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Macron rend hommage à Mendès France, qui avait « la République dans la peau »

L'ancien député socialiste François Loncle a confirmé avoir abordé la question de l'entrée au Panthéon de l'ancien homme politique juif qui avait été arrêté par Vichy

Pierre Mendès France en 1948. (Crédit : Studio Harcourt)
Pierre Mendès France en 1948. (Crédit : Studio Harcourt)

Emmanuel Macron a salué mardi la mémoire de Pierre Mendès France, qui « avait la France dans son nom et la République dans la peau », lors d’un déjeuner avec ses proches de l’homme d’Etat pour marquer le 40e anniversaire de son décès.

« Homme de devoir », de « vérité », de « confiance », « Mendès France n’a passé que sept mois à la tête du gouvernement, mais il n’a pas quitté depuis quarante ans la mémoire de notre nation », a souligné l’Elysée dans un communiqué.

Décédé le 18 octobre 1982 à Paris à l’âge de 75 ans, Pierre Mendès France a été résistant avant de devenir ministre puis de diriger le gouvernement de juin 1954 à février 1955 sous la IVè République.

Le régime de Vichy le fit arrêter « parce qu’il était juif et franc-maçon », « parce qu’il était profondément républicain, « parce qu’il était incorruptible ».

Le président français Emmanuel Macron assistant à une cérémonie d’hommage aux anciens combattants de la guerre d’Algérie, à l’hôtel national des Invalides, à Paris, le 18 octobre 2022. (Crédit : Mohammed Badra/Pool/AFP)

« A chaque fois, Mendès agit en conscience », fait valoir la présidence.

Durant la guerre d’Algérie, il « refusa d’appeler à la désertion les soldats qui combattaient » mais « reconnut la vérité sur la torture ».

En 1958, il s’opposa au retour au pouvoir du général de Gaulle sur fond de mobilisation des partisans de « l’Algérie française » et de menace d’une action militaire contre le gouvernement.

Pierre Mendès France a ensuite « cheminé avec la gauche socialiste et démocratique en reconstruction » jusqu’à l’élection de François Mitterrand en 1981 et oeuvré pour tenter de « dessiner un chemin de paix au Moyen-Orient ».

« Les leçons de Mendès France sont toujours vivantes. Face à la haine, à l’antisémitisme et au racisme, ne rien céder des valeurs forgées en 1789 », note l’Elysée.

« Face à un monde tenaillé par les conflits, dresser une France indépendante, puissance d’équilibre dans une Europe souveraine, et qui a toujours un idéal universel à formuler pour le monde », écrit encore la présidence.

Emmanuel Macron n’avait pas cinq ans quand Pierre Mendès France disparut mais il a de l’admiration » pour cette « grande voix » qui l’a inspiré, selon son entourage.

Une lettre antisémite adressée en 1958 à Mendès-France, mise en ligne par son petit-fils, Trsitan (Crédit: capture d’écran Twitter/ Tristan M.F.)

Pour lui rendre hommage, le chef de l’Etat a réuni une quinzaine de proches, dont son petit-fils Tristan Mendès France, d’anciens collaborateurs comme Anne Sinclair, qui a été son assistante ou le patron de presse Claude Perdriel, créateur de journaux soutenant ses idées (Le Nouvel Observateur, Le Matin).

Le président de l’Institut Pierre Mendès France, François Loncle, ancien député socialiste de l’Eure dans la même circonscription que Pierre Mendès France, a confirmé à l’AFP avoir abordé la question de l’entrée au Panthéon de l’ancien homme politique.

« Cela pourrait se faire en 2024 ou 2025 », explique-t-il, en référence au 70e anniversaire de l’arrivée de Pierre Mendès France à Matignon en 1954 ou de son départ en février 1955.

L’idée de l’accueillir dans le monument où sont honorés les grands personnages de l’Histoire de France est évoquée depuis une vingtaine d’années, promue notamment par des élus de centre-gauche.

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