Monaco ouvre ses archives de 1942-44 – une première
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Monaco ouvre ses archives de 1942-44 – une première

Présent en Israël aux cérémonies, le ministre d'Etat monégasque a rencontré les responsables du centre Simon-Wiesenthal, qui oeuvre pour la mémoire de la Shoah

Serge Telle, Ministre d’Etat de la Principauté de Monaco (Crédit : ambassade israélienne Twitter)
Serge Telle, Ministre d’Etat de la Principauté de Monaco (Crédit : ambassade israélienne Twitter)

La principauté de Monaco, sollicitée par le centre Simon-Wiesenthal, a accepté d’ouvrir ses archives pour la période de 1942 à 1944 durant laquelle de nombreux Juifs furent arrêtés et déportés, a-t-on appris jeudi auprès du gouvernement.

« Ces archives n’avaient jamais été communiquées à personne jusqu’à présent », a-t-on précisé de même source.

Présent en Israël aux cérémonies du 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, le ministre d’Etat monégasque Serge Telle a rencontré mercredi les responsables du centre Simon-Wiesenthal, qui oeuvre pour la mémoire de la Shoah.

Il les a assurés de « la volonté de transparence de la Principauté et de son souhait de totale coopération », selon ses services.

Il a accepté la proposition de recevoir les chercheurs du Centre Simon-Wiesenthal qui « pourront alors plus facilement accéder, en toute transparence, aux archives » qu’il leur paraîtra nécessaire de consulter.

« Toute nouvelle source documentaire qui serait apportée par leur soin serait naturellement étudiée et traitée », selon le gouvernement.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Monaco était sur le papier un Etat neutre gouverné par le prince Louis II mais, dans les faits, le gouvernement princier fut totalement inféodé à la France de Vichy et soumis à la pression de l’occupation militaire italienne à partir de 1942 puis des soldats allemands à partir du 10 septembre 1943.

Un recensement des Juifs fut ordonné le 1er juillet 1941 et un statut des juifs mis en place le 28 février 1942 sans leur imposer de porter l’étoile jaune.

Le 28 août 1942, un mois après la rafle du Vel d’Hiv’ à Paris, 67 juifs étrangers furent interpellés à Monaco dont 45 envoyés à Drancy puis au camp de la mort d’Auschwitz, où plus d’un million de Juifs sont morts pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sous l’occupation allemande, les rafles se multiplièrent début 1944, touchant des réfugiés comme des Juifs de Monaco dont Gompers, le bijoutier de la place du Casino et sa famille, ou encore le sous-directeur du laboratoire du musée océanographique Mieczyslaw Oxner, selon le manuel d’histoire des lycées.

Depuis 2006, le prince Albert II a engagé un processus de mémoire pour établir les faits et indemniser les victimes de spoliations. La liste des personnes juives arrêtées à Monaco et déportées durant la Seconde Guerre mondiale a été dressée dans un rapport rendu public en 2015 avant l’inauguration d’une stèle le 27 août 2015 en présence du Grand Rabbin de France.

« Nous n’avons pas su les protéger, alors que c’était notre responsabilité. (…) Le dire aujourd’hui en ce jour et devant vous, c’est demander pardon », avait déclaré Albert II, rompant avec l’oubli qui s’était imposé après la guerre.

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