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Mahmoud Abbas dit s’opposer à la « résistance armée », pour l’instant

Lors d'une rare interview, le président palestinien a attribué les récentes attaques contre les Israéliens à "l'oppression" et a déclaré l'adhésion d'Israël à l'ONU "d’illégale"

Mahmoud Abbas s'exprimant devant la 77e assemblée générale des Nations unies. (Crédit : YouTube)
Mahmoud Abbas s'exprimant devant la 77e assemblée générale des Nations unies. (Crédit : YouTube)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré mercredi au cours d’une rare interview qu’il était opposé à la prise d’armes contre Israël, mais a prévenu qu’il pourrait changer d’avis à l’avenir.

« Je ne soutiens pas la résistance palestinienne armée, mais cela pourrait changer. Cela pourrait changer – demain, le jour d’après ou à un autre moment. Tout change », a déclaré Abbas à la chaîne d’information saoudienne Al Arabiya.

Interrogé sur le nombre élevé d’attaques palestiniennes contre des Israéliens, il a expliqué les violences récentes.

« Le peuple [palestinien] est opprimé et opprimé et opprimé, à tel point qu’il explose », a-t-il déclaré, ajoutant que « les Palestiniens sont poussés à perdre leur patience ».

Abbas a longtemps prôné la résistance non violente et les négociations avec Israël plutôt que le terrorisme organisé ou les activités militantes. Cette position a aidé Abbas à se maintenir au pouvoir, permettant à ses partenaires étrangers de se sentir plus à l’aise quand ils financent l’AP, et amenant certains dirigeants israéliens à lui faire suffisamment confiance que pour coordonner leur action sur des questions d’intérêt commun, comme la sécurité.

Le renoncement public au terrorisme par le Front de libération de la Palestine d’Abbas en 1988 a constitué une première étape importante permettant de convaincre Israël de reconnaître l’OLP comme représentant politique des Palestiniens et, à terme, comme partenaire de négociation.

La préférence d’Abbas pour ce qu’il appelle la « résistance populaire » plutôt que la lutte armée l’a parfois mis en porte-à-faux avec les membres de son parti, le Fatah, et avec la population palestinienne en général, dont 56 % soutient les attaques armées contre les Israéliens, selon un sondage réalisé en juin 2022.

Au début de l’année, Abbas avait condamné deux attaques terroristes – à Tel Aviv en avril et à Elad en mai. S’il s’exprime souvent pour dénoncer le terrorisme en général, ces déclarations constituent de rares exemples de condamnation d’attaques individuelles par Abbas.

L’armée israélienne et les forces de sécurité de l’AP collaborent pour juguler le terrorisme en Cisjordanie, une collaboration condamnée par une grande majorité des Palestiniens, selon les sondages d’opinion.

En réponse à ces critiques, Abbas a déclaré dans l’interview de mercredi : « La coopération en matière de sécurité fait partie des accords [avec Israël]. En ce qui concerne la coordination sécuritaire, notre approche est de combattre le terrorisme où qu’il se trouve. »

Il a noté que l’AP a signé des accords pour combattre la violence et le terrorisme avec 85 pays dans le monde.

Peu après avoir mentionné les accords avec Israël, Abbas a toutefois pris des précautions.

« Nous sommes, avec Israël, contre le terrorisme et la violence. Mais si Israël persiste dans ses agissements, je ne serai plus tenu par l’accord relatif à la sécurité. Je me retirerai de cet accord », a-t-il déclaré.

L’AP avait brièvement suspendu toute activité de coordination sécuritaire avec Israël en 2020 suite à l’intention déclarée du gouvernement de l’époque d’annexer tout ou une partie de la Cisjordanie. Le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, avait finalement renoncé à ces projets afin de conclure les accords d’Abraham.

Netanyahu mène actuellement des négociations de coalition après la victoire de son bloc aux élections du mois dernier et devrait redevenir Premier ministre dans les semaines à venir.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant les funérailles d’état du 9e président Shimon Peres, au cimetière du mont Herzl, à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

« Je travaillerai avec [Netanyahu] », a déclaré Abbas, « sans renoncer à aucun de mes engagements de longue date. »

Il a affirmé que le prochain gouvernement Netanyahu – qui devrait être le plus à droite de l’histoire d’Israël – ne différerait en rien des gouvernements israéliens précédents, y compris celui qui était au pouvoir en 1948, qu’il a accusé de massacres contre des civils palestiniens.

Abbas a également souligné ses récents efforts de sensibilisation sur la scène internationale, tels que les appels de l’AP aux tribunaux internationaux pour des avis consultatifs sur le régime militaire israélien en Cisjordanie.

Il a décrit un consensus international croissant en faveur des Palestiniens, mais a déclaré que les États-Unis faisaient obstacle à l’application sur le terrain des résolutions de l’ONU contre Israël.

Abbas a affirmé que l’adhésion d’Israël à l’ONU est en réalité « illégale » en raison de l’échec d’Israël à mettre en œuvre deux résolutions spécifiques. Selon lui, l’admission d’Israël aux Nations unies en tant que membre à part entière en 1949 était subordonnée au respect de la résolution 181 de 1947, qui divisait la Palestine mandataire en un État juif et un État arabe, et de la résolution 194 de 1948, souvent interprétée comme protégeant le droit des Palestiniens à retourner sur les lieux dont ils ont été expulsés pendant la guerre d’indépendance.

Les promesses d’Israël de se conformer à ces résolutions sont en fait reprises dans le texte de la résolution qui reconnaît Israël, mais elles ne sont pas présentées comme des conditions indispensables à l’adhésion du jeune État. Les représentants politiques palestiniens ont rejeté la résolution 181 lorsqu’elle a été adoptée par l’ONU.

Abbas s’est longtemps battu pour obtenir le statut de membre à part entière de l’ONU afin de renforcer la position diplomatique des Palestiniens. Aujourd’hui, « l’État de Palestine » est un « non-membre observateur », un statut qu’il ne partage qu’avec le Saint-Siège.

Les critiques disent que les appels palestiniens à la communauté internationale ne sont qu’un moyen de faire pression sur Israël tout en évitant les négociations directes.

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