Musk attaque l’ADL, qu’il traite de « groupe haineux » qui « hait les chrétiens »
Le milliardaire porte une accusation en réponse à un message sur la page du groupe sur « l'identité chrétienne », une théologie suprémaciste blanche spécifique qui dépeint les Juifs comme des descendants de Satan

JTA – Elon Musk a fait monter d’un cran la querelle qui l’oppose, de longue date maintenant, à l’Anti-Defamation League, en traitant l’organisation juive de défense des droits civiques de « groupe haineux » par une publication sur X, ex-Twitter qui est désormais sa propriété.
« L’ADL déteste les chrétiens, c’est donc un groupe de haine », a écrit Musk dimanche, en réponse à un compte pseudonyme qui avait affirmé que l’ADL considérait le christianisme comme extrémiste.
L’échange a été rapidement monté en épingle par des personnalités de droite, à commencer par la Représentante Anna Paulina Luna, une Républicaine de Floride, qui a accusé l’ADL de « s’en prendre sciemment une campagne aux chrétiens » et la provocatrice Laura Loomer, qui a demandé que l’ADL soit « désignée organisation terroriste intérieure.
Le nœud du problème se trouve sur la page Internet de l’ADL consacré à « Christian Identity », un mouvement théologique suprémaciste blanc liée à la mouvance extrémisme violente pour lequel les Juifs sont les descendants de Satan.
Dans un communiqué, l’ADL a expliqué que cette idéologie était « antisémite, raciste et toxique, sans l’ombre d’un doute », sans comparaison avec le christianisme traditionnel.
Le PDG de l’ADL, Jonathan Greenblatt, a écrit sur X que l’idée selon laquelle son organisation était anti-chrétienne était à la fois « blessante et fausse », en soulignant que « nombre de nos collaborateurs sont chrétiens. Et nombre de nos partisans sont chrétiens.»
Le coup d’éclat de Musk est d’autant plus notable qu’en janvier dernier, l’ADL avait pris sa défense après qu’il a semblé faire un salut nazi lors de l’investiture du président américain Donald Trump. À l’époque, l’ADL avait parlé d’un geste « maladroit », ce qui avait suscité des réactions négatives au sein de la communauté juive et de l’aile gauche des critiques du groupe.
Cette attaque est loin d’être la première de Musk contre l’ADL. En 2023, il avait ainsi soutenu une publication affirmant que les Juifs incitaient à la « haine contre les Blancs » et accusé l’ADL de s’en prendre « injustement » aux sociétés occidentales. Il avait par ailleurs menacé de porter plainte contre l’organisation pour avoir effrayé les annonceurs et a plus récemment exigé d’elle qu’elle retire Turning Point USA, le groupe fondé par Charlie Kirk, assassiné ce mois-ci, de sa base de données des organisations extrémistes.
Depuis mardi, Turning Point USA n’apparaît plus dans la base de données, mais la page qui lui est consacrée est toujours accessible depuis le site Internet de l’ADL.
Dans la description de Turning Point USA qui en est faite, on peut lire que « de nombreux individus associés au groupe ont fait des déclarations sectaires sur la communauté noire, la communauté LGBTQ+ et d’autres groupes minoritaires » et que, si les dirigeants du groupe assurent qu’il ne s’agit pas d’une organisation suprémaciste blanche, « des nationalistes blancs connus ont ouvertement assisté à leurs événements ».
Le jour de l’assassinat de Kirk a eu lieu une fusillade, dans une école du Colorado, semble-t-il menée par un homme armé dont l’activité en ligne avait été signalée par un membre de la division de surveillance de l’extrémisme de l’ADL.
Depuis le rachat de Twitter fin 2022, Musk a revu la modération des contenus sur la plateforme et permis le retour de suprémacistes blancs auparavant interdits, à commencer par Nick Fuentes, qui fait l’éloge d’Adolf Hitler et répand des discours antisémites.
Les organisations de défense des droits civils, dont l’ADL fait partie, estiment que ces mesures encouragent la haine en ligne.







