Manifestation anti-israélienne à Sciences Po Bordeaux : l’intervention d’un général interrompue
Le 3 février, l’intervention du général Jean-Marc Laurent lors d’un séminaire sur la défense et la sécurité a été perturbée par une vingtaine d’étudiants militants scandant des slogans anti-israéliens
Mardi 3 février, sur le campus de Pessac à Sciences Po Bordeaux, l’intervention du général Jean-Marc Laurent dans le cadre d’un séminaire sur la défense et la sécurité a été interrompue par une vingtaine d’étudiants militants. Ces derniers ont scandé des slogans explicitement anti-israéliens, comme « Israël terroriste, Sciences Po complice », rapporte le quotidien SudOuest.
Le général Laurent participait « à titre personnel, en tant qu’expert ». Selon un témoin, « être traité de complice de génocide et accusé d’avoir du sang sur les mains n’est pas admissible ». Il décrit au journal un groupe « très agressif » portant des « allégations erronées » visant le général, qui circuleraient sur les réseaux sociaux « depuis un an ». Le même témoin ajoute que les militants défendent un modèle alternatif pour Sciences Po, « déconnecté du monde privé », et pratiquent « l’éviction systématique des personnes qui ne pensent pas comme eux ».
Cette interruption s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes autour de la chaire Défense et Aérospatial. En février 2025, Sciences Po Bordeaux avait déjà été bloqué par des étudiants contestataires, poussant l’institution à se retirer et à relocaliser la chaire au sein de l’Université de Bordeaux. Un rapport d’évaluation commandé par l’université avait souligné le fonctionnement « très autonome » de la chaire et conduit à cette décision.
Par ailleurs, ces manifestations surviennent dans un climat universitaire déjà marqué par des actes antisémites. En novembre 2025, le rectorat de Bordeaux avait signalé à la justice des échanges haineux et antisémites entre étudiants sur un groupe de discussion interne à la résidence Crous François-Mauriac. Plusieurs messages, diffusés dans la nuit du 11 au 12 novembre, appelaient à l’extermination des Juifs et contenaient des menaces de mort explicites. Deux étudiants de 18 et 19 ans ont été interpellés et placés sous contrôle judiciaire, avant d’être définitivement exclus de la résidence universitaire en janvier 2026.
Pour le directeur de Sciences Po Bordeaux, Dominique Darbon, les slogans anti-israéliens scandés le 3 février ne sont pas seulement provocateurs : ils constituent une « campagne de menaces et de calomnies » qui empêche toute discussion sereine sur la défense et la sécurité.








