heydari, s’adresse à la presse sur une photo non datée. (Crédit : Capture d’écran)

La semaine dernière, un général iranien a menacé de « raser » les villes israéliennes.

« Pour la moindre erreur commise par l’ennemi, nous raserons Tel Aviv et Haïfa sur ordre du Guide suprême », a déclaré le commandant des forces terrestres de la République islamique, Kiumars Heydari, au journal Tasnim.

La semaine dernière aussi, un reportage de la Douzième chaîne révélait que les services de sécurité thaïlandais avaient déjoué plusieurs tentatives iraniennes récentes visant à nuire à des cibles occidentales et israéliennes dans ce pays d’Asie du Sud-Est – une destination touristique plébiscitée par les Israéliens.

Les missions diplomatiques israéliennes avaient été mises en alerte, s’attendant à ce que l’Iran cherche à se venger de l’assassinat, le mois dernier, d’un officier supérieur du Corps des gardiens de la révolution islamique. Mais, selon Kan, la tentative d’enlèvement en Turquie a eu lieu avant l’assassinat de l’officier.

Lundi, le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid a appelé les ressortissants israéliens qui se trouvent en Turquie à quitter « dès que possible » ce pays par crainte d’attaques iraniennes. Les voyages non essentiels dans ce pays ayant déjà été déconseillés.

Le site d’information Ynet rapporte que selon les responsables israéliens de la sécurité, des unités terroristes iraniennes seraient encore actives en Turquie et chercheraient à commettre des kidnappings ou des fusillades. Les services de renseignement cherchent à déjouer ces menaces.

La mosquée de Taksim au coucher du soleil lors du premier jour du mois de jeûne musulman du Ramadan, à Istanbul, en Turquie, samedi 2 avril 2022. (Crédit : AP/Francisco Seco)

Une source au fait de l’évolution de la situation a déclaré à la presse qu’au « vu des renseignements existants, il serait préférable que les Israéliens ne prennent pas l’avion pour le moment. Ce serait aussi une bonne idée qu’ils annulent leurs vacances en Turquie. »

Un haut fonctionnaire israélien, cite par Ynet, a indiqué qu’il y avait eu une recrudescence des tentatives iraniennes de mener des attaques.

À la fin du mois dernier, Israël a émis un avertissement à ses citoyens, leur conseillant d’éviter de se rendre en Turquie, par crainte d’une réponse iranienne imminente à l’assassinat de l’officier iranien une semaine plus tôt.

Dans un geste inhabituel, le Conseil national de sécurité de l’époque avait explicitement identifié les « agents terroristes iraniens » comme la source de la menace pour les Israéliens en Turquie et dans les pays voisins. Toutefois, l’avertissement concernant les voyages en Turquie était resté au même niveau, trois sur quatre, une « menace modérée », avec des recommandations d’éviter de visiter le pays pour des raisons non essentielles. Au niveau quatre, « menace élevée », il est explicitement demandé aux Israéliens de ne pas visiter le pays et de partir s’ils sont déjà à l’intérieur. Les pays ayant reçu cet avertissement sont l’Irak, le Yémen, l’Afghanistan et l’Iran.

Le mois dernier, le colonel iranien Hassan Sayyad Khodaei a été abattu dans sa voiture par cinq balles, tirées par deux individus non identifiés circulant à moto en plein Téhéran. Le colonel aurait été impliqué dans des meurtres et des enlèvements en dehors de l’Iran, y compris des tentatives de cibler des Israéliens.

Les autorités iraniennes n’ont pas encore identifié les suspects du meurtre de Khodaei, même si l’incident a eu lieu au cœur de l’une des zones les plus sécurisées de Téhéran – la rue Mohahedin-e Eslam, où se trouvent d’autres hauts responsables de l’IRGC et de sa force d’élite Qods.

Des personnes passent devant une bannière représentant le colonel Hassan Sayyad Khodaei des Gardiens de la révolution iraniens, avant la cérémonie de ses funérailles, à Téhéran, en Iran, le 24 mai 2022. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Israël, qui n’a pas fait de commentaire officiel à ce sujet, aurait relevé le niveau d’alerte de sécurité dans ses ambassades et consulats à travers le monde, craignant une attaque iranienne en représailles.

Un responsable anonyme des services de renseignement a déclaré au New York Times qu’Israël aurait dit aux responsables américains qu’il était derrière cet assassinat.

En mai, l’agence de sécurité israélienne Shin Bet a déclaré avoir découvert une tentative d’agents iraniens d’attirer des universitaires et des hommes d’affaires israéliens à l’étranger dans l’intention de les kidnapper ou de leur faire du mal.

En février, les médias turcs ont rapporté que les services de renseignement locaux ont déjoué un plan iranien visant à assassiner un homme d’affaires israélien dans le pays. La cible visée, Yair Geller, a confirmé l’information.

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