Manifestation à NY pour raviver les émeutes anti-Juives de 1991 : pas d’incidents majeurs
Le groupe organisateur de la manifestation, Crown Heights Bites Back, a déclaré avant le rassemblement que des "suprémacistes juifs" avaient "assassiné" Gavin Cato
Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

De petites échauffourées ont éclaté mardi lors d’une manifestation à Brooklyn visant à attiser les tensions raciales dans le quartier de Crown Heights, mais dans l’ensemble, le rassemblement s’est déroulé sans incidents majeurs.
Un groupe d’activistes radicaux avait organisé ce regroupement en guise de « veillée » en mémoire de Gavin Cato, un enfant afro-américain décédé après avoir été renversé par une voiture conduite par un Juif en 1991. Cet accident de la route avait déclenché les émeutes de Crown Heights, qui avaient pris pour cible la communauté juive du quartier.
Le groupe organisateur de la manifestation, Crown Heights Bites Back, a déclaré avant le rassemblement que des « suprémacistes juifs » avaient « assassiné » Cato. Ce groupe a déjà utilisé par le passé un langage explicitement raciste pour attiser les tensions entre les communautés afro-américaine et juive du quartier, qui cohabitent pourtant pacifiquement dans leur grande majorité.
Crown Heights est le siège du mouvement hassidique Habad-Loubavitch et abrite une importante communauté issue de la diaspora caribéenne.
Le rassemblement de mardi s’est tenu à l’endroit même où Cato a perdu la vie, à la date anniversaire de sa mort. Une vingtaine de militants, pour la plupart vêtus de noir et portant des masques et des lunettes de soleil, ont formé un périmètre sur le trottoir autour d’une table sur laquelle était posée une photo de Cato.
Les militants ont distribué des tracts aux passants sur lesquels on pouvait lire : « Les suprémacistes sionistes blancs du Habad-Loubavitch ont brutalement assassiné » Cato et blessé son cousin.
Minor scuffles but no major incidents at Brooklyn protest that sought to dredge up 1991’s Crown Heights riots targeting Jews pic.twitter.com/xsEbKNsIX3
— Luke Tress (@luketress) August 20, 2025
« Nous n’avons toujours pas obtenu justice pour ces enfants », pouvait-on lire sur les tracts.
« Ils viendront chercher nos enfants, nos aînés et nos frères et sœurs maltraités. Ils tenteront de nous tuer, de nous exploiter, d’augmenter nos loyers et de nous expulser », ont-ils déclaré.
« Souvenez-vous de 1991 ! Nous ne pourrons nous libérer de la suprématie blanche que lorsque nous nous soulèverons pour la détruire complètement. »
Les manifestants ont empêché les Juifs de s’approcher de la table. Un homme juif a été éjecté du trottoir par les militants, avant que la police ne les sépare.
Les réactions des passants ont été mitigées. Certains ont pris les tracts, affirmant qu’ils n’étaient ni au courant de l’accident ni des émeutes.
« Quand est-ce que vous les Juifs allez partir ? », a crié un homme.
« Mettez le nom de ce gamin sur ce putain de panneau de signalisation. Je vais déclencher une deuxième émeute tout de suite. »
Un autre homme a qualifié les manifestants « d’une bande d’hypocrites ».
« Pourquoi n’y a-t-il pas eu de veillée jusqu’à présent ? », a-t-il demandé aux manifestants.
D’autres ont critiqué les militants pour avoir dissimulé leur identité derrière des masques, attisé les tensions entre les communautés afro-américaine et juive, alors qu’ils étaient majoritairement blancs, et ont souligné qu’aucun membre de la famille de Carl n’était présent.
« Ce sont Israël et Gaza qui se battent. Ce n’est pas l’Amérique qui se bat. Nous devons essayer de nous unir », a déclaré une habitante du quartier de Jamaica, en marge des affrontements.
« Ils manifestent contre les Juifs », a-t-elle ajouté.
« Ils vivent dans la communauté, ils ont le droit d’être là. »
Avant la manifestation, le maire, Eric Adams, et trois représentants afro-américains de la région ont condamné le rassemblement, le qualifiant d’antisémite et dénonçant sa tentative d’attiser les tensions raciales.
Malgré l’atmosphère tendue, le rassemblement est resté peu important et aucun incident majeur n’a été signalé. Contrairement à la plupart des manifestations dans la Grosse Pomme, les militants n’ont ni scandé de slogans ni prononcé de discours.







