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L’Iran annonce « l’assassinat » d’un officier des Gardiens de la révolution

Deux motards ont abattu le colonel Hassan Sayad Khodayari dans sa voiture, selon les médias d'État, suggérant que le défunt était un membre de la Force Quds iranienne

Le corps d'un haut membre des Gardiens de la révolution iraniens, identifié comme étant le colonel Hassan Sayad Khodayari, qui a été assassiné à Téhéran le 22 mai 2022. Encart : Khodayari (Crédit : Twitter/capture d'écran)
Le corps d'un haut membre des Gardiens de la révolution iraniens, identifié comme étant le colonel Hassan Sayad Khodayari, qui a été assassiné à Téhéran le 22 mai 2022. Encart : Khodayari (Crédit : Twitter/capture d'écran)

Les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique d’Iran classée organisation terroriste par Washington, ont fait état dimanche de l' »assassinat » d’un de leurs colonels dans l’est de la capitale, une annonce sans précédent depuis celle du meurtre en novembre 2020 d’un physicien nucléaire imputé par Téhéran à Israël.

« Le colonel Sayyad Khodaï, un défenseur du sanctuaire, a été assassiné lors d’une attaque armée menée par deux motards dans la rue Mojahedin-é Eslam à Téhéran », ont indiqué les Gardiens, dans un communiqué publié sur leur site officiel.

Le terme « défenseur du sanctuaire » désigne toute personne travaillant pour le compte de la République islamique en Syrie et en Irak, deux pays abritant des lieux de culte chiites, où l’Iran exerce une influence et affirme être présent par le biais de ce qu’il présente comme des « conseillers militaires ».

La télévision d’Etat a précisé sans plus de détails que le colonel Khodaï était « connu en Syrie », pays en guerre depuis 2011.

Le colonel iranien des Gardiens de la Révolution islamique Hassan Sayad Khodayari. (Capture d’écran)

Dans leur communiqué, les Gardiens ont dénoncé un « acte terroriste » commis par des « éléments liés à l’arrogance mondiale » (les Etats-Unis et leurs alliés, dans la phraséologie officielle de la République islamique, NDLR).

« Ce crime inhumain a été perpétré par des éléments terroristes affiliés à l’arrogance mondiale », a également dénoncé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, condamnant le « silence des pays qui prétendent lutter contre le terrorisme ».

Sayyad Khodaï a été atteint de cinq balles lors de cette attaque survenue vers 16h00 (11h30 GMT), alors qu’il rentrait chez lui, selon l’agence de presse officielle Irna.

Irna a publié des photos montrant un homme couvert de sang, assis sur le siège du conducteur d’une voiture dont les vitres avait été brisées.

L’agence de presse Tasnim a pour sa part précisé que Khodaï se trouvait « près de chez lui » quand il a été tué et que « sa femme fut la première personne à découvrir le corps ».

« Réseau de voyous »

L’agence de presse Fars a indiqué que le procureur de Téhéran « s’est présenté en personne sur les lieux » des faits, et ordonné d' »accélérer l’identification et l’arrestation des auteurs de cet acte criminel ».

Plutôt dans la journée, les Gardiens ont annoncé l’arrestation d’un « réseau de voyous liés au service de renseignement du régime sioniste » (Israël, NDLR) sans préciser s’ils avaient un lien avec le meurtre de Khodayari.

Le réseau est impliqué dans « des vols, la détérioration de biens privés et publics, des enlèvements et l’obtention de faux aveux », ont accusé les Gardiens.

Le colonel Khodaï est la figure la plus importante dont le meurtre sur le sol iranien a été annoncé par Téhéran depuis celui du physicien nucléaire Mohsen Fakhrizadeh, tué en novembre 2020 près de la capitale dans une attaque contre son convoi.

Fakhrizadeh a été présenté après sa mort comme un vice-ministre de la Défense et le chef de l’Organisation de la recherche et de l’innovation en matière de défense (Sépand), ayant notamment contribué à la « défense anti-atomique » du pays.

L’Iran accuse Israël d’avoir commandité l’attentat.

L’assassinat de Khodaï intervient alors que l’Iran est engagé depuis plus d’un an dans des négociations avec les puissances mondiales pour relancer un accord international conclu en 2015 pour encadrer son programme nucléaire, mais dont Washington s’est retiré unilatéralement en 2018.

Les négociations sont à l’arrêt depuis deux mois alors même qu’un projet de texte semblait à portée de signature.

L’un des derniers obstacles est en effet la demande de Téhéran que les Etats-Unis retirent les Gardiens de la révolution de la liste noire américaine des « organisations terroristes étrangères ».

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