Rechercher

La Thaïlande en état d’alerte élevé face à de possibles espions iraniens

La police est à la recherche de ressortissants iraniens ; Israël envisagerait d'élargir ses avertissement aux voyageurs, redoutant des représailles de Téhéran

Illustration : La police se tient devant le centre commercial Terminal 21 dans la ville de Nakhon Ratchasima, dans le nord-est de la Thaïlande, le 9 février 2020. (Crédit: Lillian SUWANRUMPHA / AFP)
Illustration : La police se tient devant le centre commercial Terminal 21 dans la ville de Nakhon Ratchasima, dans le nord-est de la Thaïlande, le 9 février 2020. (Crédit: Lillian SUWANRUMPHA / AFP)

La police thaïlandaise serait en état d’alerte maximale en raison de la présence potentielle d’espions iraniens dans ce pays d’Asie du Sud-Est, alors qu’Israël a prévenu que Téhéran pourrait prendre pour cible ses ressortissants à l’étranger dans le cadre de représailles.

Selon un article du Bangkok Post, ainsi que d’autres médias locaux, la police royale thaïlandaise a émis un « ordre secret » à l’intention des policiers de tout le pays, leur demandant d’être à l’affût d’éventuels « espions iraniens », citant l’arrestation d’un ressortissant de la République islamique en Indonésie l’année dernière qui était soupçonné de préparer des attentats.

Le journal a cité une source policière affirmant que les agences de sécurité thaïlandaises surveillaient de près les mouvements des citoyens iraniens qui seraient susceptibles de mener des activités d’espionnage en Thaïlande. La Thaïlande est une destination touristique populaire pour les voyageurs israéliens, en particulier parmi les soldats fraîchement déchargés de Tsahal, qui y partent souvent pour plusieurs mois.

La semaine dernière, Israël a lancé un rare avertissement direct aux Israéliens voyageant ou prévoyant de voyager en Turquie, par crainte d’une riposte iranienne à l’assassinat d’un officier supérieur du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC).

Initiative inhabituelle, le Conseil national de sécurité a explicitement déclaré que des « agents terroristes iraniens » représentaient une source de la menace pour les Israéliens en Turquie et dans les pays voisins.

La Douzième chaîne a rapporté dimanche qu’Israël envisageait d’élargir ses mises en garde aux voyageurs à d’autres pays dans la crainte d’une attaque iranienne de représailles.

L’Iran a l’habitude d’attaquer ou de tenter d’attaquer les Israéliens en voyage à l’étranger. L’officier assassiné du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, le colonel Hassan Sayyad Khodaï, aurait aidé à planifier des attaques contre des Israéliens et des Juifs dans le monde entier, notamment une série de tentatives d’attentats à la bombe contre des émissaires israéliens en 2012.

Des passants devant une bannière montrant le colonel Hassan Sayyad Khodaei des Gardiens de la révolution iraniens, à Téhéran, en Iran, le 24 mai 2022. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

L’année dernière, à Chypre, six personnes soupçonnées d’être affiliées au Hezbollah, le groupe mandataire de l’Iran au Liban, avaient été arrêtées pour avoir pris part à un complot visant à prendre pour cible des Israéliens dans ce pays. En avril, les médias israéliens ont indiqué que le Mossad avait déjoué une tentative iranienne d’assassinat d’un diplomate israélien travaillant au consulat d’Istanbul.

Selon la Douzième chaîne, Israël pense que les Iraniens sont plus déterminés aujourd’hui qu’ils ne l’étaient auparavant à lancer des attaques contre des cibles israéliennes, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique cherchant à rétablir sa puissance de dissuasion au sein de la République islamique et à l’étranger.

Le colonel Khodaï est la figure la plus importante dont le meurtre sur le sol iranien a été annoncé par Téhéran depuis celui du physicien nucléaire Mohsen Fakhrizadeh, tué en novembre 2020 près de la capitale dans une attaque contre son convoi.

Israël, qui n’avait pas officiellement commenté l’incident, aurait relevé le niveau d’alerte dans ses ambassades et dans ses consulats à travers le monde, craignant une attaque iranienne en représailles.

Un responsable anonyme des services de renseignement a déclaré au New York Times qu’Israël avait déclaré aux responsables américains que l’État juif était à l’origine de l’assassinat de Khodaï. Cette information a toutefois été démentie par un député israélien de haut rang.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...