Netanyahu : Les soldats turcs et qataris n’entreront pas à Gaza
Le Premier ministre israélien reconnaît un "désaccord" avec les États-Unis qui ne nuira toutefois pas, dit-il, aux relations avec le président Trump

S’exprimant lundi devant la Knesset réunie lors d’un débat dit « des 40 signatures », le Premier ministre Benjamin Netanyahu a assuré « qu’il n’y aurait pas » de soldats turcs et qataris « dans la bande de Gaza ».
La Turquie et le Qatar siègeront toutefois au sein du très influent Conseil exécutif de Gaza, ainsi que l’a annoncé la Maison Blanche ce week-end.
« Nous avons un certain désaccord avec nos amis américains sur la composition du conseil consultatif qui accompagnera les processus à Gaza », a-t-il indiqué, semblant faire référence au Conseil exécutif.
D’après Netanyahu, le Qatar et la Turquie « sont tout juste membres du comité consultatif de l’une des trois commissions, dans lequel ils n’ont aucune autorité, aucune influence et aucun soldat ».
Le Premier ministre a dit ne pas savoir si le Conseil de Paix de Trump était une nouvelle Organisation des Nations unies, ajoutant que Trump l’avait invité à le rejoindre : « Il ne s’agit que d’un seul organisme, mais il en existe de très nombreux. »
Netanyahu s’est vanté d’être prêt à tenir tête aux États-Unis en cas de désaccord sur des questions fondamentales. Il a fait valoir que des désaccords occasionnels n’ont pas d’effet délétère sur les relations avec le président américain Donald Trump, « notre plus grand ami à la Maison Blanche ».
L’armée israélienne contrôle actuellement 52 % de Gaza depuis une « position de force », a rappelé Netanyahu.
« Qu’est-ce que la phase 2 [du plan de paix pour Gaza] ? La phase 2 est simple : le Hamas sera désarmé et Gaza sera démilitarisée, » a promis Netanyahu.
« Nous nous en tenons à ces objectifs, et ils seront atteints », a-t-il promis, « soit par la manière douce, soit par la manière forte ».
Il a ajouté qu’il n’était pas nécessaire de lui rappeler l’importance de ramener le corps du sous-officier de l’unité d’élite de police Yassam, Ran Gvili, le dernier otage encore retenu à Gaza. « Il reste notre priorité absolue, et moins nous en parlons, mieux c’est. »
La Maison Blanche a annoncé en fin de semaine dernière la création d’un Comité exécutif de Gaza, destiné à fonctionner sous l’égide d’un large « Conseil de Paix », présidé par Trump.
Ce Comité exécutif, présenté comme consultatif, compte parmi ses membres le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan et le diplomate qatari Ali al-Thawadi, aux côtés d’autres responsables régionaux et internationaux.
Dès samedi soir, le bureau de Netanyahu avait exprimé son opposition à la composition de ce nouvel organe.
L’annonce sur sa composition « n’a pas été coordonnée avec Israël et va à l’encontre de sa politique », avait déclaré Netanyahu, ajoutant qu’il avait « chargé le ministre des Affaires étrangères de contacter le secrétaire d’État américain à ce sujet ».
Le communiqué n’a par ailleurs pas précisé les motifs de cette objection, mais Israël s’est opposé à toute participation de la Turquie dans l’après-guerre à Gaza, à plusieurs reprises. Les relations entre les deux pays se sont fortement dégradées avec la guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Les déclarations de Netanyahu lundi interviennent alors que des discussions plus générales sont en cours sur les mécanismes de gestion de l’enclave dans la période à venir.
Les États-Unis ont annoncé le 14 janvier que l’accord de cessez-le-feu à Gaza, dont la première phase est entrée en vigueur le 10 octobre, était passé à sa deuxième étape.
Celle-ci prévoit le désarmement du Hamas, le retrait progressif des troupes israéliennes qui contrôlent environ la moitié du territoire, et le déploiement d’une Force internationale de stabilisation (ISF).
L’ISF doit permettre d’assurer la sécurité de Gaza et de former des unités de police palestiniennes.
Les contingents qui doivent la composer restent à définir.
Quelques heures après l’annonce par son cabinet qu’il avait chargé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, d’exprimer son opposition à la composition du Conseil exécutif de Gaza à son homologue américain, Marco Rubio, Netanyahu s’est lui-même entretenu avec le haut diplomate américain, a rapporté la chaîne N12.
Le Premier ministre a souligné à Rubio l’opposition d’Israël à l’inclusion du Qatar et de la Turquie, et a insisté sur le fait qu’Israël avait été surpris par l’annonce américaine de la composition du Conseil exécutif.
Des sources ont toutefois indiqué à la chaîne N12 que Netanyahu était conscient qu’il était désormais impossible de revenir sur cette décision, maintenant que Trump l’avait annoncée.
Le bureau du Premier ministre a confirmé à la chaîne que cet appel avait bien eu lieu.







