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L’officier iranien tué avait programmé des attaques anti-israéliennes et anti-juives

Téhéran menace de représailles après la mort de Hassan Sayad Khodayari, qui aurait été à l'origine de tentatives de kidnapping d'Israéliens et de complots meurtriers à Chypre

Le colonel iranien des Gardiens de la Révolution islamique Hassan Sayad Khodayari. (Capture d'écran)
Le colonel iranien des Gardiens de la Révolution islamique Hassan Sayad Khodayari. (Capture d'écran)

Un haut-membre du corps des Gardiens de la révolution islamique, qui a été tué dimanche à Téhéran, avait programmé des kidnappings et autres attaques contre des cibles israéliennes et juives dans le monde entier, selon des informations parues dans les médias israéliens qui n’ont pas fait part de leurs sources.

Le colonel Hassan Sayad Khodayari a été atteint par cinq balles tirées par des motards qui n’ont pas été identifiés alors qu’il se trouvait au volant de sa voiture dans le centre-ville de Téhéran, dimanche, ont indiqué les médias officiels iraniens.

Il était, selon un communiqué du Corps des gardiens de la révolution islamique, un « défenseur du sanctuaire » – une référence aux opérations menées par la république islamique en Syrie et en Irak par les forces al-Quds, l’unité d’élite des gardiens de la révolution chargée des raids à l’étranger.

Même si le Corps n’a donné que de rares détails sur cette attaque survenue en plein jour et au cœur de la capitale iranienne, le groupe a attribué ce meurtre à « l’arrogance mondiale » – une façon de désigner les États-Unis et Israël.

Un responsable iranien qui a été cité par la chaîne Al-Jazeera, au Qatar, a averti que l’assassinat avait marqué « le franchissement d’une ligne rouge » et que les responsables en paieraient « le prix lourd ».

Une accusation qui, associée au style de l’attaque audacieuse, soulève la possibilité de l’existence d’un lien avec d’autres meurtres qui avaient été réalisés comme dans le cas présent par des motards et dont la responsabilité avait été attribuée à Israël par la république islamique – comme l’attaque qui avait entraîné la mort des scientifiques nucléaires dans le pays. Si les soupçons concernant une possible implication d’Israël dans l’attaque se confirment, cela traduirait un nouveau degré d’action contre l’Iran de la part de l’État juif dans la mesure où Khodayari n’était aucunement impliqué dans le programme nucléaire, a fait savoir la chaîne Kan.

Le corps d’un haut membre des Gardiens de la révolution iraniens, identifié comme étant le colonel Hassan Sayad Khodayari, qui a été assassiné à Téhéran le 22 mai 2022. Encart : Khodayari (Crédit : Twitter/capture d’écran)

L’attaque n’a pas été revendiquée. Interrogé sur la question par la Douzième chaîne, le ministre de la Défense, Benny Gantz, s’est refusé à tout commentaire. Alors qu’il était approché par les journalistes de la Douzième chaîne en plein défilé de l’événement Celebrate Israel à New York, Gantz s’est contenté de dire que « l’État d’Israël est très fort. Je ne vais pas parler des informations variées qui font leur apparition dans toutes sortes d’endroits ».

Peu d’informations supplémentaires ont été révélés sur Khodayari, les officiers des forces al-Quds ayant tendance à être des personnalités qui restent dans l’ombre, menant des missions militaires secrètes en soutien au groupe terroriste libanais du Hezbollah ou en soutien à d’autres milices en Syrie, en Irak ou ailleurs.

Mais selon la Treizième chaîne, l’un des cadres placés sous la direction de Khodayari était Mansour Rasouli.

Au mois d’avril, il avait été signalé que Rasouli, membre du Corps des gardiens de la révolution islamique, avait reconnu devant les agents du Mossad, au cours d’un interrogatoire réalisé à son domicile iranien, qu’il avait été envoyé pour tuer un diplomate israélien stationné en Turquie, ainsi qu’un général américain en Allemagne et un journaliste en France.

La Douzième chaîne a rapporté que Khodayari avait également été à l’origine d’une tentative – récemment identifiée par le Shin Bet – de piéger des universitaires, des hommes d’affaires et d’anciens responsables de la Défense israéliens dans le but de les kidnapper.

Elle a aussi indiqué que l’Iranien avait initié un complot qui prévoyait de tuer cinq Israéliens à Chypre.

La Douzième chaîne a ajouté que Khodayari était récemment revenu de Syrie, où il avait été l’ancien commandant des forces al-Quds et qu’il était un fidèle du général iranien Qassem Soleimani, qui a été lui-même tué dans une frappe aérienne américaine en Irak au mois de janvier 2020.

Mansour Rasouli, 52 ans, membre présumé des Gardiens de la révolution islamique qui aurait été interrogé par des agents du Mossad en Iran. (Capture d’écran : Twitter; utilisée conformément à la Clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Une source proche des services iraniens de sécurité aurait déclaré qu’il avait aussi joué un rôle important dans l’industrie militaire iranienne, « en particulier s’agissant des drones ».

Le Corps des gardiens de la révolution islamique a été désigné organisation terroriste par l’administration du président américain Donald Trump, après le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien qui est officiellement connu sous le nom de JCPOA (Plan d’action global commun).

L’unité militaire d’élite a fait beaucoup parler d’elle, ces derniers mois, après que Téhéran a demandé sa suppression de la liste noire des organisations terroristes aux États-Unis comme condition préalable à la réintégration de la république islamique dans l’accord multilatéral sur le nucléaire qui avait été conclu en 2015.

L’État juif, de son côté, a demandé aux États-Unis de rejeter cette demande, affirmant que le groupe « est une organisation terroriste responsable de l’assassinat de milliers de personnes, et notamment d’Américains ».

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iraniens défilent lors du défilé militaire annuel marquant l’anniversaire du déclenchement de la guerre dévastatrice de 1980-1988 contre l’Irak de Saddam Hussein, dans la capitale Téhéran, le 22 septembre 2018. (Crédit: Stringer/AFP)

Les États-Unis ont indiqué à plusieurs occasions qu’ils n’avaient pas l’intention d’accéder à la requête de Téhéran, et les pourparlers à Vienne sont gelés depuis la mi-mars en conséquence.

Il y a moins d’un an, le plus haut responsable scientifique du programme nucléaire iranien, Mohsen Fakhrizadeh, avait été assassiné lors d’une attaque sophistiquée qui aurait été commise par une équipe du Mossad.

La guerre de l’ombre qui oppose depuis longtemps l’État juif et l’Iran est apparue en plein jour, ces derniers mois, avec des frappes plus directes qui ont été attribuées à Israël contre des cibles iraniennes en Syrie et des cyberattaques menées par les deux nations, menaçant d’amener les deux adversaires régionaux au bord d’un conflit ouvert.

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